Fuite de cerveaux : Le Burundi peut-il arrêter l’hémorragie ?

Fuite de cerveaux : Le Burundi peut-il arrêter l’hémorragie ?

Photo d’illustration.©Afrique du Nord News

La fuite des cerveaux est un phénomène qui touche le Burundi et l’Afrique en général. Selon le rapport du World Economic Forum sur la compétitivité des pays de 2014, le Burundi était le pays africain le moins capable de conserver ses meilleurs professionnels, suivi de l’Algérie, et de la Mauritanie. Cette hémorragie des intellectuels se répercute directement ou indirectement sur les bases du développement du pays (la santé, l’économie, l’éducation, etc).

Comme ces données de la médecine et l’éducation nous l’illustrent, on enregistrait en 2018 un seuil de 0,1 médecin pour 10000 habitants alors que l’Organisation mondiale de la santé fixe l’objectif de 1 médecin pour 10 000 habitants. Quant à l’éducation, alors que la norme de l’UNESCO est de 16 étudiants par professeur, le taux moyen d’encadrement au Burundi est de 73 étudiants par professeur.

Ces chiffres corroborent la fuite des intellectuels africains et burundais en particulier hors de leurs économies respectives. Cependant le pays peut limiter voire éliminer cette hémorragie pour maintenir cette richesse intellectuelle sur son territoire.

Dans un rapport publié en 2017, African Capacity Building Foundation (une organisation continentale fondée par les gouvernements africains et leurs partenaires de développement) recommande que les Etats doivent trouver des solutions efficaces pour retenir leurs talents. Cette organisation reconnait que les projets industriels et technologiques africains sont dépendants des professionnels expatriés qui malheureusement partagent rarement leur expertise et leurs connaissances ; et de suggérer que les connaissances de ces intellectuels africains puissent être rentabilisées au niveau de leurs pays d’origine.

 

Quels sont les raisons de ces départs ?

Les raisons sont nombreuses. Il y a les raisons économiques,« le manque d’un tissu  économique qui permet un développement durable crée le chômage au bout d’un certain temps et comme les gens ont envie d’évoluer dans des milieux intéressants, ils sont tentés vers le départ », explique Gaston-Jonas dans une émission sur RFI. Gaston-Jonas KOUVIBIDILA est un sociologue et journaliste, auteur du livre « La Fuite des cerveaux africains »

Il ajoute également que le manque d’enseignements professionnalisant dans l’éducation (manque d’infrastructures et de structures) en est une autre raison. Ici nous voyons les étudiants qui migrent pour les études mais qui ne reviennent pas à la fin de celles-ci, préférant exercer dans les pays d’accueil.

Un docteur burundais ayant migré vers le Kenya évoque l’instabilité politique comme raison de son départ. Cependant, il fait savoir, « Je suis prêt à écourter mon séjour dans ce pays pour me rapatrier, il faut simplement que la situation sécuritaire se pérennise. Je rentre bientôt ». Ajoute-t-il.

Toutefois, les efforts pour arrêter cette hémorragie sont à consentir en créant des conditions pour juguler le phénomène. De la stabilité politique à la consolidation de l’entrepreneuriat et de l’investissement, …  des actions concrètes et structurées peuvent changer la donne pour garder cette richesse intellectuelle qui s’en va au loin,  affectant de ce fait la croissance économique.

 

*Source

http://www.rfi.fr/emission/20101130-afrique-comment-lutter-contre-fuite-cerveaux

https://www.courrierinternational.com/article/2007/10/23/l-afrique-perd-ses-professeurs-et-ses-medecins

http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMTendanceStatPays?langue=fr&codePays=BDI&codeStat=SH.MED.PHYS.ZS&codeStat2=x

 

Janvier CISHAHAYO

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