Il fut une époque où le Burundi ne suivait l’info sportive que 2h par semaine

Il fut une époque où le Burundi ne suivait l’info sportive que 2h par semaine

Photo d’illustration: Un post recepteurv©Akeza.net

De nos jours, les radios diffusent à longueur des journées les informations sportives. Mieux encore, le flux de ces informations est disponible à portée de mains : nos téléphones, ordinateurs et d’autres outils de communications sont bombardés de notifications à chaque instant. Difficile de rater le score en live. Il n’a pas toujours été ainsi.

Autrefois, le Burundi ne suivait que 2 heures d’informations la semaine. Le lundi de 22h à 23h dans une émission consacrée entièrement aux résultats et réactions des matches du weekend, et vendredi  toujours de 22h à 23h dans une émission aux couleurs de l’actualité du weekend. Oui c’était tout le Burundi qui suivait les informations pendant ces 2 heures. N’étant pas encore à l’heure de la pluralité des médias, les amateurs du sport se contentaient de suivre la 1ère chaine de la Radio Nationale du Burundi. Toutefois, ceux qui parlent la langue swahili avaient leur  tour à la 2ème chaine.

L’époque qui a bercé notre jeunesse

Ainsi, des générations et des générations ont grandi en suivant ce rythme. Pour rien au monde on ne pouvait rater cette émission. « J’adorais suivre cette émission. Je crois que cette période où mes frères mes cousins et moi nous réunissions autour d’un poste récepteur pendant les vacances me manque. A l’époque, l’émission était présentée par Tharcisse Tungabose. Sa diction, la musique qu’il balançait en marge de son émission nous marquaient beaucoup», nous révèle Albert B., un inconditionnel des stades.

Cette période a eu de l’impact sur le paysage médiatique burundais.Nombreux sont les journalistes sportifs qui se sont inspirés des animateurs de l’époque. Même avec la pluralité des médias, certains organes de presse maintenaient le rythme de 2 heures d’informations sportives la semaine. «Les responsables de nos médias ne comprennent pas pourquoi on accorderait beaucoup d’espace à l’information relative au sport» commente un journaliste des sports, membre de l’Association Internationale de la Presse Sportive.

De 2 heures aux heures de grande écoute

Les choses ont changé avec l’ouverture de la Radio REMA FM. Contrairement aux pratiques habituelles que faisaient presque toutes les radios, les amateurs ont eu droit à l’émission sportive 5 jours/ semaine, de 21h 22h, et un flash de l’actualité sportive chaque fois après le journal en Kirundi de la mi-journée. En quelques jours, le présentateur de l’émission  à l’instar de Styves Derrick Ndizeye était devenu une célébrité.

Depuis 2015, les choses ont changé. Maintenant les émissions de sports constituent les grandes heures d’écoute dans la journée ainsi que le soir. Fini l‘époque où si l’on ratait l’émission de lundi, on devait se contenter de l’émission du vendredi soir.

Avoir un décodeur au bouquet premium restant toujours un luxe que tout le monde ne peut pas se payer, ces radios transmettent en direct les grands rendez-vous comme la ligue des champions, la Coupe d’Afrique des Nations, le Mondial, etc.

Il faut dire qu’on en a fait du chemin…

Armand NISABWE

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