Incendie au marché de KAMENGE : Que deviennent les commerçants ?

Incendie au marché de KAMENGE : Que deviennent les commerçants ?

C’est dans la nuit du 2 au 3 octobre 2020 que la mauvaise nouvelle s’est répandue à Bujumbura. Un incendie ravageait le marché de KAMENGE. Au lendemain de la tragédie qui a emporté la majeure partie de ce marché, Akeza.net s’est entretenue avec les commerçants qui y ont laissés leurs biens. Ils se confient sur l’après tragédie, et les moyens qu’ils mettent en œuvre pour la réouverture de leurs échoppes.

 

Un incendie dévastateur

 

Justin AMANI, Commerçant grossiste de produits cosmétiques était propriétaires de 3 Kiosques tous partis en fumée. Il confie : ‘’ Nous avons enregistrés des pertes énormes. Chacune de mes échoppes était gorgée de produits d’une valeur de plus de cinq cents millions (500 000 000 BIF). C’est-à-dire au total que plus d’un milliard de FBU est parti en fumée’’.

A côté de commerçants grossistes, les petits commerçants ont aussi été affectés par cette tragédie. Mariam NDORUKWIKIGIRA, commerçante restauratrice ne sait plus à quel saint se vouer ‘’ On n’a rien sauvé. Même l’argent des ventes se trouvait toujours dans les caisses. Nous espérons avoir un soutien pour nous relever le plus tôt possible’’.

 

Bien que la majeure partie du marché aie péri, certaines marchandises sont restées intactes sur les étagères de la partie qui a pu être sauvée. Les commerçants réclament qu’une autorisation leur soit accordée pour que ces denrées soient récupérées avant qu’elles ne périssent.

 

Des marchandises non assurées

 

Les deux commerçants avec qui nous nous sommes entretenus n’avaient pas de souscription assurance-incendie.  Mariam NDORUKWIKIGIRA confie qu’elle n’a pas d’information sur les produits offerts par les assurances : ‘’Je n’ai pas d’informations sur la manière dont les assurances fonctionnent. En plus, nous avons de petits capitaux qui ne nous permettent pas de constituer des réserves pour cotiser dans les compagnies d’assurances. Il faudrait que les compagnies d’assurances lancent des campagnes de sensibilisation car on enregistre un manque d’information sur les produits qu’elles offrent ’’.

 

Les commerçants de KAMENGE demandent que le marché soit rouvert le plus tôt possible. ‘’ Nous n’avons plus d’autres sources de revenus. Nos kiosques constituaient nos principaux investissements. Certains avaient contracté des crédits au sein de différents institutions financières. Il faut que des mesures soient prises pour allonger les délais de remboursement. Nous demanderions aussi que la taxe de 10 000 BIF qu’on paie à la mairie soit supprimée en ces jours où nos activités sont à l’arrêt. Il en est de même pour les 2000 BIF pour les frais de gardiennage’’.

 

Ces commerçants demandent qu’après rénovation, une réorganisation profonde du marché soit effectuée pour éviter le surencombrement qui s’y est observé lors des activités de secours. ‘’Certains espaces (comme le parking) avaient été octroyées au détriment des mesures de sécurité. Il faudrait que dans l’avenir la mairie soit vigilante pour que cette erreur ne se reproduise plus’’, appelle Justin AMANI, commerçant de produits cosmétiques.

 

Signalons que le Président de la République S.E Evariste NDAYISHIMIYE a effectué une visite ce lundi 05 Octobre 2020 afin de consoler les commerçants affectés. Le Président a accepté d’octroyer 5 millions BIF en guise de soutien à tous ceux qui ont perdu leurs biens.

Le Président en a profité pour annoncer l’ouverture d’un compte de solidarité qui aidera dans la rénovation et à la relance des activités de ces commerçants. Dans le fundraising effectué sur place, le montant collecté était estimé à plus de 2 milliards de FBU.

 

Janvier CISHAHAYO

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