Interview Vie et Carrière/Jean Marie NGENDAHAYO : « Il faut prendre la vie du bon côté »

Interview Vie et Carrière/Jean Marie NGENDAHAYO : « Il faut prendre la vie du bon côté »

Né à Cibitoke en 1956, Jean-Marie NGENDAHAYO a occupé différentes fonctions prestigieuses au sein de l’Etat et d’organisations internationales. D’abord enseignant, il va travailler au BEPES (Bureau d’Etudes pour les Programmes de l’Ecole Secondaire). Il travaillera au sein de la délégation de la C.E.E (Union européenne actuelle), puis au bureau de l’UNICEF-Burundi et au FNUAP (Fonds des Nations Unies pour la Population) comme chargé de l’information et de la Communication. Par après il sera parmi les fondateurs de la ligue des droits de l’Homme du Burundi « ITEKA » avant de se frayer un chemin vers la politique de 1991 à 2007. Il a été successivement Ministre de la Communication et Porte-parole du gouvernement en juin 1993, Ministre des Relations extérieures et de la Coopération Internationale (1993-1995) et enfin Ministre de l’Intérieur (2005). Aujourd’hui, Jean-Marie NGENDAHAYO est enseignant à l’Ecole Belge de Bujumbura. Ensemble, on le découvre.

 

“J’ai côtoyé Melchior NDADAYE, Julius NYERERE, Nelson MANDELA. J’ai rencontré Sœur Thérèse de CALCUTTA, le Pape Jean Paul II. Ce que j’ai pu voir, ce sont des gens qui vous frappent par leur simplicité. C’est ça la chose la plus étonnante. On vous dit vous allez rencontrer tel et vous vous apprêtez comme si vous alliez rencontrer un monstre et vous rencontrez un être humain. Ces gens-là sont forts parce qu’ils sont humains. C’est l’humanité qui les caractérise”.

 

Akeza.net : Qui est Jean Marie NGENDAHAYO ? Quelle est son histoire ?    

 

Jean Marie NGENDAHAYO : Je suis burundais. Je suis le fils d’Aloys NGENDAHAYO. Notre famille est du clan « Ababibe » qui remonte à plusieurs générations dans le Burundi en tant que chefs «Baganwa » dans la province qu’on appelait à l’époque Bubanza, aujourd’hui  Cibitoke donc dans les Mirwa, la région de Mabayi en général.

 

J’ai évolué essentiellement à Bujumbura. Je suis descendu à Bujumbura en 1961 après l’assassinat de RWAGASORE.  Notre famille était d’abord et avant tout rurale. Et nous nous sommes réfugiés vers la capitale. J’ai fait mes études primaires à Stella-Matutina (1961-1969) et mes études secondaires au collège du Saint-Esprit (1969-1976), sept ans durant.

 

Je suis allé à l’Université du Burundi (1976-1981) où j’ai poursuivi des études de Philologie-Romane, ce sont des études disons littéraires, pour simplifier. Et parallèlement à mes études à l’Université, j’ai fait le journalisme. Je travaillais comme pigiste à la radio (RTNB). J’avais d’abord fait du reportage classique avec la production d’une émission culturelle que j’appelais « Afrique Libre ». Après mes études, je suis retourné au Collège du Saint Esprit pour enseigner pendant trois années scolaires. J’ai des attaches très fortes avec les jésuites et leur enseignement.

 

Par après, j’ai rejoint le BEPES (Bureau d’Etudes pour les Programmes de l’Ecole Secondaire) où avec d’autres nous avons créé une nouvelle section qu’on a appelé Média-Pédagogique. La section s’occupait de l’encadrement des activités culturelles dans toutes les écoles secondaires. A cet effet d’ailleurs, nous avons organisé un festival dans les enceintes de l’ancien Collège du Saint Esprit à Kiriri qui s’appelait « Le Burundi chante et danse ». C’était l’occasion de présenter le kaléidoscope de toutes les activités culturelles que le Burundi recèle, et cela par des jeunes. Ils ou elles ont repris par exemple le rituel d’«ukubandwa ». Ils/elles ont dansé et chanté. C’était magnifique. C’est l’un de mes meilleurs souvenirs.

