Il y’a 21 ans, Tchanjo Amissi nous quittait

Il y’a 21 ans, Tchanjo Amissi nous quittait

Tchanjo Amissi©DR

Le sixième jour du mois d’avril en 1996, l’artiste musicien Tchanjo Amissi  quittait ce monde. L’un des précurseurs de la musique moderne burundaise  passait à l’oubli par la même occasion.

21 ans après la mort de l’auteur compositeur Tchanjo Amisi, un instrumentiste de talent, il n’y a pas de concert en hommage de  cet icône de la musique burundaise. Un «paradoxe» comme le dit si bien le titre de sa chanson où  l’illustre chanteur pose un questionnement  sur les facteurs sociaux de ce monde.

Des voix comme Tchanjo Amissi ne devraient pas être oublié si vite. La  commémoration de sa mort amène à réfléchir  sur le sort des œuvres de ces monuments de musique burundaise. Dans les années antérieures, l’Amicale des Musiciens du Burundi  s’était engagé à organiser un événement chaque année dans le but de rendre hommage à tous les musiciens disparus. Miné par sa survie, l’association n’a pas donné suite à cette initiative.

La biographie de Tchanjo Amissi

Né d’une famille modeste en 1957 au quartier swahili au nord du pays en province de NGOZI, Tchanjo Amissi se révèle  brillant aussi bien dans ses études qu’au football et dans la musique qui le rendra célèbre plus tard. Durant les années 60, il fréquente tour à tour l’école primaire catholique des garçons et  le collège Don Bosco de NGOZI. Tchanjo fera un passage à l’université du Burundi dans la Faculté des Lettres, puis il enseignera le français à l’Ecole Normale de l’Etat(ENE), l’actuel Lycée Ngagara.

Dès l’école secondaire, il se découvre un grand talent pour la musique. En 1977, alors âgé de 19 ans, il intègre la radio nationale comme musicien de l’orchestre AMABANO et démarre sa carrière musicale avec la chanson « NTACICA NK’IRUNGU » (rien ne tue comme la solitude).Sa carrière musicale ne fait que commencer.

En 1981, il reçoit le prix MOULIN D’OR en Hollande avec le groupe AMABANO. Toujours en 1981 mais cette fois en solo avec sa guitare à 12 cordes, il obtient le prix CALAO à Dakar grâce à sa chanson « UMVA  IYO NGANJI ».Il produira plus tard une dizaine de chanson où tous les thèmes se retrouvent avec des chansons comme « UMUGABO W’UKURI », « GARUKIRA AHO », « MUVYEYI NOGUSHIMIRA GUTE » « MBEGA MUKOBWA » etc.

Malheureusement l’artiste n’a pas profité de ses œuvres. TCHANJO mourra  en 1996 des suites d’une longue maladie, faute de moyens pour se faire soigner .Dix ans après sa mort, la fondation Tchanjo Amissi est créée en mémoire de  l’artiste.  M. Simon,  président de cette fondation  déplore qu’un artiste aussi  talentueux meure dans la pauvreté la plus totale.

Pour immortaliser l’artiste, la fondation va constituer un recueil de ses chansons afin de les sauver de l’oubli. Toutefois, la fondation réclame que sa famille perçoive des droits d’auteurs. Ses chansons aux paroles ô combien profondes, symboliques et imagées  ont fait danser le peuple burundais. Elles ont fait rêver certains et pleurer d’autres.  Ewe Burundi, l’une d’entre elles, indiquait jusqu’en 2008 l’ouverture de la Radio Télévision Nationale du Burundi.

Armand NISABWE

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