Francis Muhire joue de la musique burundaise au Royaume Uni

Francis Muhire joue de la musique burundaise au Royaume Uni

L’artiste Francis Muhire.

Francis Muhire est un jeune artiste burundais  connu dans diverses plates-formes à Bujumbura. Du théâtre au chant en passant par la gestion du FESTICAB, Muhire est bien plus qu’un artiste moyen.  Ses études l’ont amené au Royaume-Uni, mais il reste un digne représentant de notre culture à chaque fois qu’il prend sa guitare pour jouer dans quelques soirées.

 

Akeza: Qui est Muhire l’artiste; son parcours?  

 

Muhire: Ce n’est jamais facile de parler de moi; je vais juste essayer de le rendre aussi simple que possible. Mon nom est Francis Muhire. Ma relation avec  la musique a débuté dans les années 90 quand j’étais encore un jeune garçon  à Kamenge. J’ai grandi au milieu de beaucoup d’influences musicales; de la “sebene” congolaise au reggae de Bob Marley et Lucky Dube;en passant par le zouk de Kassav des Antilles. Sans oublier  la musique traditionnelle burundaise ainsi que l’inoubliable Canjo Amissi avec sa guitare, et tous les autres qui ont été avant et après lui. Début 2000, j’ai intégré le premier orchestre  musical au “Centre Jeune Kamenge”. J’ai commencé à enseigner la batterie  comme animateur bénévole, j’ai aussi appris à jouer de la guitare. Après mes études secondaires, un groupe professionnel m’a embauché en tant que batteur. C’est à cet époque que j’ai rencontré Jean Marie Nibigirwe alias Budi, un grand guitariste et musicien. Le rencontrer m’a permis de découvrir d’autres genres de musique comme le blues, le jazz et l’afro-fusion. Voilà comment je me suis retrouvé dans la musique.

 

 Akeza: La plupart des artistes ne parviennent pas à jongler  les études et leur passion, mais ton cas est différent. Comment fais-tu ? 

 

 Muhire: Pour moi, les études et la musique sont tous les deux mes passions. J’aime faire  de nouvelles connaissances, challenger mon cerveau et mon intellect. Pour moi c’est un moyen de parvenir à un certain auto-accomplissement. Mais aussi, je me rendis compte que la musique est tout naturellement liée aux études. J’ai fait mes premières représentations musicales à l’école. J’ai aussi payé une partie de mes frais de scolarité universitaire avec l’argent que je gagnais des concerts de musique, que je jouais le week-end dans les différents bars de Bujumbura.Quatre ans plus tard, à la recherche d’un lien entre mes recherches de fin d’études et la musique, j’ai décidé de fonder ma thèse de fin d’études sur «le droit de la propriété intellectuelle», comme je faisais des études de droit.

 

Akeza: Seuls quelques artistes jouent ton genre de musique, comment décrirais-tu ta musique? 

 

Muhire: Je décrirais ma musique comme la recherche d’une combinaison entre le rythme local burundais et la musique moderne ou contemporaine. Je pense que la seule façon d’obtenir des produits musicaux burundais vendables  au niveau internationale  est d’adapter nos rythmes traditionnels aux technologies modernes. Je voudrais développer un peu plus sur ce sujet, peut-être plus tard dans une autre interview.  

 

Akeza: Tu as fait quelques soirées live au Royaume-Uni. Est-ce que tu joues le même genre de musique ? Quel est le feedback? 

 

Muhire: Je suis venu au Royaume-Uni pour mes études. J’ai eu une bourse d’études du gouvernement britannique appelée ‘Chevening Scholarship’, et j’ai orienté mes études sur un Master en Commerce International et droit des affaires (LLM). Lors de ma première semaine à l’Université de Bangor, il y avait un concert de rock au logement   estudiantin où je vis. J’ai approché le gestionnaire d’événements, Gary Hughes, et lui ai dit que je joue un peu de guitare et que j’ai également enregistré quelques chansons. Je lui ai envoyé certaines de mes chansons à travers son Facebook. Peu de jours après, il m’a demandé si je pouvais être disponible tout au long de l’année au Royaume-Uni. J’ai dit oui. Le lendemain, il est venu avec les dates de quelques concerts. Et voilà comment tout a commencé. Je joue mes propres chansons (NgwinoUnyegere, Musorewe, Sangwe, MaweNdagiye, …) et les mélanges avec d’autres couvertures des différentes chansons connues et classiques. Le feedback est vraiment intéressant car ils ne sont pas habitués à des rythmes de la musique africaine, alorschaque concert que je fais est  spécial pour eux.

 

 Akeza: Envisages-tu de poursuivre ta passion ou devrons-nous oublier Muhire l’artiste après tes études? 

 

Muhire: Je suis très conscient que ce n’est pas une tâche facile de mener une vie décente grâce la musique seulement. La musique exige beaucoup d’efforts et un travail acharné; mais surtout, ça demande quelque chose qui est hors de contrôle: la chance. Et cela est non seulement une réalité burundaise, mais aussi une réalité dans le monde entier. Mais la musique est une passion. C’est une passion qui n’a pas besoin d’être vécu que publiquement, sur une scène ou à travers les médias. C’est une passion que tu peux emporter avec toi, dans ton for intérieur, et le partager autour de toi avec des amis et la famille.

 

Propos recueillis par Ingrid Lynca

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