GLICE Burundi: Rencontre avec Khélia NIBARUTA, développeuse d’applications Web

GLICE Burundi: Rencontre avec Khélia NIBARUTA, développeuse d’applications Web

La deuxième entrevue des femmes dans les métiers qui étaient jusque-là de véritables bastions « masculins » nous emmène sur la piste de Khélia NIBARUTA, une développeuse d’applications Web. Bachelière en Génie logiciel, Khélia est une passionnée du langage informatique. Encadrée par l’Asbl GLICE Burundi, Khélia nous offre un tour dans son quotidien. Comment travaille-t-elle sur le développement d’applications web ? Quels sont ses défis? Quelles sont ses ambitions ?  Le point avec elle.

Il faut dire que les lignes de code n’ont pas toujours coulé dans le sang de Khélia. Alors qu’elle vient de décrocher son diplôme d’Humanités Générales (section Scientifique B) au Lycée de Busiga en province de Ngozi, c’est l’image d’une future doctoresse qui domine son esprit.  Eh oui, elle se voit en blouse blanche avec un stéthoscope, car voyons, c’est la médecine qui fait rêver certains depuis bien longtemps.

Elle passe alors le test d’entrée dans la  faculté de Médecine. En attente des résultats, Khélia décide de s’inscrire dans la faculté d’informatique (département de Génie logiciel)  à l’Université du Lac Tanganyika au cas où elle ne réussirait pas le test. Puis son monde imaginaire change. « Quand j’ai fait mon entrée dans la faculté d’informatique, j’ai trouvé cela très intéressant. J’ai tout à coup embrassé ce domaine avec engouement pour en faire toute une carrière. J’ai donc décidé de rester », raconte-t-elle.

C’est ainsi que Khélia va se retrouver dans ce monde de la programmation et de l’algorithme. Un monde créatif qu’elle va affronter avec ferveur. Le génie logiciel ou encore le développement d’applications.  Si au début ses parents trouvent cela normal pour leur fille, l’entourage le voit d’un autre œil. « Les voisins et les amis ne comprenaient pas pourquoi une fille voulait poursuivre de telles études. Ils s’exclamaient à chaque fois et ne cessaient de me demander le pourquoi du comment  ».

Khélia NIBARUTA en pleine conception d'une application.©Akeza.net

Khélia NIBARUTA en pleine conception d’une application.©Akeza.net

Quid de l’aventure avec GLICE ?

Comme les jeunes lauréats des universités ont du mal à se trouver des brèches où ils peuvent combler le fossé entre la théorie (apprise à l’école) et la pratique, son université a noué un partenariat avec  l’Asbl GLICE qui offre des formations pratiques aux jeunes lauréats dans les filières scientifiques et techniques, afin de contribuer à leur insertion professionnelle. A la fin de son cursus de premier cycle en Génie logiciel en 2019,  son université lui propose un stage professionnel au sein de GLICE Burundi. Et c’est le début de l’aventure. « Ça me fait plaisir de me retrouver ici. On développe des applications web avec mes collègues pour les entreprises et les organisations. Nous avons des formateurs qui maîtrisent bien ce domaine. Ils nous aident énormément à nous familiariser avec le milieu professionnel  ».

Pour ceux qui pensent que le développement d’applications est un bastion d’« hommes », Khélia ne donne pas raison. « Il n’y a pas de métiers d’hommes, c’est juste la mentalité des gens. Il faut qu’on soit des modèles pour leur montrer qu’on est aussi capable tout autant que les hommes. Si tu ne fais pas ce que tu aimes, il n’y aura personne pour le faire à ta place. J’interpelle les filles qui bossent dans ce genre de domaine à ne pas prêter oreille au négatif. Mais de se dire qu’il faut faire le premier pas et oser, essayer dans toute chose. L’égalité de genre et de chance est de mise chez Glice ».

A 24 ans, cette jeune développeuse d’applications est en pleine conception d’une application web de gestion d’un garage automobile. Toutefois, dans ce monde dit « masculin », elle brave moult défis. «  Il y a des endroits où je vais et on me sous-estime soi-disant que je suis une fille et que je ne peux pas réussir le développement d’applications. Cela me fait mal mais ça ne me décourage pas. Je vais foncer », confie-t-elle.

Bien qu’elle ne soit pas encore au sommet, sa plus grande ambition : créer sa propre firme dans le domaine du commerce en ligne. Une entreprise qui pourra aider les éleveurs et les agriculteurs  à intégrer le monde digital en mettant à leur disposition des applications qui les aident à gérer leurs investissements, leurs  employés ainsi que leurs bénéfices.

Fleurette HABONIMANA

 

Comments

comments