Karenga Ramadhan: «Une nouvelle loi de la presse rénovée»

Karenga Ramadhan: «Une nouvelle loi de la presse rénovée»

Karenga Ramadhan, Président du Conseil National de la Communication

Une nouvelle  loi  régissant  la presse  est  en  vigueur  depuis le  9 mai 2015. Cette dernière est venue  modifier celle de 2013 qui a été décriée par les professionnels des médias. Bien que cette nouvelle loi contienne certaines avancées en matière de liberté de la presse par rapport à celle de 2013, elle mérite certaines retouches pour sa bonne exécution  compte tenu du contexte actuel.  Karenga  Ramadhan, le président du Conseil  National  de la Communication  a promis cette retouche et  a  rassuré  les journalistes que certaines dispositions qui jadis étaient flous ne figurent plus dans cette nouvelle loi.

Comme le montre l’étude comparative  de la loi de  2003 et celle de 2015 qui a été présentée par Me Fabien Segatwa, certaines innovations sont remarquables dans cette nouvelle loi. Il s’agit entre autres  des articles 10 à 16 de cette nouvelle loi qui affirment  la liberté de la presse.

Le président du CNC abonde dans le même sens : «Dans cette nouvelle loi, il y a des dispositions qui protègent le journaliste et son matériel lors de l’exercice de son métier”. Une disposition, ajoute-il qui prévoit  l’exonération de la TVA pour toute entreprise de presse qui est régulièrement enregistrée au CNC sans oublier d’autres dispositions qui permettent les uns aux autres de travailler convenablement notamment  le droit de se syndiquer et de s’affilier à une association ou organisation professionnelle de son choix. Il n’a pas manqué de souligner que la disposition de la loi de 2013 qui obligeait au journaliste de révéler sa source d’information ne figure plus dans la nouvelle loi. Ce qui est  une avancée significative pour les professionnels des médias selon le président du CNC.

 

Le président du CNC promet des retouches de cette nouvelle loi pour la mettre en conformité avec  la réalité du terrain. Il donne l’exemple de certains secteurs qui jusqu’à présent étaient  dans le champ de compétence de la loi  mais qui en pratique il n’y a  pas de modalités de fonctionnement de ces secteurs. A cela, il donne l’exemple des imprimeries, librairies, éditions, cinéma et des agences en  communication, qui jusqu’aujourd’hui n’étaient pas bien gérées au niveau de la loi.

Le président du CNC renchérit que le texte est clair mais qu’il appartient aux professionnels des médias en collaboration avec le CNC de se battre à ce qu’il y ait une bonne applicabilité de ce dernier. Mais  aussi faire tout le possible pour le faire connaitre aux forces de l’ordre qui souvent sont appelés à collaborer avec les journalistes sur terrain.

Le président du CNC a profité de cette occasion pour appeler de nouveau les professionnels des médias à venir s’inscrire dans  le registre des professionnels des médias disponibles au niveau du CNC. Et de marteler que le journaliste qui se fera attraper sur terrain sans être enregistré ne bénéficiera aucun secours de la part du CNC.

Bien qu’il reste à faire pour la mise en application de cette nouvelle loi, au moins il y a une grande partie de la dépénalisation du délit de presse pour les infractions dites sensibles qui sont mal définies comme celles par exemple portant atteinte à la sécurité publique, à la défense nationale, à la crédibilité du pays et à la monnaie nationale.

 

Alexandre NDAYISHIMIYE

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