[ Dossier: Impact de la Covid-19 sur les affaires au Burundi : ARENA, Cristal, Bora Bora Beach Club, comment survivent-ils? ]

[ Dossier: Impact de la Covid-19 sur les affaires au Burundi : ARENA, Cristal, Bora Bora Beach Club, comment survivent-ils? ]

La pandémie de la Covid-19 a bien secoué le monde entier en passant par le Burundi, un petit pays à l’Est de l’Afrique. Plusieurs conséquences sont survenues, notamment au niveau social, économique et sanitaire. Au Burundi, bien que la Covid-19 ne se soit pas propagée de manière catastrophique comme dans d’autres pays, les entreprises commerciales ont bien senti le choc. Comment s’adaptent les entreprises dans le secteur du loisir et de l’entertainment comme le Cristal Lounge Bar, Bora Bora Beach Club ou ARENA ? Comment survivent-elles à la crise ? Quel impact a-t-elle eu sur leurs affaires ? Comment envisagent-elles la suite ? Les patrons répondent…

La Covid-19 : Des activités au ralenti

La pandémie de la Covid-19 survenue au début de cette année a bien fait des ravages. Des milliers de personnes mortes, des frontières, des aéroports, des écoles fermées, des hôpitaux bombés de malades sans oublier des affaires en faillite et d’autres au ralenti. L’impact de la pandémie a été très significative surtout sur le plan économique. Le Burundi n’a pas été épargné.

 

Christos KAMBERIS, Propriétaire d’ARENA, rapporte:“ L’impact de cette crise née de la Covid-19 est immense. Bien évidemment, la première raison pour laquelle on recense cet impact négativement, c’est la chute des activités. Ce qui est encore plus grave, la crise nous a touché en pleine saison d’été, qui est quand même déterminante pour notre secteur d’activités. Je veux parler de l’HORECA (Hôtellerie, Tourisme, Cafés). Les hôtels ont très souffert parce qu’avec les aéroports fermés, il n’y a pas de touristes, ce qui veut dire qu’il n’y a pas de gens qui viennent. ”

Pour Abdoul Edmond MAZINDA, homme d’affaires et actionnaire au sein du Bora Bora Beach Club, l’impact de la Covid-19 a été considérable sur leurs activités. “Avant la pandémie, nos activités tournaient bien. Aujourd’hui, on n’arrive pas à atteindre 10% de nos recettes d’avant pandémie. On a essayé de réduire les dépenses et de réduire le personnel, mais cela n’a pas suffi.’’

L’impact était énorme surtout pour les boîtes de nuit. Nous avons fermé nos portes bien avant (en mars 2020) et nous avons rouvert après les élections (Mai 2020). Vous comprenez, cela faisait deux longs mois que nous n’étions pas en service. En dépit de cela, nous avons continué à payer le loyer, le personnel et d’autres charges.” confie Paulin BIZIMANA (DJ Paulin), Propriétaire du Cristal Lounge Bar.

L’absence des touristes dans le pays, la fermeture des frontières, une certaine peur d’aller dans des lieux publics tant fermés qu’ouverts ont fait que les activités de ces entreprises ne tournaient pas comme d’habitude. Ce ralentissement a eu pour effet de faire chuter les chiffres d’affaires.

80% des gens qui fréquentent le Bora Bora nous viennent du Congo (RDC) et dans une certaine mesure du Rwanda aussi. La fermeture des frontières a touché notre rendement dans des proportions que je porterai non pas à 100% mais à 110%’’, nous dit encore Abdoul Edmond, investisseur dans le Bora Bora Beach Club.

De l’avis de M. KAMBERIS, “ Dans le domaine de l’HORECA (Hôtels, Restaurants, Cafés), c’est une catastrophe. On parle d’une chute à 30-40% de chiffres d’affaires. Donc, si on était à 100%, on a été à 30% à un moment donné. ”

Une pente qui ne sera pas facile à remonter bien que l’entreprise fasse de son mieux pour reprendre de la hauteur et revenir dans ses marges. Pour surmonter des difficultés de ce genre, on a besoin de ressources financières. “Beaucoup ont dû recourir à des financements bancaires pour couvrir les pertes. Quand vous avez un personnel qui est là, les charges, elles sont là, mais ne connaissent pas la Covid-19.” A la fin, les banquiers non plus, il ne faut pas leur parler de Covid-19. Les financements bancaires, il faudra bien les rembourser.

S’adapter à la Covid-19: A quel prix?

S’adapter aux changements dus à la Covid-19 n’est pas facile surtout si vous êtes une entreprise commerciale dont la survie dépend en grande partie de la clientèle et des services que vous offrez.

