L’incroyable histoire de Placide HORIZANA, volleyeuse et mère à 41 ans !

L’incroyable histoire de Placide HORIZANA, volleyeuse et mère à 41 ans !

Il est très rare de rencontrer des joueurs, encore moins des joueuses qui sont dans la quarantaine et qui s’adonnent toujours au jeu. Nombreux sont ceux qui, à cet âge préfèrent prendre la retraite et s’ouvrent à la vie dite active. Si on dit que dans le sport ce n’est pas l’âge qui définit la fin d’une carrière mais que c’est le corps, Placide HORIZANA, 41 ans, volleyeuse et mère, semble avoir compris cela. Evoluant sous les couleurs du club New colombe, cette femme passionnée du volleyball, nous emmène dans son univers où le service et la réception sont ses coups de cœur…

Même si on dit qu’avec l’âge, les capacités fonctionnelles de l’organisme ne sont évidemment plus ce qu’elles étaient, Placide HORIZANA prouve le contraire. Elle est une exception dans le monde du volleyball féminin au Burundi. Avec sa posture, sa détermination et ses déplacements sur terrain, sa technique de service et de réception, on a l’impression qu’elle ne prend pas l’âge. Ce sera donc en toute fierté que cette quadragénaire nous raconte son histoire d’amour avec le volleyball qu’elle berce depuis l’âge de 15 ans soit en 1993, période pendant laquelle le pays est secoué par une guerre civile.

La période de la guerre n’épargne pas Placide qui venait de réussir le concours national. « Je m’apprêtais à entrer en 7ème au Lycée Bukirasazi quand la crise a éclaté. J’ai failli mourir. Je remercie tous ceux qui m’ont aidé à sortir de ce gouffre. J’étais traumatisée, c’était la première fois que je voyais des personnes qui s’entretuent ou encore des corps sans vie », se souvient-elle. Quand l’écueil est réparé, Placide rejoint sa grande sœur qui vivait à Gitega. C’est de là qu’elle apprendra à taper au-dessus du filet pour essayer de panser les plaies de cette tragédie grâce à sa sœur qui l’emmenait de temps en temps au volley. « C’est donc à partir de là que je suis tombée sous le charme de ce jeu et ce fut le point de départ. Je n’ai vraiment pas eu d’obstacles au début, par contre le sport m’a vraiment aidé à guérir ce traumatisme ».

Tout est passion

Née le 23 novembre 1978, cette native de Mugero, commune Gisozi, en province Mwaro va vivifier sa passion quand elle entre au Lycée St. Thérèse de Gitega (ENF). Nous sommes en 1996. Elle intègre l’équipe de volleyball de son lycée où elle remporte beaucoup de coupes dans des championnats interscolaires. Elle offrira donc ses services au volleyball jusqu’à la fin de ses études en 2002.

Aujourd’hui, mariée et mère d’un enfant avec ses 27 ans à baigner dans cette discipline et 17 ans (depuis 2003) dans les rangs du club New Colombe (championne 2017), Placide est plus que jamais déterminée. « Elle aime beaucoup le volleyball. C’est du moins sa passion. Je garde d’elle sa bonne défense quand on jouait ensemble », témoigne Liliane Nshimirimana, son ancienne coéquipière et présidente de l’Association des Journalistes des Sports du Burundi (AJSB).

Quand on lui demande comment à son âge, au lieu de prendre la retraite (comme les autres),elle continue à jouer dans le championnat, Placide répond. « L’âge c’est dans la tête. Non seulement le sport t’aide à garder la forme mais également il te prévient contre les maladies opportunistes. C’est pourquoi je ne peux pas arrêter ».

Une vie de sportive et de famille

Etre mère et joueuse, qu’en disent ton mari et ton entourage ? Voici ce que Placide confie d’un ton humoristique : « Il n’y a aucun problème parce que mon mari m’encourage bien et il est très fier de moi. Des fois s’il trouve du temps, il m’accompagne sur terrain. Et quand je le vois, je rougis comme un lion sur terrain, le moral monte ». Et de renchérir : « Pour ce qui est de l’entourage, ils sont au courant que je joue au volleyball. Et d’ailleurs je me balade le plus souvent en culotte. Il y a même un voisin qui a demandé à mon mari pourquoi je porte tous les jours des culottes à la place des pagnes. Il lui a répondu que ce n’est pas un problème: c’est une joueuse, lui avait-il répondu », indique-t-elle

Comme il faut de temps en temps dire un mot sage ou deux, Placide conseille à d’autres femmes de ne pas abandonner le sport parce qu’elles se sont mariées mais de continuer puisque le sport n’est pas mauvais, plutôt c’est un manque à gagner. A 41 ans, Placide ne compte pas encore s’arrêter (à cause de l’âge) puisque le volley-ball est plus qu’un sport, une passion. « La flamme n’est pas encore éteinte », affirme-t-elle fièrement.

Fleurette HABONIMANA

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