Isaïe NDAYIHIMBAZE fabrique du savon à partir des champignons et des noyaux d’avocats !

Isaïe NDAYIHIMBAZE fabrique du savon à partir des champignons et des noyaux d’avocats !

Lauréat de l’Université des Grands Lacs en Informatique de Télécommunication, Isaïe NDAYIHIMBAZE est actuellement à la tête de l’entreprise sociale Maison ISAN. A base de recherches faites sur internet, le jeune entrepreneur Isaïe s’est mis à produire des savons à partir des champignons, des noyaux d’avocats, du citron et d’autres ingrédients facilement trouvables au Burundi. Ces savons, dit-il, moussent et purifient sans gercer la peau, les premiers clients en sont les témoins.

Isaïe NDAYIHIMBAZE, tenant dans la main une poudre tirée des noyaux d’avocats. ©Akeza.net

 

A la fin de ses études universitaires, Isaïe NDAYIHIMBAZE ne tarde pas à se frayer le chemin vers l’entrepreneuriat. Il apprend auprès des autres, souvent en payant, comment fabriquer du savon tout en faisant des recherches en savonnerie sur internet. « Comme j’ai évolué dans un domaine scientifique à l’école secondaire, à la fin de mes études universitaires, je me suis retrouvé les yeux braqués sur l’écran en faisant des recherches sur différentes choses dans ce domaine pour me renseigner. Aujourd’hui, me voici dans la savonnerie et l’agroalimentaire», confie-t-il

 

Internet, bon enseignant !

 

Au départ, Isaïe NDAYIHIMBAZE commence à enseigner des jeunes à l’auto-développement via une association, ODEDU Burundi, que lui-même avait créée. « Mais j’ai eu différents soucis. La plupart des jeunes ne voulaient pas continuer à écouter des paroles sans qu’ils voient des exemples concrets », raconte-t-il.

 

C’est ainsi qu’il opte pour la fabrication de savons. Il se connectait souvent sur internet pour voir comment, dans les pays développés, on procède pour fabriquer du savon. « Je me suis rendu compte que les ingrédients qu’ils utilisaient sont facilement trouvables au Burundi. En même temps, je payais de l’argent aux autres pour qu’ils m’apprennent la fabrication de savons tout en leur demandant pourquoi ceci, comment ça. En fait, j’avais déjà commencé, et donc, je leur demandais juste pour vérifier que ce que j’ai fait était correct », révèle-t-il.

 

 

A base de ses recherches sur internet, Isaïe trouve qu’il y a des plantes qui peuvent remplacer les produits chimiques utilisés dans la production de savons, importés de l’étranger. « Par exemple, on peut se mettre le jus de citron sur le visage pour enlever les petits boutons. Comme nous nous lavons au moyen du savon, un citron utilisé dans la fabrication de savon peut bel et bien jouer le rôle des produits chimiques. En peu de mots, il y a des composants qui sont dans cette plante qui peuvent remplacer ces produits chimiques », explique-t-il

 

Et de préciser : « Alors je me suis dit, il faut me servir de ces choses-là. Et voilà, je suis parti de recherches sur internet pour aboutir à la fabrication de savons à partir de champignons, de noyaux d’avocats, du citron, … ».

Isaïe NDAYIHIMBAZE, tenant dans les mains des champigons des noyaux d’avocats. ©Akeza.net

« En utilisant les savons que j’ai faits à partir des champignons et noyaux d’avocats, je me suis rendu compte que ça guérit des boutons mais aussi adoucit les frottements entre les cuisses. Après les avoir donnés à ceux qui souffrent de la teigne, ils ont vu des cheveux pousser sur leurs têtes. Aujourd’hui, je suis fier du fruit de mes recherches et je fonce à fond », se réjouit-il.

 

Pour que ses savons ne soient pas nuisibles à la santé et pour produire des savons de qualité, le jeune entrepreneur Isaïe est guidé par un chimiste qui lui indique comment mélanger les différents produits à utiliser.

 

Un problème de moyens !

 

« Les moyens sont difficiles trouver. En peu de mots, je me débrouille », regrette Isaïe. Pourtant, il fait de son mieux pour s’en sortir et maintenir la production coûte que coûte. « Il y a un partenaire qui cultive les champignons en abondance. Il me donne un certain nombre de Kg puis je le paie après », nous informe-t-il

Isaïe NDAYIHIMBAZE, fabrique du savon à partir des champignons et des noyaux d’avocats. ©Akeza.net

 

Parce qu’il désire ardemment aller de l’avant, Isaïe n’a aucun souci de demander un crédit à la banque. « J’ai déjà contracté une dette de 2 millions à la banque pour me procurer des matériels. Il y a aussi des matières premières que j’ai commandées au Kenya parce qu’il y a des matières dont l’approvisionnement au Burundi est difficile ».

Notre jeune entrepreneur aimerait sous peu s’acheter des machines. « Malgré les problèmes de moyens, je pense déjà à l’achat de machines qui me faciliteraient la tâche. Le plus rapidement, j’ai besoin d’une machine de découpage de savons. Il arrive que je me blesse les doigts quand je suis en train de découper les savons parce que c’est un travail manuel et c’est souvent risqué. Il arrive même que des produits chimiques tombent par mégarde sur la peau bien que je porte des gants », se plaint-il.

 

Isaïe NDAYIHIMBAZE, fabrique du savon à partir des champignons et des noyaux d’avocats avec son équipe. ©Akeza.net

Parce qu’il faut aider les autres, Isaïe NDAYIHIMBAZE a déjà commencé à aider les autres soit en leur apprenant comment fabriquer le savon ou avoir le capital. « Il y a trois jeunes garçons et des dames membres d’une association de femmes que j’accompagne en ce moment.  Avec le peu que j’ai, je donne un certain nombre de savons à ceux qui n’ont pas de capital afin de les aider à se lancer dans un petit commerce, puis nous partageons l’intérêt. J’ai un jeune qui travaille avec moi. Avant, il gagnait 2000FBu par jour à Safi Beach. Aujourd’hui, il peut vendre jusqu’à 150 pièces de savons! Je me sens fier de pouvoir changer la vie d’une autre personne », conclut-il.

 

Melchisédeck BOSHIRWA

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