 

Après cela, je me suis retrouvé comme documentaliste à la délégation de l’Union Européenne. J’étais en charge de l’information et de la communication pendant trois ans. Puis, je suis passé à l’UNICEF-Burundi toujours dans le domaine de la communication pour quatre ans. J’ai démissionné à l’UNICEF et j’ai travaillé comme consultant quelques temps au FINUAP.En même temps, j’avais mon petit bureau de communication qu’on appelait « Pallas Communication ».

 

Jean Marie NGENDAHAYO, dans les cérémonies de l’inauguration du marché central. Il était Ministre d’Etat en charge des Relations Etérieures. ©Akeza.net

Après je me suis retrouvé appelé par l’actualité politique. J’ai participé à la saga politique au point d’être dans le gouvernement issu des élections de 1993 comme Ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement. A la suite de la tragédie qui a frappé ce pouvoir vieux d’à peine trois mois (le 21 octobre 1993), nous sommes retournés dans les négociations et je me suis retrouvé, sous la présidence de Cyprien NTARYAMIRA, Ministre d’Etat en Charge des Affaires Etrangères. Cyprien qui ne va durer que quelques semaines. Il sera remplacé par Sylvestre NTIBANTUNGANYA et je serai reconduit comme Ministre des Affaires Etrangères. Donc, je ne suis plus Ministre d’état.  J’y reste jusqu’en 1995 date à laquelle je m’exile en Afrique du Sud où je resterai sept ans durant. Je passerai ensuite près de trois ans en Finlande où j’ai suivi une formation en pédagogie de l’enseignement à l’Institut Pédagogique de JYVÄSKYLÄ.

 

Lorsque je rentre en 2005, je suis nommé Ministre de l’Intérieur. Après les élections, je suis resté au parlement. Et la femme avec laquelle j’étais, Antoinette BATUMUBWIRA, est devenue Ministre des Affaires Etrangères. En 2007, je repars en exil et cette fois-ci, je vais au Texas, aux Etats-Unis. Je vais enseigner durant trois ans à ” Texas Lutheran University” (TLU). Lorsque je reviens au Burundi en 2010, Je suis résolu à ne plus avoir d’activités au sein d’une formation politique. Depuis lors, je reste en dehors de la politique active. Je m’y intéresse, j’écris des articles de temps en temps mais je ne suis plus un acteur politique.

 

Au bout d’un moment, je suis retourné sur le banc de l’école à Leadership University, la première promotion. Malheureusement je n’ai pas eu la force de me lancer dans la rédaction de mon mémoire, c’était trop long à mon âge. Ceci étant, les gens se sont intéressés à moi et j’ai été recruté pour être enseignant à l’Ecole belge du Burundi. C’est là que j’enseigne les enfants du cycle supérieurdepuis presque cinq ans et je suis très heureux au milieu de cette jeunesse fort prometteuse

 

Akeza.net : Parlez-nous de la place de votre famille dans l’histoire burundaise

 

Jean Marie NGENDAHAYO : Je vous ai dit que je descends du clan « Ababibe » qui remonte à plusieurs générations dans le Burundi entant que chefs «Baganwa ». Dans cette généalogie et dans le Burundi plus ou moins récent la personnalité la plus remarquable de notre famille est le grand chef Antoine MATUMBA qui a participé à divers grands événements de notre histoire en termes d’intronisation, de l’organisation de l’«Umuganuro » et d’autres rituels importants  de l’histoire du pays  liés à notre clan.

