IDEC : « Beaucoup de devises actuellement thésaurisées par manque de confiance des acteurs du marché »

IDEC : « Beaucoup de devises actuellement thésaurisées par manque de confiance des acteurs du marché »

Vue partielle des participants à l’atelier

A l’occasion  de l’atelier de validation des projets d’articles de la revue de l’IDEC(Institut de Développement  Economique du Burundi)du 1er semestre 2016-2017 qui s’est tenu ce vendredi 31 aout 2016 à l’Hôtel Royal Palace de Bujumbura,l’IDEC  a profité de cette occasion pour présenter un travail de recherche sur l’Analyse du fonctionnement du marché de change et des causes de l’envolée du cours de change du Franc Burundais.

 

Selon l’enquête d’opinion menée par l’IDEC sur demande de la Banque de la République du Burundi, le marché de change est un  lieu physique où se rencontre les vendeurs et acheteurs pour échanger la monnaie nationale contre  les devises étrangères. La même enquête montre que les banquiers reconnaissent sa qualité de marché comme les autres (offre, demande et prix) mais considèrent que la règlementation du marché de change le différencie des autres marchés de biens et services. Quant aux responsables de bureaux de change, l’enquête a montré que ces derniers affirment être au courant de la réglementation mais insistent sur le fait  qu’un taux plafond de 1% autour du taux de référence publié par la BRB constitue une contrainte pour leurs activités car il ne permet pas de générer des profits, argument partagé avec les banquiers.

 

Les responsables des entreprises importatrices ont été également soumis  à l’enquête de l’IDEC. Les résultats ont montré que ces derniers  s’approvisionnent généralement dans les banques commerciales à 98 % .Mais certains ont avoué qu’ils peuvent compléter leurs besoins en devise avec les approvisionnements des bureaux de change. Ils font savoir que les montants injectés sur marché interbancaire des devises par la Banque centrale ne suffisent pas pour couvrir les opérations en devise. Dans cette enquête, les importateurs des produits pétroliers ont indiqué que leurs fournisseurs suspendent des fois leurs livraisons suite aux factures impayées, d’où la pénurie fréquente du carburant au Burundi.

 

Du sentiment de marché

Les responsables des bureaux de change ont répondu qu’en cas de signal d’une crise probable, les demandeurs achètent les devises par peur. Les gens se précipitent aux bureaux de change pour convertir leurs FBU en devise et les thésaurisent et  les devises deviennent très rares.Dans une telle situation, les devises sont achetées à un prix excessif et la vente l’est davantage. Lorsque la peur s’installe, ceux qui ont des devises les retiennent au moment où ceux qui n’en disposent pas sont  à leur recherche.

Le taux de change officiel qui ne concorde pas avec l’état du marché,   l’offre  en devises ainsi que la faiblesse de la marge bénéficiaire de 1% font partie des principales difficultés auxquelles font face les responsables des bureaux de change. Les chercheurs de l’IDEC sont revenus sur l’importance d’un dialogue réaliste et sans faux fuyants entre tous les acteurs concernés pour s’entendre sur les voies de sorties de la crise actuelle.

 

Alexandre NDAYISHIMIYE⁠⁠⁠⁠

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