Hip-Hop Day: Du flow, de la vigueur et de la rime pour l’amour du Hip-Hop !

Hip-Hop Day: Du flow, de la vigueur et de la rime pour l’amour du Hip-Hop !

Hip-Hop Day: Du flow, de la vigueur et de la rime pour l’amour du Hip-Hop ! ©Akeza.net

Le vendredi 30 août, la scène Hip-Hop burundaise s’était donné rendez-vous pour une journée spéciale. Dénommée Hip-Hop Day, l’objectif de cet évènement, initiative du label Rockstone Kingdom,  était de rendre au mouvement hip-hop burundais ces lettres de noblesse. Dans un univers musical où les rappeurs ne sont pas toujours considérés comme de vrais artistes, il avait fallu, à défaut de la recevoir, revendiquer sa place d’artiste. C’est ce qu’ont tenté de faire les rappeurs burundais. Et si l’évènement n’a pas tenu toutes ses promesses, nous en aurions retenu quelques choses.

 

Le positif

Certes, le Hip-Hop Day n’a pas connu le succès qu’on lui espérait, mais cet évènement a attiré notre attention sur quelques points positifs qui méritent qu’on les explique à ceux d’entre nous qui ont une image plus ou moins écorchée du mouvement hip-hop au Burundi.

Avant toute chose, nous retiendrons l’amour des rappeurs pour leur discipline. En effet, la quasi-totalité des rappeurs invités à cet évènement étaient présent. Sans compter beaucoup d’autres venus pour soutenir les leurs et donner de la force à cette fête. C’était intéressant de voir l’envie et la volonté de ces rappeurs de faire valoir leur art, de le porter haut, malgré l’hostilité du public ou même des autres acteurs de la scène musicale burundaise.

Convaincu de l’importance du message qu’ils portent dans leur musique, les rappeurs veulent faire valoir leur droit à figurer sur l’échiquier de la musique burundaise.

« Je le dis souvent et je n’arrêterai jamais de le dire. Le hip-hop n’est pas une musique de voyous ou de personnes sans éducation. C’est une musique avec un message. Une musique qui dit des choses, qui parle aux gens. C’est vrai qu’il y a certains qui n’ont pas toujours un bon comportement, mais il faudra que les gens apprennent à nous différencier et à ne pas nous mettre tous dans le même panier », nous dit B-Face lors du Hip-Hop Day.

Qu’ils soient gospel ou séculier, de Bujumbura ou d’ailleurs, ils avaient répondu présent. B-Face, Fabelove, Big Zoé, Kay Jay, Alvin Smith, Kirikou, Revost Nigga, Liyo (France), Zig Zagg (Bururi), El Malakay, Red V, Berry Bernice, Nasha Floxx, Gitiritiri, pour ne citer que ceux-là. Il y avait du rappeur dans tous les coins. Il y a avait aussi des chanteur tels que Tomson ou encore Double Jay qui étaient là pour apporter leur soutien. Sans oublié les DJs Mario, Moses et CB. Un spectacle d’une rare beauté pour un mouvement souvent marginalisé.

Le second point positif est la solidarité que l’on retrouve dans ce mouvement. Certes, aucun groupement humain n’est à l’abri des conflits, mais chez les rappeurs burundais, l’amour de la cause a quelque peu pris l’ascendant sur les considérations personnelles. On aura pour preuve, l’exercice freestyle (improvisation) à laquelle tous les rappeurs présents au Hip-Hop Day se sont livrés.

Comme à ses origines, le rap c’est un DJ, de la musique et un artiste derrière le micro. Et c’est sans distinction de rang, de niveau de rap, de flow ou encore de notoriété que les rappeurs se sont livrés à cet exercice, s’accompagnant mutuellement. On aura même eu droit à une reprise du morceau « Dogo » de Fabelove accompagné de B-Face, à qui la rumeur veut que la chanson soit adressée. Aucune animosité, que du plaisir de partager la scène et d’envoyer des rimes dans toutes les langues possibles. Cette scène aura été le clou du spectacle du 30 août. Et même devant un public en petit nombre, rien ne pouvait gâcher ce moment. Ils étaient là pour l’amour du hip-hop.

Le négatif

Si le Hip-Hop Day avait réuni une belle palette de rappeurs burundais, l’évènement n’a pas tenu toutes ses promesses. Il faut dire que la météo de ce jour-là n’a pas joué en faveur des organisateurs. En effet, une pluie presqu’interminable est tombée en cet après-midi du 30 août. De quoi décourager certains d’entre nous qui avait senti le besoin de prendre part à cet évènement. Il aura fallu déménager plus d’une fois pour commencer la fête qui a quand même commencé avec plus de 3 heures de retard.

L’autre point négatif fut la qualité de la sonorisation qui n’était pas des plus efficaces. Puisqu’il faut se le dire, les rappeurs ont eu du mal à faire entendre leur voix. Ce qui, pour le mélomane présent, était loin d’être un moment de plaisir.

Certains reprocheront à l’organisation d’avoir placé l’évènement dans un endroit pas très adapté à l’évènement. Trop loin, difficile d’accès, pas très adapté à ce genre d’évènement, autant de reproches qui font que le Hip-Hop Day rende une copie loin d’être satisfaisante.

Quoi qu’il en soit, le Hip-Hop n’aura pas totalement été un raté, avec ou sans le public, les rappeurs ont pour une fois eu l’occasion de se réunir autour de leur passion, partageant ainsi un moment unique pour le mouvement hip-hop au Burundi. Ne se décourageant pas, ils sont prêts à remettre le couvert l’année prochaine et tenter de faire mieux. On croisera les doigts pour une éventuelle seconde édition.

 

Moïse MAZYAMBO

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