 

Jean Marie NGENDAHAYO montrant l’effigie de son grand-père maternel le Chef Pierre BARANYANKA.©Akeza.net

 

Du côté maternel, je descends du clan des « Batare », la maison BARANYANKA. Là, Pierre BARANYANKA est très connu dans l’histoire à bien des égards et ses fils sont également très connus dont l’un qui fut un grand chef à Bwambarangwe. Jean-Baptiste NTIDENDEREZA était le chef de Bwambarangwe.  Un autre est Joesph BIRORI qui est très connu pour son itinéraire académique particulier puisqu’il fut le premier étudiant de niveau universitaire au Congo, au Burundi et au Rwanda. Il a fait l’école coloniale à Anvers. Il a poursuivi ses études à Louvain puis il a continué en Angleterre à Oxford où il a évolué dans le domaine de l’économie. Ils sont également connus pour le dossier de l’assassinat de RWAGASORE et qui nous a emmenés à un procès et même à la condamnation à la peine capitale. C’est aussi l’autre fardeau que la famille porte.

 

Akeza.net : Et votre passion pour le théâtre ?

 

Jean Marie NGENDAHAYO : J’ai fait du théâtre en tant que comédien moi-même mais aussi entant que metteur en scène. Par exemple, lorsque j’étais encore au Collège du Saint Esprit, nous avons joué une pièce bien connue ici « L’esprit de MWANGA », qui relate un peu la saga des martyrs de l’Ouganda. J’ai également joué deux pièces que j’aime beaucoup. L’une s’appelle « Oui », une pièce de Gabriel Arout. C’est une pièce qui respecte vraiment les trois règles du théâtre classique, l’unité de temps, de lieu et de l’espace. C’est très beau à voir.

 

Alors j’ai monté des pièces. Une des pièces que j’ai montées c’est Douze Hommes en colère” de Reginald ROSE» qui est une pièce américaine qui relate l’histoire d’un jury qui doit statuer sur un crime et vous savez que dans la « common law », le jury est important. La dernière pièce que je vous citerai également est l’œuvre d’un Congolais “Monnaie d’échange” de Mobyem MIKANZA. On l’a joué et mise en scène, c’était aussi une très belle pièce qui parle de la corruption en Afrique.

 

 

Akeza.net : Que dire de votre expérience au vu de toutes les fonctions que vous avez occupées ?

 

Jean Marie NGENDAHAYO : On y apprend beaucoup de choses évidemment. Mais si je pouvais retenir certains points, je dirais qu’il faut tout faire pour éviter la violence. Le choix de la violence est très facile parce que c’est un chemin qui semble résoudre les problèmes rapidement mais en fait, c’est un chemin court mais périlleux. Il donne des solutions artificielles parce que les personnes qui ont subi la violence vont rétorquer tôt ou tard. Donc, ça c’est la première leçon, il faut éviter la violence, il faut privilégier le dialogue. Le dialogue est frustrant, c’est long, quelquefois vous n’êtes même pas compris, vous êtes même rejetés mais il faut toujours travailler sur cela et essayer d’investir votre intelligence pour trouver l’approche pédagogique la meilleure pour convaincre les autres. C’est ça le défi, mais c’est la seule voie.

 

Jean Marie NGENDAHAYO, chez lui.©Akeza.net

 

Le deuxième enseignement que j’en tire personnellement, c’est qu’il faut absolument être rigoureux dans notre vie quotidienne. Les burundais ne lisent pas suffisamment, les burundais ne débattent pas de l’essentiel. Ils ont peur de la vérité. Ils ont peur des choses qui font mal. Je préfère vous faire mal et vous dire ce que je pense de ce que vous avez fait ou les choses dont vous êtes responsables quitte à ce que vous ne m’appréciez pas dans un premier temps mais que cela fasse progresser les choses plutôt que de vous sourire, vous caresser dans le sens du poil et ne rien faire avancer.

 

Akeza.net : Vous avez côtoyé de grandes personnalités, qu’avez-vous appris d’eux ?

