Inclusion financière dans le milieu rural, pilier du développement économique

Inclusion financière dans le milieu rural, pilier du développement économique

La couverture géographique des institutions financières reste très faible au niveau national.  Le taux d’inclusion financière était de 21% en 2018. Cette situation entrave l’accès à l’utilisation des services financiers formels par la majorité de la population  burundaise (90% vivant dans le milieu rural), se trouvant ainsi exclue du secteur financier formel.

 

Toutefois, l’inclusion financière formelle présente beaucoup d’avantages. La banque mondiale dans son billet sorti en 2018 intitulé ‘’L’inclusion financière est un facteur essentiel de réduction de la pauvreté et de promotion de la prospérité’’, fait savoir que l’accès à des produits et services financiers facilite le quotidien et aide les ménages et les entreprises à anticiper le financement d’objectifs de long terme et à faire face à des imprévus.

 

Un individu détenteur d’un compte courant sera plus enclin à recourir à un crédit, à une assurance, à créer une entreprise, à investir dans l’éducation ou la santé, à gérer les risques et à surmonter les chocs financiers; soit autant de facteurs qui amélioreront globalement son niveau de vie.

 

Une présence dans le milieu rural qui reste faible

 

Le rapport d’enquête sur l’offre des services financiers formels au Burundi sorti en 2016 par la Banque de la République du Burundi, montre qu’en termes d’accès aux services financiers au niveau national, 10 000 adultes utilisent un seul point de service depuis 2012 dans toutes les provinces du pays sauf en Mairie de Bujumbura où 10 000 adultes utilisent sept points de services.

Le constat est que le taux d’inclusion financière dans le  milieu rural reste faible par rapport aux villes.

Cependant, par rapport aux autres institutions financières (banque,…), les institutions de microfinance (IMFs) sont beaucoup plus présentes dans  les zones rurales.

D’après le rapport d’enquête sur l’offre des services financiers formels au Burundi de 2016, la distribution géographique des 678 points de services que compte le pays montre que dix communes sur 119 comptent chacune un seul point de service qui est soit un bureau postal de la Régie Nationale des Postes (RNP), soit une Coopérative d’Epargne et de Crédit (COOPEC) affiliée à la Fédération Nationale des COOPEC du Burundi (FENACOBU). La proximité de ces deux institutions permet d’atteindre les coins plus éloignés.

 

Bien que ces deux institutions financières couvrent l’ensemble des communes du pays, l’inclusion financière dans le milieu rural reste faible.

Il est impératif alors que les institutions financières  s’établissent dans tous les coins du pays ce qui sera bénéfique à la fois pour l’inclusion financière en milieu rural mais aussi pour l’accroissement du marché de ces fournisseurs de services financiers.

 

Le partenariat des institutions financiers et des services de transfert et de transactions électroniques de fonds devraient se libéraliser. Le projet pionnier de partenariat Econet Wireless et la Régie Nationale de Poste (sur terrain depuis 2010) devrait servir d’exemple.

Signalons que malgré leur immense majorité, les IMFs restent de petits acteurs du marché financier burundais totalisant en 2016 moins de 235 milliards de Fbu d’actifs, soit 11% des parts du marché derrière le secteur bancaire qui enregistre 85% des actifs du marché.

Janvier CISHAHAYO

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