Grand-mère, raconte-nous une histoire…

Grand-mère, raconte-nous une histoire…

Photo d’illustration d’une grand-mère, de sa fille et sa petite fille au milieu ©DR

Avec une mémoire qui n’est guère bonne, grand-mère a voulu nous partager un de ses souvenirs qui la fait encore sourire après tant d’années. Celle du jour de son mariage, le plus beau jour de sa vie. Et ce, même après plus de 55 ans sans avoir une image illustrative de ce grand jour.

Retour en 1959 quand on s’est rencontré. Il était beau, élancé, de gros yeux et avait fait des études. A cette époque, aller à l’école était un gâchis puisqu’une fille devait rester à la maison pour aider sa mère à faire les tâches ménagères. Il avait cette habitude de se vêtir en blanc de la tête au pied ; un maillot de corps blanc (ifurani en kirundi), une chemise blanche et une culotte blanche.

Il tenait une boutique d’un grec nommé Polius. C’est là que je l’ai rencontré. Il connaissait quelques mots grecs. Facile de tomber sous le charme. Il m’a aussi vu à l’église un dimanche et peu de temps après il a commencé à me parler quand je me rendais à la boutique.

Il avait l’habitude de s’assoir au fond de l’église et moi sur les bancs de l’avant. Si une fois je me retournais, que je le voyais, je me mettais à sourire et je ne me retournais plus jusqu’à ce que la messe prenne fin.

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Après la messe, je rentrais en courant pour qu’il ne me parle pas. J’étais trop timide. Il donnait à ma sœur, Clémence tout ce qu’il avait acheté pour moi. Et quand j’allais à cette boutique où il travaillait, il m’offrait toujours un panier remplit de savon (appelé Malashi), de la crème de peau, etc.

 

Le jour du mariage

C’était un peu différent des mariages d’aujourd’hui. Comme la tradition l’exigeait, la future mariée devait quitter la maison de son père la veille de son mariage. Le père de famille quant à lui, se réveillait avant même que les oiseaux ne commencent à chanter et partait. Où? Personne ne le sait. Il devait quitter la maison avant que toute autre personne ne se réveille pour donner du temps à sa fille de se préparer, faire ses adieux et partir sans qu’elle ne le voit pas. Les parents de la fille n’allaient pas au mariage de leur fille.

Je me suis mariée un jeudi. Arrivée le mercredi, je n’ai pas entendu mon père s’en aller. Je me suis préparée et ma mère m’a accompagnée jusqu’à quelques mètres. On a un peu discuté, pleuré pour au final m’en aller avec quelques-unes de mes amies qui m’accompagnaient.

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La nuit arrivée, on a demandé qu’on nous héberge, et le matin on a repris notre route jusqu’à l’église. Derrière un buisson, près de l’église, on avait rendez-vous avec un des témoins pour me remettre les habits et chaussures du grand jour. Je les ai enfilés et je suis partie rejoindre mon futur mari. Cette fois, il était assis sur le premier banc de l’église.

Cachotier qu’il était, il m’avait réservé une surprise…

A suivre…

 

Propos recueillis par Miranda Akim’

 

 

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