 

Jean Marie NGENDAHAYO : Oui j’ai côtoyé Melchior NDADAYE, Julius NYERERE, Nelson MANDELA. J’ai rencontré Sœur Thérèse de CALCUTTA, le Pape Jean Paul II. Ce que j’ai pu voir, ce sont des gens qui vous frappent par leur simplicité. C’est ça la chose la plus étonnante. On vous dit vous allez rencontrer tel et vous vous apprêtez comme si vous alliez rencontrer un monstre et vous rencontrez un être humain. Ces gens-là sont forts parce qu’ils sont humains. C’est l’humanité qui les caractérise.

 

 

Akeza.net : Vous avez travaillé au BEPES, que pensez-vous de l’enseignement actuel au Burundi ?

 

Jean Marie NGENDAHAYO : Je trouve que la grande réforme du fondamental, l’idée derrière qui consiste à faire en sorte que les burundais et les enfants soient au fait de leur culture traditionnelle, que le kirundi soit mis à l’honneur, moi je trouve ça très bien. Mais ce qui est extrêmement délicat, c’est de vraiment investir beaucoup dans l’éducation de façon à ce que nous ayons beaucoup d’enseignants et que ces enseignants soient eux-mêmes très bien formés et qu’ils aient un cadre d’enseignement agréable non pas pour eux seulement mais surtout pour les enfants qui y vont. Qu’ils aient du matériel adéquat pour faire en sorte que ce ne soit pas un programme-slogan ou bien nous dire que nous avons X % d’enfants alphabétisés alors que c’est simplement des enfants qui ânonnent des phrases sans trop comprendre leur sens. Ça ce n’est pas bon. Ça peut faire à ce que toute la nation burundaise tombe dans la médiocrité non pas tout simplement au primaire mais aussi au secondaire et à l’université. C’est très important de rester vigilant sur la qualité.

 

Senghor réservait 30 % de son budget ordinaire à l’éducation.Nous avons vu que cela a payé.Les années qui ont suivi, les sénégalais ont porté haut le flambeau au niveau de l’élite africaine. Maintenant je ne sais pas si ceux qui ont suivi ont fait de même mais ça, c’est un des mérites de Léopold Sédar Senghor, le premier président du Sénégal.

 

 

Akeza.net : Vous êtes parmi les fondateurs de la ligue ITEKA, que diriez-vous des droits de l’homme au Burundi ?

 

Jean Marie NGENDAHAYO : Il n’y a pas trente-six manières de voir les droits de l’homme. Les droits de l’homme, ce sont les droits de l’homme. Que ce soit chez nous, au Kamchatka ou en Indonésie, c’est la même chose. C’est-à-dire qu’il nous faut respecter la dignité humaine. On n’a pas le droit de tuer, on n’a pas le droit d’emprisonner sans jugement, on n’a pas le droit de juger sans défense. Il y a des principes basiques sur lesquels nous nous battons et qui doivent être respectés.

 

Akeza.net : De votre passage à l’UNICEF Burundi, que retenez-vous ?

 

Jean Marie NGENDAHAYO : Tout d’abord, ce dont je suis le plus fier de mon passage à l’UNICEF c’est que ce fut à l’époque où on venait de signer la convention des droits de l’enfant au niveau mondial. Et nous avons œuvré à ce moment-là pour que les grandes valeurs de cette convention soient inscrites dans notre constitution. Je suis fier de dire que nous y avons participé et que ça s’est bien passé.

