« GASAPE », le Facebook burundais ?

« GASAPE », le Facebook burundais ?

L’avènement des réseaux sociaux a, aujourd’hui, plus que jamais changé la manière qu’ont les personnes d’interagir. De Facebook à Whatsapp, en passant par Twitter ou TikTok, les moyens de communication sont multiples. La course à la technologie étant devenu l’un des enjeux majeurs de notre ère, de nombreux pays rivalisent d’ingéniosité et d’innovation pour proposer les meilleurs moyens de communication. Le Burundi entre lui aussi dans cette course effrénée avec la création de ce que l’on peut appeler le premier réseau social burundais. Une entreprise rendu possible par Perry Saxe GATEKA, qui lance à ce jour « GASAPE ». Une plateforme qui devrait permettre aux burundais d’échanger et de communiquer encore plus facilement.

 

Une plateforme 100% burundaise

Lancé officiellement ce jeudi 4 mars 2021, « GASAPE » se veut être le réseau social des burundais pour les burundais. Pour son créateur, cc, il était temps que les burundais arrivent à créer des choses par eux-mêmes. Prenant exemple sur d’autres pays du globe où des réseaux sociaux locaux ont réussis à s’imposer comme des références dans la communication entre les personnes, GASAPE veut prendre le pas de l’innovation et s’installer à son tour comme le réseau social de référence des burundais. Cela prend d’autant plus de valeur lorsque l’on regarde la propension d’utilisateurs Facebook au Burundi. « Aujourd’hui, une plateforme comme Facebook est utilisée par plus de 70% des internautes. Cela veut dire que si nous avons, par exemple, 5 millions d’utilisateur d’internet, 3,5 millions d’entre eux utilisent Facebook. La preuve qu’aujourd’hui, le Burundi emprunte le chemin du progrès. », faisait remarquer Mr GATEKA lors de conférence de presse du lancement de sa plateforme.

Perry Saxe GATEKA, créateur de GASAPE ©Akeza.net

GASAPE serait la preuve que la volonté est le premier pas vers l’accomplissement de grandes choses. Et loin de réinventer la roue, le réseau social serait avant tout une forme de réappropriation des codes du monde des réseaux sociaux en y ajoutant une étiquette burundaise. Mais au-delà, ce serait une preuve du savoir-faire burundais en matière de technologie de l’information et de la communication.

 

Comme Facebook, mais pas vraiment

« A défaut de véritablement créer quelque chose de nouveau, autant s’inspirer de ce qui se fait de mieux en termes de réseaux sociaux », explique Perry Saxe GATEKA. En effet, GASAPE ne semble pas très différent d’un réseau social comme Facebook. Comme ailleurs, la plateforme permet de de publier des textes, photos et vidéo sur son fil d’actualité ; d’aimer, commenter et partager les publications d’autres utilisateurs ; de créer une fan page ou encore de discuter avec ses amis via Gasape Messenger. Cependant, si la plateforme ressemblerait à une copie burundaise de Facebbok, la plateforme offre des fonctionnalités qui la rendent particulière.

 

Le réseau social dispose d’un système de notation qui récompense chacune des actions que l’on pose. Publier, aimer, ou partager vous font gagner des points susceptibles de vous faire gagner de l’argent. Une politique de la récompense qui s’applique également lorsqu’un utilisateur invite d’autres personnes à rejoindre la plateforme. GASAPE fait également office de marché en ligne permettant aux utilisateurs de vendre des produits directement sur la plateforme avec un système de paiement intégrant différents moyens électroniques, y compris des systèmes de mobile banking comme Ecocash etc.

 

Pour ce qui est de la sécurité des données personnelles, Perry Saxe GATEKA affirme que les données de chaque utilisateur sont cryptées et ne peuvent pas être utilisées par un autre. Cela est également le cas pour les discussions via Gasape Messenger qui, elles, sont chiffrés de bout en bout à la manière de Whatsapp ou Signal. Un accent particulier est donc mis sur la sécurité lorsque l’on connait la montée du piratage sur différentes plateformes. Enfin GASAPE met un accent sur la modération sur la plateforme. Au lieu d’utiliser des robots, la plateforme fait appel à une équipe de modérateurs qui auront la lourde tâche de limiter l’usage de propos insultants, discriminants, violents et inappropriés.

Bref, une plateforme comme les autres mais pas totalement

 

Rêver grand

Depuis son lancement, la plateforme affiche plus de 700 utilisateurs actifs. Mais pour Perry Sax GATEGA, l’objectif est d’atteindre les 2 millions d’utilisateurs d’ici 1 an. Pour cela, il faudra compter sur l’appui des utilisateurs burundais pour atteindre un objectif aussi ambitieux. « Je n’ai jamais su rêver petit. J’ai toujours eu de grandes ambitions. Et pour GASAPE, nous comptons atteindre les 2 millions d’utilisateurs d’ici un an », dit Mr GATEKA.

La croissance espérée de GASAPE est également à l’image d’une autre ambition de la plateforme. Celle de créer des emplois. L’objectif est de de créer 500 à 1000 emplois d’ici 5 ans.

Des objectifs ambitieux qui, s’ils sont atteints, pourrait inscrire GASAPE dans la très courte liste de pionniers des nouvelles technologies au Burundi. En attendant, on ne peut que lui souhaiter bon vent.

 

Moïse MAZYAMBO

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