Karim ‘Makenze’ Nizigiyimana : « Il est temps  que le Burundi se qualifie à la CAN»

Karim ‘Makenze’ Nizigiyimana : « Il est temps  que le Burundi se qualifie à la CAN»

Karim Nizigiyimana dit Makenze à la reception de son prix ©Soca.co.ke

 L’international burundais Karim Nizigiyimana dit Makenze a remporté la semaine dernière  le prix du meilleur défenseur de la  Kenyan Premier League. Un prestigieux trophée qu’il obtient après qu’il ait remporté le championnat  avec son club Gor Mahia.

 

Après la cérémonie de remise des trophées, le latéral droit Karim Nizigiyimana alias Makenze nous a accordé un entretien. Il parle de sa carrière, des deux championnats et de l’équipe nationale.

 

Akeza.net: Tu viens  de remporter le prix du meilleur défenseur. Quel est ton sentiment ?

 

Karim : C’est un sentiment de satisfaction, c’est un honneur pour moi, mais aussi un honneur pour mon pays. Le fait que je me comporte remarquablement  dans le championnat Kenyan est une bonne chose pour mon pays aussi.

 

Akeza.net : A quel niveau ce prix  impacte-t-il ta carrière ?

 

Karim : Chaque récompense qu’on gagne a son impact. Ce prix  n’est pas que pour moi. Il est symboliquement pour mon pays aussi. Parce que quand je joue, je véhicule l’image du Burundi. C’est important pour ma carrière, ce prix que je viens d’avoir va me marquer pour toujours. Même après ma retraite, je pourrai garder un bon souvenir de ma carrière.

 

Akeza.net : Où réside la différence entre le  championnat burundais et celui du Kenya ?

 

Karim : Le championnat Kenyan est nettement supérieur au championnat burundais. Vous savez, pour comparer deux championnats, il faut considérer plusieurs facettes.  D’abord au championnat Kenyan, il y a beaucoup de joueurs étrangers, leurs frais de transfert, primes de matches et salaires sont considérables. Aussi, le niveau technique est supérieur. Comprenez moi bien, je n’essaie pas de rabaisser notre championnat (le championnat burundais NDLR), mais les faits sont là.

 

Akeza.net : Quand on reçoit de telles récompenses, ça attire des projecteurs sur toi, ce qui amène d’autres clubs à vouloir s’attacher  tes services. Y a –t-il des propositions déjà ?

Karim et ses amis , également récompensés

Karim et ses amis , également récompensés

 

 Karim : Oui il y a de propositions,  mais je ne peux  pas tout dévoiler maintenant. Je pourrais avoir un grand club, mais il va falloir attendre, vous aurez les détails plus tard.

 

Akeza.net : Pourquoi on  ne voit pas des  joueurs burundais évoluer dans de grands championnats comme en France, Italie, Allemagne, Espagne, ou en Angleterre ? Qu’est ce qui manque ?

 

Karim : Les joueurs burundais ont la capacité de jouer dans ces championnats. C’est juste qu’on a un manque criant de managers de renom, capable de nous trouver des clubs dans ces championnats. Un autre facteur expliquant ce phénomène, on n’a pas eu une génération avant nous qui a brillé sur la scène internationale. Du coup, percer dans ces championnats devient difficile. Je donnerai l’exemple de la Côte d’Ivoire, ou tout court des pays de l’Afrique de l’ouest. Ces joueurs là, comme ils ont eu bien avant une génération qui a pavé le chemin, ça devient facile pour eux de trouver un club dans les grands championnats du monde.

 

Akeza.net : Maintenant  Saido Ntibazonkiza evolue en ligue1 en France,  Saido Berahino dans la Premier League , Gaël Bigirimana aussi d’ailleurs. C’est peut être l’occasion aux joueurs burundais de se faire remarquer…

 

Karim : A Saido Ntibazonkiza, Gaël Bigirimana , et Saido Berahino je leur souhaite le meilleur. S’ils avancent bien, le football burundais pourrait en tirer profit. En fait s’ils se comportent bien, cela va amener les clubs de haut niveau à vouloir  voir s’il n’y a pas d’autres joueurs qui émergent.

 

Akeza.net : Parmi les joueurs locaux, lesquels à ton avis ont atteint le niveau de briller dans une ligue étrangère ? Disons d’un niveau supérieur ?

 

Karim : Les joueurs locaux, les joueurs avec qui on joue ensemble en équipe nationale ont vraiment du potentiel. Il est temps que certains d’entre eux s’essaient sous d’autres cieux effectivement. Je citerais notamment Shassir Nahimana, Arakaza  Mac Arthur, Issa Hakizimana, aussi Laudit Mavugo. C’est le bon moment de sortir. Cela  renforcerait l’équipe nationale.

 

Akeza.net : Ça fait un bon moment que tu joues pour l’équipe nationale. Qu’est ce qui vous manque concrètement  pour vous qualifiez ?

 

Karim : Pour se qualifier, cela demande beaucoup de chose. Durant les années que j’ai été sélectionné, on a rencontré un problème d’organisation. Mais je peux vous dire sans aucune crainte que notre moment de jouer dans la Coupe d’Afrique des Nations est venu. Je demande à tous les burundais de nous soutenir, on y arrivera, c’est notre objectif.

 

Akeza.net : Penses-tu que  la tache sera facile dans la mesure où les joueurs comme Saido Ntibazonkiza, Steve Nzigamasabo ne sont plus convoqués. Ne serait-il pas préférable de résoudre ces différends d’abord ?

 

Karim : Ça ne va pas être facile, mais on est sur de bons rails.  Saido Ntibazonkiza est un joueur qu’on respecte, qu’on admire, mais qui a un différend avec le coach. C’est à Saido de faire le premier pas et présenter ses excuses. Le coach reste toujours en position supérieur, il est comme  le père de la famille. Quand il y a un différend,  c’est mieux de s’excuser. Je crois que s’il présente ses excuses, le coach devrait les accepter. Ainsi il pourra  venir se joindre à nous  pour chercher la qualification à la CAN.

 

Propos recueillis par Landry MUGISHA et  Armand NISABWE

 

 

 

 

 

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