 

Jean Marie NGENDAHAYO avec son fils Shema MUKUNZI, jouant au piano.©Akeza.net

 

Pour moi, si vous vous occupez des droits de la personne humaine en général, ça va nécessairement impliquer les droits des enfants parce que ce sont des êtres humains aussi. Ils ont des droits spécifiques, il n’y a pas de doutes. L’UNICEF travaille pour les droits des enfants, surtout dans le cadre de leur protection, c’est-à-dire qu’un enfant a le droit de naître dans de bonnes conditions. Un enfant a le droit de grandir convenablement, donc son alimentation est importante. Un enfant s’épanouit, non pas seulement parce qu’il mange, mais aussi parce qu’il est éduqué

 

Donc, l’éducation d’un enfant est importante. Vous comprenez très bien que si vous appliquez cela et que parallèlement vous ne vous intéressez pas aux droits de la mère, si vous devez le faire sans vous intéresser aux droits de la famille, si vous le faites sans vous intéresser aux droits de la communauté, aux quartiers, à l’environnement, vous n’avez pas respecté les droits de l’enfant. Tout est lié !

 

Akeza.net : Quel était votre rêve d’enfance ?

 

Jean Marie NGENDAHAYO : Bon ! Je ne sais pas ! J’ai toujours rêvé d’être un enseignant par exemple. Et je le suis. J’ai rêvé comme tous les enfants d’être fort comme Tarzan. Je ne le suis pas. Donc j’ai des rêves que j’ai réalisés et d’autres que je n’ai pas réalisés qui me sont restés en travers de la gorge. Mais dans l’ensemble mon rêve le plus fort, ça ce n’est pas mon rêve d’enfant, c’est mon rêve d’aujourd’hui, c’est un Burundi qui est dans la paix et dans la concorde de toutes les communautés qui la composent. C’est ça qui est pour moi le plus important.

 

Jean Marie NGENDAHAYO avec son fils Shema MUKUNZI.©Akeza.net

 

Akeza.net : Quel est votre plat le plus préféré ?

 

Jean Marie NGENDAHAYO : J’aime beaucoup les plats africains en général. Au Burundi par exemple, ça va vous étonner mais moi j’aime beaucoup le lait par exemple. J’aime beaucoup évidemment la feuille de manioc (« isombe »), j’aime beaucoup le riz. Je suis éclectique, je n’ai pas de préférence notoire. Ailleurs en Afrique j’aime beaucoup le Ndolé que vous retrouverez au Cameroun, le Riz sénégalais évidemment, le Thiéboudiène. Voilà, mais ce n’est pas que cela. Il y a des plats européens que j’aime mais je ne suis pas très gourmet.

 

Akeza.net : Quelle est la chanson que vous préférez le plus ?

 

Jean Marie NGENDAHAYO : J’aime beaucoup la musique et les compositeurs-interprètes. Malheureusement, ces derniers temps je n’écoute pas beaucoup la musique. « Inanga » par exemple, j’aime beaucoup. « Ngorore ya Bahinda » pour moi c’est un chef d’œuvre. J’aime beaucoup la musique classique surtout Chopin (Frédéric Chopin) me touche beaucoup. J’aime « Les Nocturnes » de Chopin en particulier « J’aime Bach » aussi, il est très très bon.

 

Dans la musique africaine, j’aime beaucoup la musique sud-africaine je ne sais pas si c’est parce que j’y suis resté longtemps. Il y a un jazzman qui s’appelle Abdullah Ibrahim. Il a un morceau qui s’appelle Mannenberg. Mannenberg est un quartier de Cape Town d’où il vient et il a composé un morceau de jazz en hommage à ce quartier-là, qui est un chef d’œuvre. J’aime Pop MOHAMED qui a écrit une sérénade en l’honneur de Mandela. Elle s’appelle « Election Day ». Le morceau passe souvent à la BBC.

 

Mais bon, j’aime tous les grands chanteurs francophones en général à commencer par Jacques BREL, Georges BRASSENS, Georges MOUSTAKI et beaucoup d’autres tels Michel SARDOU, Yves DUTEIL. J’aime beaucoup Pierre PERRET. Je ne peux pas vous donner une préférence particulière. Par exemple dans les récents artistes africains Rokia Traoré est une femme merveilleuse ; Miriam Makeba je ne l’oublie pas. J’adore Harry Belafonte aussi et certains grands du jazz comme Armstrong. Non, franchement je suis éclectique, je n’arrive pas à m’arrêter à une ou deux personnes.

