Indice de la liberté économique 2019: Le Burundi occupe la 62ème place sur 162 nations classées dans la composante « taille du gouvernement »

Indice de la liberté économique 2019: Le Burundi occupe la 62ème place sur 162 nations classées dans la composante « taille du gouvernement »

La série de tables rondes organisées par le CDE Greatlakes dans le cadre de la campagne MFASHAKUMENYA a atteint son terminal. La cinquième et la dernière table ronde s’est tenue ce 15 Septembre 2020 sous le thème: Taille du Gouvernement ‘’ Les dépenses, les impôts et les entreprises au service des investissements massifs et rentables pour notre pays’’.

Martin BANYIYEZAKO, économiste exposant sur la thématique, a exhibé la cote du Burundi dans cette catégorie qui est l’un des cinq composantes sur lesquelles le rapport de la liberté économique 2019 s’est basé pour évaluer les économies.

Le Burundi (62ème) s’en sort plutôt bien

La taille du gouvernement (dépenses, impôts et entreprises) mesure les dépenses, la fiscalité et la taille des entreprises contrôlées par le gouvernement. ‘’Si ces indicateurs augmentent, le processus décisionnel est lié au choix individuel et par conséquent, la liberté économique s’en trouve réduite. En effet, il est prouvé que des dépenses publiques et des impôts trop élevés peuvent bloquer le financement des autres activités économiques et limiter la liberté économique des citoyens’’, explique Martin BANYIYEZAKO.

Cependant, cinq sous-composantes ont été prises en compte pour fixer la note de la composante ‘’taille du gouvernement’’. Chaque composante et sous-composante sont placées sur une échelle de 0 à 10 qui reflète la distribution des données sous-jacentes.

La première sous-composante: « la consommation du gouvernement ».

Le Burundi a reçu une note de 7,47/10 alors que la moyenne mondiale est de 5,65/10 tandis que celle de l’Afrique est de 6,49/10. M.BANYIYEZAKO indique que le Burundi fait des efforts pour ajuster les consommations du gouvernement aux moyens disponibles. Il clarifie : ‘’La part de la consommation publique sur la consommation totale est de seulement 14,59 % , ce qui place le Burundi dans une meilleure position par rapport à la position de la moyenne mondiale qui est de 21,01% et celle de l’Afrique 17,93% ’’.

La deuxième sous- composante: « Les Transferts et les subventions »

La note du Burundi sur cette sous-composante est de 10 sur 10 avec un ratio (les transferts et les totaux de subventions sur le PIB) de 0,47%. ‘’ Cela signifie que le Burundi a des secteurs de transfert moins importants. Il est placé devant la moyenne mondiale (7,74) et africaine (9,3) ainsi que les pays comme la Suisse (5,98), l’Australie (6,03), l’Irlande (6,41) et les États-Unis (6,91)’’, explique Martin BANYIYEZAKO.

La troisième sous-composante: « Les Entreprises publiques et les investissements »

Concernant cette sous-composante, le Burundi a reçu une note de 7/10 en liaison avec son ratio (investissement public sur l’investissement total) égal à 22,47%.
M. BANYIYEZAKO éclaire : ‘’ Le gouvernement du Burundi n’exagère pas trop dans le contrôle du capital des entreprises existantes dans le pays. Cependant, des efforts sont encore à faire pour que ledit ratio s’approche de la moyenne des 10 meilleurs classements de l’indice qui est de 16,2%’’.

La quatrième sous-composante: Le « Taux d’imposition marginale le plus élevé »

Le Burundi a reçu une note de 8/10 en liaison avec son taux d’imposition marginal le plus élevé qui est de 30%. Alors que la moyenne mondiale est de 29,23%, Martin BANYIYEZAKO rapporte : ‘’ Le Burundi ne dépasse pas les limites dans l’imposition. Toutefois, le pays a besoin de s’améliorer pour approcher les 15%, 17%, 20% respectivement de la Nouvelle-Zélande et de l’Irlande, du Hong Kong, du Canada et des États-Unis qui sont à la tête du classement”.
Signalons que l’impôt sur le revenu est encore très lourd au Burundi. Avec un taux d’imposition le plus élevé sur le revenu marginal (38%), il est loin d’approcher les 17%, 20% et 22% enregistrés par le Hong Kong, les États-Unis ainsi que le Canada’’.

La cinquième sous-composante, « Propriétés d’État des actifs »

Pour cette sous-composante, le Burundi a reçu une note de 3,63/10. Une note très inférieure à celle obtenue par les pays comme l’Australie (10), l’Irlande (9,79), le Singapour (8,99). M. BANYIYEZAKO ne faiblit pas. Il explique le pourquoi de cette note peu reluisante: ” Cette faible note montre que l’État du Burundi possède et contrôle le capital (y compris les terres) dans les secteurs industriel et agricole ainsi que les services. Il exerce encore trop de contrôle direct sur l’économie et donc dispose d’une plus grande propriété sur les actifs.

En somme, dans la composante « Taille du gouvernement », le Burundi occupe la 62ème place sur 162 nations classées.
Signalons que, comme pour les quatre précédentes tables rondes, celle-ci n’a pas dérogé à la règle. La session des travaux en groupe a aussi occupé les participants qui ont identifié les forces et les faiblesses inhérentes aux dépenses, aux impôts et aux entreprises liés au service des investissements massifs et rentables au Burundi.

Un policy brief rassemblant les conclusions et les pistes de solutions qui minent ” la taille du gouvernement” sera élaboré et proposé aux décideurs. ‘’ Les taxes et impôts font partie des indicateurs extrêmement importants dans la création d’emploi et d’opportunités pour plusieurs personnes. Nous croyons qu’à travers cette table ronde, nous acquerrons les recommandations qui entrent dans cette logique. Nous travaillons conjointement avec l’API pour essayer de trouver des solutions qui peuvent aider à la création d’emplois et d’opportunités dans notre pays ’’, a indiqué Aimable MANIRAKIZA, Directeur Exécutif du CDE Greatlakes.

Janvier CISHAHAYO

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