Forum des femmes leaders et libres 2020 : Une première édition qui a tenu ses promesses

Forum des femmes leaders et libres 2020 : Une première édition qui a tenu ses promesses

Organisée par le CDE Greatlakes, dans le cadre des activités de la « Freedom Week 2020», l’hôtel City Hill a accueilli ce 15 Octobre 2020 la première édition du Forum des Femmes Leaders et Libres. Au programme, un panel débat autour du thème « Les femmes et le commerce : Mythes et Réalités ».

 

Quatre femmes ayant connu le succès en défendant leur droit à la liberté composaient le panel. Modéré par Monia WAKANA, Directrice de la communication et des événements au sein du CDE Greatlakes, le panel a accueilli Irvine Floréale MURAME, CEO d’Infinity Group, Rossalynn KAMARIZA, CEO d’Ingo Group, Dacia MUNEZERO, chargée de la communication au sein du collectif des blogueurs YAGA, et Edith Stein KIMANA, Manageur de Bantu Bwoy.

 

Les défis

 

Lançant le débat, la modératrice du jour, Monia WAKANA demande aux panélistes les défis que les femmes rencontrent dans leurs affaires.

 

Edith Stein KIMANA, manageur de Bantu Bwoy (un label de musique bien connu au Burundi) qui a pris la parole en premier indique que le principal défi est le manque de considération dont fait preuve la société à l’égard de la capacité d’action des femmes. « La société a du mal à comprendre qu’une femme est capable de diriger ou d’être à la tête d’un projet. Avec le lancement des activités de Bantu Bwoy, je me suis heurté aux gens réticents au simple fait qu’une femme plaide pour le développement des artistes musiciens ». Et d’ajouter « Etre une femme dans le milieu de l’art est un combat de tous les jours. Notre objectif est que chaque artiste puisse vivre de son art ».

Edith Stein KIMANA, Manageur de Bantu Bwoy ©Akeza.net

 

Irvine Floréale MURAME, CEO d’Infinity Group regrette : « Il y a toujours des gens qui mettent des obstacles sur notre chemin entrepreneurial. Les gens pensent que derrière la réussite d’une femme, il y a toujours un homme. On considère que les femmes n’ont pas la capacité de réussir par la sueur de leur front ».

Irvine Floréale MURAME, CEO d’Infinity Group ©Akeza.net

 

Dacia MUNEZERO, chargée de la communication au sein du collectif des blogueurs YAGA relève un souci d’image. ‘’Je fais des programmes vidéo. J’expose les problèmes sociaux, surtout ceux que subissent les femmes afin de susciter le débat et le changement. Hélas, certains trouve que j’en fais trop, qu’une femme burundaise ne devrait pas s’exposer autant face caméra , que je parle trop…je souffre ainsi d’une certaine image qui n’est pas toujours positive ».

Dacia MUNEZERO, chargée de la communication au sein du collectif des blogueurs YAGA ©Akeza.net

 

Rossalynn KAMARIZA, CEO d’Ingo Group revient sur la discrimination que leurs équipes rencontrent sur terrain. « Sur terrain, nos équipes sont discriminées par des paroles outrageantes. Les gens ont du mal à accepter que les femmes puissent monter sur une échelle et travailler comme les hommes. Au début de nos activités, les gens ne comprenaient pas la faisabilité de notre projet. Ils ne pouvaient pas accepter que les femmes puissent lancer un média qui pourrait fonctionner. Mais avec la production du premier numéro, ils ont vu que les femmes pouvaient réaliser des projets ».

 

Les femmes peuvent

 

En dépit de tous ces défis que les panélistes ont relevé, elles sont unanimes que via des projets, les femmes peuvent acquérir leur liberté et leur prospérité.

 

Dacia MUNEZERO propose : ‘’ Pour mieux s’en sortir, il faut que les femmes se partagent les opportunités par le biais du réseautage. Des opportunités, il y en a, et elles sont nombreuses“.

 

Edith Stein KIMANA, Manageur de Bantu Bwoy table sur la passion : « Les femmes doivent libérer leur passion, se battre pour leurs rêves et performer pour la prospérité de leurs foyers ».

 

Pour Rossalynn KAMARIZA, une femme ne pourra pas être libre sans autonomie financière : « La liberté pour une femme c’est l’autonomie financière. Et cette autonomie peut s’acquérir, même avec de petits capitaux. Aussi, de nature, les filles sont patientes. C’est pour cela que si elles se lancent dans des projets, elles peuvent bien s’en sortir », conclu-t-elle.

 

Rossalyn KAMARIZA, CEO d’Ingo Group ©Akeza.net

 

Irvine Floréale MURAME table sur le soutien inconditionnel des hommes qu’ils doivent apporter à leurs épouses : « Il faut que les hommes soutiennent leurs épouses et arrêtent de penser que la prospérité de leurs femmes pourrait menacer leur autorité dans les foyers, car l’autonomie financière de la femme contribuera aux revenus des familles ».

A droite, Aimable MANIRAKIZA, Directeur Executif du CDE Greatlakes (le think thank organisateur de l’événement) en compagnie d’autres participants en train de suivre le débat. ©Akeza.net

 

Une grande majorité des participants qui ont eu l’occasion de participer au débat ont souligné la nécessité d’enlever les obstacles qui empêchent l’épanouissement et le développement de la femme car elle est le socle de la prospérité des familles et un tremplin pour le développement du pays.

 

Janvier CISHAHAYO

Comments

comments