GLICE Burundi: Rencontre avec FURAHA Adnette, une électronicienne-gestionnaire d’un centre de collecte de déchets électriques et électronique

GLICE Burundi: Rencontre avec FURAHA Adnette, une électronicienne-gestionnaire d’un centre de collecte de déchets électriques et électronique

Alors que le lien direct entre le cursus scolaire et le monde du travail devient de moins en moins évident, les jeunes lauréats en font les frais. Un défi que l’association GLICE Burundi (Great Lakes Initiative for Communities Empowerment) s’est engagée à relever depuis l’année 2010. GLICE offre des formations pratiques aux jeunes dans les filières scientifiques et techniques, afin de contribuer à leur insertion professionnelle. Notre visite au sein de cette association nous a permis de rencontrer 3 jeunes femmes dans les métiers, qui étaient jusque-là de véritables bastions « masculins » : l’installation électrique et l’électronique, le développement d’applications ainsi que la Robotique.

La première entrevue nous a mis sur la piste de Furaha Adnette, une jeune femme électronicienne qui prête son savoir-faire au sein d’un centre unique de gestion écologique des déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) au Burundi.

Elle est parmi les rares jeunes lauréats qui ont eu la chance d’embrasser un domaine compatible avec leur formation. Lauréate de la section électronique à l’Ecole Technique Secondaire de Kamenge (ETS), Adnette travaille depuis 5 ans en tant que gestionnaire au sein de cet unique centre de collecte des DEEE au Burundi. Sis à Carama, cet établissement collecte et recueille des e-déchets qui sont en fin de vie : les ordinateurs portables, les photocopieuses, les anciens téléviseurs, des piles, des accumulateurs, des appareils électroménagers etc…

Le plus souvent, ces déchets sont gardés pendant longtemps dans les ménages faute de connaitre leurs méfaits. En effet, les e-déchets en fin de vie contiennent des substances toxiques (comme du chlore, le mercure, le plomb,…) nuisibles pour la santé des populations (cancers, troubles respiratoires…)  et  l’environnement. Ce qui constitue un grand défi dans plusieurs pays et en particulier au Burundi en matière de leur gestion. « Certaines gens ignorent encore leur danger. Au lieu de s’en débarrasser pour des structures appropriées, ils préfèrent les mélanger avec des déchets organiques. Il faudrait qu’ils les amènent au centre, nous savons comment les démonter sans danger  »,  met en garde Mlle FURAHA.

Une fois collectés, ces e-déchets sont triés et stockés par catégorie. Elle explique le processus: « Avant tout, on démonte chaque équipement. Ensuite, on sépare le fer et les plastiques. Puis on prend les composants de chaque équipement et on les range par type, marque, modèle, numéro de série,  poids etc. Après on les stocke les uns pour une revalorisation ici au pays. D’autres sont envoyés à l’étranger en vue d’un recyclage pour en extraire la matière première secondaire dans des structures spécialisées ainsi que pour leur dépollution  ».

 

Joindre l’utile à l’agréable

Unique fille au sein de ce centre, Adnette confie qu’elle se sent à l’aise dans ce domaine dit d’hommes. « Le fait que je sois une jeune femme dans un métier d’hommes ne m’a jamais complexé. Chez moi, ils me comprenaient parce que j’avais fait la technique. Je me balade même dans les rues du quartier avec mes combinaisons de travail (tablier, cache-poussière, gants, chaussures appropriées) , voire en ville,  sans honte. Il n’y a pas de métiers d’hommes. Il faut juste être passionné. Je suis fière d’apporter mon soutien à mes collègues de sexe masculin », dit-elle avec un sourire.

En marge de son occupation professionnelle, Adnette poursuit ses études supérieures en administration et gestion des affaires à l’université des Grands Lacs (programme du soir). Pour elle, être au service de GLICE Burundi l’aide à joindre l’utile à l’agréable. « Je peux maintenant subvenir à quelques besoins. J’aimerais aller loin, gravir les échelons dans l’avenir ».

 

Cette visite au sein du centre nous a permis de contempler les couvercles en plastique d’ordinateurs de bureau et des anciens TV qui sont transformés en pots de fleur ou d’autres objets de décors. On apprendra à l’occasion, que l’association prévoit d’ouvrir un centre national de gestion des Déchets Solides Spéciaux(DSS) au sein duquel, elle pourra aussi gérer les déchets biomédicaux, industriels, etc. « Ce sont les financements qui tardent », indique son représentant légal, M. Roger Ouedraogo.

Fleurette HABONIMANA

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