        @DR

Au Bora Bora Beach, Abdoul Edmond a tablé sur une stratégie de la réduction maximale :Nous avons mis en place deux méthodes. D’abord, nous avons réduit les dépenses et avons gardé le service minimum. Ensuite, nous avons réduit le personnel et négocié une réduction sur le loyer. Heureusement, nous avons obtenu la réduction sur le loyer.”                                                      

L’ARENA a trouvé sa voie en gardant ses portes ouvertes tout en s’adaptant rapidement aux conseils en matière de santé préventive de la Covid-19 très rapidement : “ Nous avons pris des mesures sanitaires pour nous protéger contre la Covid-19. Maintenant, les gens reprennent petit à petit un peu confiance. La mesure la plus importante pour moi est surtout le lavage des mains. J’écoute souvent ce que le professeur Raoult dit concernant la Covid-19. A mon avis, c’est un grand scientifique qui connaît bien ce fléau. Il dit bien que la première précaution à prendre, c’est de se laver les mains, ce que nous avons mis en place depuis le début ”, nous dit Christos KAMBERIS. 

 

Si les restaurants ont pu s’adapter plus ou moins rapidement, ce n’est pas le cas pour les boîtes de nuit. Fermer pendant deux mois les a pénalisés et ce n’était même pas le plus dur : On ne nous a pas laissé le choix de nous adapter. Nous étions tout simplement fermés. Et pour tout compliquer, les bailleurs n’ont rien voulu entendre. Nous devions continuer à payer nos frais de loyer, comme si de rien n’était. Heureusement, quand nous avons été autorisés à reprendre du service, les gens sont revenus vers nous. Bien sûr ce n’est pas comme avant, on sent que la Covid-19 a touché les finances des gens en général, ce qui se répercute sur notre rendement in fine. Mais on rend grâce à Dieu, on a rouvert, c’est déjà ça.”

 

L’après-pandémie : Vers un avenir prometteur?

Pour nos trois hommes d’affaires, l’après-pandémie rime avec optimisme même s’ils semblent conscients que les choses ne redeviendront pas comme avant aussi facilement. Au niveau du Bora Bora Beach, ils tablent déjà sur la diversification des services lorsqu’il faudra entamer une relance des activités.On va encore essayer de relancer le business à zéro. Pour attirer plus de personnes, nous comptons ajouter d’autres services. Avant la pandémie, nous avions un projet consistant à construire un terrain de mini foot pour que les gens qui viennent à la plage profitent en même temps pour faire du sport. On verra s’il y a moyen d’ajouter le service de buffet. On ne s’interdit rien, on va explorer toutes les idées valides”.

Reconnaissant que les gens n’ont pas beaucoup de pouvoir sur la pandémie et ne savent pas comment le combattre, M. KAMBERIS indique: On ne peut rien faire de plus que ce que nous faisons déjà. Nous restons conscients qu’il faudra continuer à appliquer les mesures barrières tant que la pandémie ne sera pas finie. Nous continuons d’être prudents en attendant un remède, un médicament qui guérit complètement ou un vaccin qui va nous débarrasser de ce fléau. ”

Avec l’ouverture des frontières et des aéroports, nous allons rester ouverts, faire quelques travaux et renforcer l’application des mesures barrières. Pour l’après Covid-19, nous sommes en train de prévoir un certain nombre d’événements avec le Cristal Events. Nous gardons espoir que tout se passera bien.” soutient DJ Paulin.

L’ouverture des frontières : un pas vers la normalisation

Qui dit « fermeture des frontières », dit « pas de touristes ». La pandémie de la Covid-19 a occasionné la fermeture des frontières dans le monde entier. Voyant l’évolution de la pandémie, certains pays ont décidé de rouvrir leurs frontières. A l’exception de la circulation des biens et de quelques vols exceptionnels, les frontières du Burundi restent encore fermées. S’il y a une requête commune et partagée que l’on retrouve en chez nos trois hommes d’affaires, c’est bien la réouverture des frontières.

 

On n’espère qu’une chose. Que les frontières ouvrent. C’est très important qu’elles puissent ouvrir. Tout le monde n’attend que ça.” lance Christos KAMBERIS, propriétaire d’ARENA Club à Bujumbura.

Abdoul Edmond soutient la même idée : “ Il faut d’abord que l’ouverture des frontières se fasse et par après, d’autres choses se passeront bien.” 

Paulin BIZIMANA dit DJ Paulin ne s’écarte point de la pensée de ses pairs: “ Nous sommes dans un type de business qui profite beaucoup de mouvements de personnes. Nous espérons que les frontières vont rouvrir bientôt ” conclut Paulin BIZIMANA du Cristal Lounge Bar.

Lynne-Clérina KANYENYERI

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