Journée mondiale de la Femme: Enceinte à 16 ans, Maranatha Ndenzako raconte son histoire

Journée mondiale de la Femme: Enceinte à 16 ans, Maranatha Ndenzako raconte son histoire

Maranatha NDENZAKO et son fils de 6 ans Jaden Ray NSAVYIMANA ©Akeza.net

Etre enceinte à 16 ans sera une des blessures mais aussi une des bénédictions de sa vie. Maranatha NDENZAKO dévoile la période la plus sombre de sa vie. Le regard des gens qui change du jour au lendemain, ses parents qui la délaissent. Aujourd’hui âgée de 23 ans, la vie lui sourit. Comme l’on dit « ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort ».

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L’histoire se déroule en février 2009, Maranatha a 15 ans et fait son jogging habituel dans son quartier quand survient un jeune homme. Ce dernier commence la conversation « Il m’a dit qu’il était du coin et qu’il souhaiterait qu’on se connaisse puisqu’on est voisins et qu’on allait se voir plus souvent. Après ce jour, on a continué à se voir. Nous sommes devenus de bons amis. C’était le plus bel homme à mes yeux, le plus sexy du monde. Peut-être ma naïveté jouait en ma défaveur», se souvient Maranatha.

Après une année de relation avec le charmant jeune homme, le corps de Maranatha a commencé à changer. Sa mère fut la première à le remarquer. « Je ne savais pas comment on tombait enceinte. Même quand je n’avais plus mes règles, je ne m’inquiétais pas. Par contre ma mère, elle, était inquiète. Elle avait remarqué que mon corps et mon comportement avaient changé. J’étais un peu plus grosse, je voulais tout le temps dormir. Et je me souviens qu’elle est venue un soir dans ma chambre et m’a demandé si j’avais couché avec un homme.  Sans éluder la question, j’ai tout de suite dit oui. Le lendemain, elle m’a tendu un flacon pour que j’y mette mon urine » nous raconte-t-elle.

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Les résultats n’ont pas tardé. La déception et la honte de ses parents se sont abattues sur elle tel un  immeuble pris par un ouragan. « Quand j’ai su que j’étais enceinte, j’ai commencé à me cacher de tout le monde et surtout de mon père. Ma mère était très en colère mais ne pouvait rien faire. Après une semaine, mon père a eu marre de ce jeu de cache-cache puis est venu me voir dans ma chambre et m’a dit une phrase que je n’oublierais jamais et qui m’a fort blessé ‘Il me faudra des années pour me remettre de cette déception’. J’ai éclaté en sanglots parce que j’adorais mon père et je venais de le blesser. Le silence régnait à la maison parce que j’étais la plus loquace. C’était comme si mon monde s’effondrait ! »

Comme si cela ne suffisait pas, l’entourage a enfoncé le clou. A 5 mois de grossesse, son père tombe malade et on blâme Maranatha jusqu’à la naissance de son fils « Quand j’étais enceinte de 5 mois, ma mère tombait souvent malade, elle a été même hospitalisé à plusieurs reprises et mon père est aussi tombé malade. Les voisins et toutes mes connaissances disaient que mes parents étaient très frustrés et en peine et que c’est pour cela qu’ils tombaient malades. J’ai mis au monde un garçon et une semaine plus tard on annonçait à mon père qu’il avait un cancer du foie. Après quatre mois étant hospitalisé, il est mort ».

Maranatha deux semaines après la naissance de Jaden, son fils 

Après la pluie vient le beau temps. Les cris et pleurs deviennent joie et espoir. Le petit être est maintenant âgé de 6 ans et se nomme Jaden. Maranatha confie que la vie ne lui aurait pas fait de plus beau cadeau que son fils « Quand mon père est mort, j’étais anéantie. Je voulais effacer la peine que je lui avais causée mais je ne pouvais pas. Je crois que la naissance de mon fils a changé la donne et a su cicatriser la blessure que j’avais causée à mon père. Je suis très fière de mon fils et je ne changerais jamais ce qui m’est arrivé».

Miranda Akim’

 

 

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