Frédérique KAMATARI : « Depuis toujours, je voulais être comédienne »

Frédérique KAMATARI : « Depuis toujours, je voulais être comédienne »

Frédérique KAMATARI, fille de la princesse burundaise Esther KAMATARI, naît à Berck Plage, dans le nord de la France. Après le bac, elle fait des études de langues, l’anglais et l’allemand. Puis des études de commerce et de marketing qu’elle fait parallèlement avec le conservatoire d’arts dramatiques de Lille. En 2018, elle devient actrice dans le feuilleton quotidien de France 2, Un si grand soleil. Et présentement, elle vient d’être sur France 3 dans Meurtres à Albi. Découverte.

 

D’abord la gym, puis le théâtre

 

Frédérique KAMATARI passe son enfance auprès de son père. « J’ai eu une enfance joyeuse et sportive. Je faisais beaucoup la gymnastique. J’ai grandi donc dans un endroit où on voit la nature, la mer, la plage. Forcément, ça donnait la patate, ça donnait la pêche, ça donnait envie de faire de jolies choses et de profiter de la vie », s’enthousiasme-t-elle.

 

Frédérique KAMATARI, actrice franco-burundaise évaluant en France ©DR

 

Quand Frédérique KAMATARI entre au collège, elle commence à suivre des ateliers de théâtre et fait ses premiers pas dans le spectacle. Elle côtoie les études et ses deux coups de cœur : le théâtre et la gym. « Depuis toujours je voulais être comédienne. Tout mon parcours de collégienne et de lycéenne, c’était un parcours logique. Pour moi, il y avait l’école, le théâtre et la gym. C’étaient mes trois grands plaisirs dans la vie », précise-t-elle

Tout en suivant la direction de son cœur, Frédérique KAMATARI se passionne davantage pour les spectacles pluridisciplinaires où il y a, à la fois, du texte et une histoire mais aussi de la musique. « Pour moi, la musique est hyper importante dans un spectacle ou un film mais aussi la prouesse physique notamment le cirque contemporain où la poésie est mise en images et en gestes », souligne-t-elle.

 

Une série, une histoire !

 

C’est en tout cas son rôle de Monette Real (Maman d’Inès et professeure d’Histoire-Géo), qui marquera l’identité de Frédérique KAMATARI dans « Un si grand soleil » pour entrer dans la légende du septième art sur France 2. Elle incarne une femme forte qui a du caractère et qui s’efforce en sorte que tout se passe bien autour d’elle. « C’est une femme engagée qui aime défendre ceux qui ont besoin d’être défendus et défend les droits de tous. Elle a des convictions. Elle combat le racisme. Et en même temps, c’est une femme qui est à l’écoute des autres et qui veut le meilleur pour tout le monde », détaille-t-elle.

Comblant le personnage de Léopoldine dans « Meurtres à Alibi », Frédérique KAMATARI a le rôle d’une femme très avenante, très souriante, très sympa avec tout le monde. Pourtant, elle a une personnalité double et une face cachée, sombre qui est liée à son enfance et à son histoire. « Au niveau de la comédie, c’est important de jouer un personnage qui est contrasté, qui est nuancé, dans les excès en plus. Ça c’est hyper intéressant », nous raconte-t-elle.

 

« Mais ce qui était aussi intéressant, renchérit-elle, c’était de servir une histoire importante puisque ça fait référence aux enfants de la Creuse lorsque, dans les années 1960, 1970, l’administration française a forcé un peu la main des habitants de la Réunion pour qu’ils leur confient leurs enfants dans le but de les emmener dans les régions de la France en particulier la Creuse où il fallait repeupler suite à un déficit de la population. Ça, c’est l’histoire qu’on connait mal en tout cas en France et dont on ne parle pas vraiment. C’était important de le savoir parce que ça a concerné des centaines et des centaines d’enfants. Donc, c’est un sujet qui me touche beaucoup et qu’il était important de souligner, de faire connaitre au plus grand nombre ».

 

De beaux-souvenirs !

 

La visite du Burundi en 1995 est l’un des grands souvenirs que Frédérique KAMATARI garde au fin fonds de son cœur. « Pour la première fois, j’ai vu les tambourinaires du Burundi donner un concert et je me souviens des sensations, de ce qui m’a envahi le corps. J’ai entendu les coups du tambour et après j’ai vu les tambourinaires arriver aligné les uns après les autres avec les tambours sur la tête. Ma mère m’en avait déjà parlé depuis toujours mais je la laissais parler. Quand je les ai vus, c’était incroyable. En tout cas, c’est mon plus grand souvenir de spectatrice », se remémore-t-elle

 

Sur la photo, Frédérique KAMATARI ©DR

 

La comédienne Frédérique n’oubliera pas aussi les femmes burundaises qu’elle a vues porter des paniers sur la tête ainsi que de grands moments avec sa famille. « Je me rappelle des images de mon oncle qui était un géant à côté de moi, qui me tapotait la tête en disant : oh elle est mignonne. J’ai eu un grand plaisir de voir mes cousins et cousines que je n’avais jamais rencontrés. Je garde vraiment de beaux souvenirs ».

 

Notre comédienne a soif de revisiter le Burundi : « J’aimerais y retourner. J’aimerais aussi que mes enfants découvrent ce pays qui a allaité leur grand-mère. Ce qui me manque, continue-t-elle, c’est l’« isombe » (feuilles de manioc) parce que ça vraiment, quand on le mange sur place, ça a une saveur particulière. Ce qui me manque aussi c’est d’entendre du kirundi. Justement entendre des femmes parler. De temps en temps, j’entends ma mère parler au téléphone et j’aime la musique de cette langue. J’aimerais bien retourner là, au cœur de ça pour le plaisir d’entendre du kirundi », conclut-elle

 

Melchisédeck BOSHIRWA

 

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