Gaudence et Justine: le triomphe de deux jeunes femmes sourdes mais entrepreneures

Gaudence et Justine: le triomphe de deux jeunes femmes sourdes mais entrepreneures

C’est entre la 8ème avenue et la 9ème avenue du quartier Gitega dans la zone Kinama (mairie de Bujumbura) que les deux jeunes femmes tiennent leur atelier de couture. Ces jeunes femmes ont en commun un handicap, celui de la surdité. A peine engagé la conversation, on apprendra d’elles que l’une s’appelle Gaudace HARERIMANA, l’autre Justine RUGERINYANGE. Elles ont respectivement 31 et 29ans. Au fil de la conversation, toutes les deux nous apprennent qu’elles ne sont pas nées sourdes, mais qu’elles le sont devenues lorsqu’elles sont tombées malades. Gaudence est tombée malade à 2 ans après sa naissance, Justine à 4ans.  Justine se souvient que toute petite, elle ne cessait de pleurer à cause de sa maladie. De cette maladie se développera la surdité. Un handicap qu’elles ont accueilli, accepté et grandi avec.

Dès leur plus jeune âge, les parents ne les délaissent pas. Elles sont soutenues. Les parents les emmènent à l’école. Toutes deux feront leurs études primaires à l’EFATA de Kanyosha. C’est là d’ailleurs que Gaudence et Justine se sont rencontrées et tissé des liens entre elles. Elles y ont appris la langue des signes, le français et bien d’autres.

L’année 2007 marque un tournant dans leurs vies. C’est cette année-là qu’elles entrent dans la vie active. Elles commencent par le commerce. Peu après, elles suivent une formation en couture avec l’appui de l’UPHB (Union des Personnes Handicapées du Burundi). Au sortir de la formation, l’UPHB leur offre des machines à coudre. De ces machines, elles sauront bien tirer profit. Leurs vies se sont considérablement améliorer depuis.

 

Comment communiquent-elles avec les clients ?

Une question qui mérite d’être posée. C’est par la langue des signes qu’elles communiquent avec leurs clients. Si un client se présente à l’atelier, elles lui montrent les modèles. Le client touche le modèle qui l’intéresse. Elles s’occupent du reste. C’est cette langue même qui les aide à communiquer lorsqu’elles se rendent au marché, à l’hôpital, etc. En général, ça se passe bien pour la communication quotidienne, si non il leur arrive de faire appel à un interprète lorsqu’il y a de l’incompréhension.

Gaudence et Justine appellent les autres personnes frappées de surdité à ne pas croiser les bras, mais de se prendre en main en se formant à différents types de métiers. Le fait de ne pas pouvoir parler avec les mots ne les prive pas pour autant de langage.

Elles font également un clin d’œil aux familles des sourds pour que ces dernières restent aux côtés de leurs enfants et les accompagnent. Si aujourd’hui elles s’en sortent, c’est parce que leurs familles les ont aidées. N’eut été le soutien de leurs parents, elles croupiraient jusqu’aujourd’hui dans la misère.

 

Arthur BIZIMANA

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