Interview exclusive avec  «l’espoir africain du tennis», Hassan Ndayishimiye

Interview exclusive avec  «l’espoir africain du tennis», Hassan Ndayishimiye

Le tennisman Hassan Ndayishimiye.©DR

Dans l’histoire du Burundi, Hassan Ndayishimiyeest l’unique tennisman ayant joué dans de grands rendez-vous planétaire tels Roland Garos, Wimbledon à l’âge de 21 ans. En dépit de ses prouesses, le meilleur tennisman que le pays n’ait jamais connu est très peu connu du public.

Né et grandit dans un quartier «défavorisé» (par rapport au tennis NDLR), Hassan Ndayishimiye a su s’imposer. De par ses exploits, le premier tennisman burundais à pouvoir disputer le Wimbledon a inspiré les  enfants de son quartier Buyenzi. Désormais le tennis est  presque  joué  uniquement par des gamins  issus de son quartier.

Que fait  actuellement Hassan Ndayishimiye ?  Où est-il ? Qu’en est-il de ses débuts au tennis ? Akeza.net s’est entretenu avec Hassan Ndayishimiye dit «l’espoir africain du tennis».

 

Akeza.net: Parles-nous  de tes débuts avec le tennis…

 Hassan Ndayishimiye : j’ai commencé à joueur au tennis quand j’avais 5 ans. C’est mon père qui m’a initié dans ce jeu, il était coach à l’entente sportive. Sinon j’aimais jouer au football comme tous les gamins.

 Akeza.net : Comment un gamin de Buyenzi s’est-il retrouvé à jouer au tennis, plutôt que de jouer au foot, surtout que Buyenzi est une zone pourvoyeur  de footballeurs ? Est-ce l’influence de ton père ?

 Hassan Ndayishimiye : J’étais jeune à tel point que je ne pouvais pas décider quel jeu il fallait suivre, voire dans quel jeu je suis bon ou pas. A cet âge, l’on joue juste pour le plaisir. Mais quand j’ai commencé à gagner des tournois,  c’est devenu intéressant. Vous savez quand on gagne, on reçoit des encouragements, des prix, bref on est super motivé. Voilà ce qui m’a gardé au tennis. Et le tennis m’a porté très loin.

 Akeza.net : Par après, ta petite sœur Sada Nahimana qui excelle d’ailleurs dans ce jeu s’est  introduite. Il semble que le tennis est devenu une passion familiale…

Hassan Ndayishimiye : Le tennis est devenu vraiment une passion dans notre famille. Ça a commencé avec notre père, d’ailleurs je lui rends hommage parce que sans lui je ne serais pas devenu ce que je suis aujourd’hui. Après ma sœur SadaNahimana a pris ce créneau  et j’espère qu’elle fera bonne carrière.

 Akeza.net : Justement, certains compatriotes voient Sada Nahimana comme la prochaine Serena Williams. Qu’en penses-tu?

 Hassan Ndayishimiye : Elle joue bien, elle peut aller loin. C’est peut être la prochaine Serena Williams on ne sait jamais. Mais elle doit garder ses objectifs, rester concentrée, et surtout avoir une bonne santé. On ne sait jamais avec le tennis.

 Akeza.net : La plus part des sportifs burundais  ont un problème de manque de management. As-tu vécu la même chose ?

 Hassan Ndayishimiye : Mon père a cru en moi, il a tout fait pour moi. Mais  actuellement j’ai une dame qui fait tout pour moi, je l’appelle maman. Son nom est  Kassie Mcilvaine .C’est elle qui paye tout pour moi, mes voyages, mes charges, elle est toujours là pour moi. C’est vrai que je représente souvent le Burundi, mais elle fait tout cette dame.

 Akeza.net : Quel est l’actualité d’Hassan Ndayishimiye ?

 Hassan Ndayishimiye : Pour le moment je suis aux Etats Unis d’Amérique dans l’Etat d’Alabama. Je ne suis pas en train de jouer en tant que professionnel, actuellement je vais à l’université histoire d’avoir une formation académique. Il me reste encore une année, après je retournerais jouer au tennis. Vous savez, c’est très important d’avoir un cursus académique car  on ne sait pas ce que demain nous réserve.

 Akeza.net : Tu portes souvent les  couleurs nationales. Quid du soutien en provenance du Burundi ?

Hassan Ndayishimiye : Bon, je ne reçois pas vraiment de soutien de la part du Burundi. Pas vraiment.  Au Burundi, le sport n’occupe pas une grande place. Mais on essaie toujours de pousser, toujours pousser pour aller loin.

 Akeza.net : A un  certain moment tu évoluais  en Afrique du Sud. Parles-nous de cette aventure…

 Hassan Ndayishimiye : Je suis allé en Afrique du sud en 2008 pour un essai.J’avais eu une bourse de la Fédération Internationale de Tennis pour un mois afin de voir mon niveau, mon comportement face aux règlements du tennis.

Je suis parti là-bas pour un mois, et puis j’ai réussi ce qui m’a donné une chance d’avoir une bourse cette fois-ci de 4 ans en 2009.  J’ai joué en Europe dans différents tournois, et les gens ont commencé à me connaitre.Voilà comment a débuté ma carrière.

 Akeza.net : Qu’est-ce que ça fait de jouer dans de grands championnat tels Roland Garos, Wimbledon ?

 Hassan Ndayishimiye : C’est formidable.  Jouer et m’entrainer sur les  mêmes courts que les grands joueurs mondiaux  m’a beaucoup inspiré.

 Akeza.net : Ton idole ?

 Hassan Ndayishimiye :C’est Lleyton Hewitt.

 Akeza.net : L’opinion veut  que le tennis soit  fait pour les riches. Ton commentaire ?

 Hassan Ndayishimiye : Premièrement le tennis est riche. Oui c’est pour les gens riches. Si tu n’as pas de sponsors, sans moyens financiers assez considérables, c’est très difficiled’avancer. Je ne pourrais jamais y arriver par moi-même étant donné que je viens d’une famille très pauvre. Je n’allais pas vraiment faire ma carrière.

 Akeza.net : Quel est le moment qui t’as le plus marqué  jusque là ?

 Hassan Ndayishimiye : Je n’oublierais jamais quand j’ai gagné au Wimbledon. C’était grandiose pour moi et pour mon pays. Du petit au grand,les gens de Buyenzi ont cru en leur rêve grâce à mon sacre. C’était un plaisir pour eux de voir que chaque chose est possible si on y croit, si on garde les objectifs.

 Akeza.net : Un dernier mot à dire ?

 Hassan Ndayishimiye : Je voudrais m’adresser aux jeunes ayant un rêve pour leur dire  de garder leurs rêves. Ce qui est très important, c’est d’avoir la confiance en soi, peu importe ce que les autres pensent de toi, ne jamais baisser les bras, rester concentré.

 Propos recueillis par Armand NISABWE

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