 

Akeza.net : Quel est votre sport préféré ?

Jean Marie NGENDAHAYO avec Claude BITARIHO. Quand il était encore jeune et pratiquait la natation.©Akeza.net

 

Jean Marie NGENDAHAYO : Je pratique la natation depuis longtemps. Ça c’est mon sport favori. Pour regarder, admirer, comme ça, j’aime bien le football. C’est ça qui m’intéresse surtout. L’athlétisme, surtout les courses de fond et de demi-fond, j’aime bien regarder aussi. Je pratiquais aussi ces sports, mais j’ai eu des problèmes de dos et j’ai dû arrêter.

 

Akeza.net : Au football donc, une équipe favorite ?

 

Jean Marie NGENDAHAYO : Quand j’étais jeune, j’étais un fanatique. Je n’étais pas même un fan mais vraiment un fanatique de Prince Louis (ancienne équipe de football du Burundi).Lorsque l’équipe perdait, j’étais en deuil pour le reste de la semaine. Alors je trouvais ça tout à fait absurde. Donc j’ai pris la décision de ne plus m’attacher. Je n’apprécie que les performances des joueurs et des équipes.  Quand je regarde un match avec des amis, je suis très frustrant parce que si l’équipe A marque, j’applaudis, et si l’équipe B marque j’applaudis aussi. Moi je profite de tout le monde.

 

Akeza.net : Un conseil à l’endroit de la jeune génération ?

 

Jean Marie NGENDAHAYO : Ah ! Moi je dirais qu’il faut toujours rigoler ! Il faut absolumentprendre la vie du bon côté parce que si vous ne voyez pas la vie du bon côté, vous allez tomber malade ! Ça, certaines personnes ne le comprennent pas. En fait, l’esprit qui vous anime a une certaine influence sur votre corps. Donc, restez joyeux même dans l’adversité.  On ne donne que ce qu’on a. Si on veut donner le bonheur, on donne le bonheur, si on veut donner le malheur on va donner le malheur.

 

Pour la petite histoire… 

 

Jean Marie NGENDAHAYO est de la province Cibitoke qui s’appelait alors” Bubanza”. Cibitoke n’étant qu’une subdivision de la grande province. Ses ancêtres s’y trouvent depuis 12 générations remontant au prince RUKARA. Lui-même est né à l’hôpital “Rodin”, actuel Hôpital Prince Louis Rwagasore”. Il est le premier Noir à y naître car sa grand-mère, l’épouse du Muganwa Pierre BARANYANKA y était hospitalisée. 

Jean Marie NGENDAHAYO, dans le berceau. ©DR

 

A l’hôpital avec sa grand-mère au milieu, sa mère à sa gauche, une de ses soeurs (Marie-José) à sa droite avec son oncle Jean-Baptiste NTIDENDEREZA et son père. ©DR

 

Il fut baptisé au même endroit et son parrain est son oncle Jean-Baptiste NTIDENDEREZA et sa marraine une soeur blanche dont le nom religieux est “Étienne-Marie”. Il se prénomme en réalité “Jean-Baptiste-Etienne-Marie”. Pour abréger et rendre hommage aux deux parents spirituels, il a décidé dès le primaire de s’appeler “Jean-Marie”.

 

De gauche à droite sa sa soeur Marie-José, son père, sa mère, son parrain, lui-même et le prêtre officiant.©DR

 

Avec sa femme Chantal SINDAYIGAYA et son fils Shema MUKUNZI©DR

 

Désormais sa politique, c’est aimer sa femme, Chantal SINDAYIGAYA, élever son fils Shema MUKUNZI et éduquer la jeunesse dans la joie !

 

Propos recueillis par Melchisédeck BOSHIRWA

 

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