Floriane Kaneza s’exprime sur la première Agence d’Acteurs du Burundi

Floriane Kaneza s’exprime sur  la première Agence d’Acteurs du Burundi (www.akeza.net)

Floriane Kaneza s’exprime sur la première Agence d’Acteurs du Burundi (www.akeza.net)

 

Itulive Agence d’Acteurs est la première agence d’acteurs du Burundi. En tant quel tel, l’agence a déjà fourni des acteurs à un bon nombre de productions dont les plus célèbres sont Welcome Home de Joseph NDAYISENGA et I MASHOKA de Pascal CAPITOLIN et Jean Marie NDIHOKUBWAYO, tous deux primés à plusieurs reprises. Floriane KANEZA, patronne et fondatrice de cet agence nous parle des réalisations, des défis et projets d’avenir alors que son agence célèbre sa première année d’existence.

 

Akeza.net : Qu’est-ce qui vous a motivé à créer une agence  d’acteurs ?

 

Floriane : Un manque que j’ai observé. Il se trouve que je suis moi-même actrice. J’ai vu ce que voudrai avoir un acteur mais qu’il n’a pas, donc j’ai créé une agence pour la représentation de l’acteur.

 

Akeza.net : Quand vous dites représentation, à quoi faites-vous référence exactement, quels sont les points saillants ?

 

Floriane : Le renforcement du professionnalisme à partir de l’exercice du jeu. Ensuite il y a un intermédiaire entre le producteur et l’acteur. Par producteur, je veux dire le détenteur du marché, l’acteur étant le bénéficiaire du marché. L’agence joue un rôle d’intermédiaire avec les deux.

 

Akeza.net : Qu’apportez-vous aux acteurs signés à votre agence ?

 

Floriane : Jusque-là nous n’avons pas d’acteurs signés à notre agence. Notre grand travail consiste à chercher des marchés. Pas seulement au niveau national mais à l’international. Nous pourrons signer des acteurs quand nous serons sûrs de pouvoir les occuper sur toute la durée de leurs contrats avec nous. Si non pour l’instant, nous essayons de pénétrer le terrain d’abord, de trouver des débouchés. Je ne dirai pas que nous occupons beaucoup les acteurs, mais nous essayons de soutenir les acteurs qui ont des initiatives

 

Akeza.net : Quels sont les créneaux de l’agence ?

 

Floriane : Je vais passer par le terme représentation. Nos trois mots clé c’est : casting, formation et promotion. Par casting, nous interpellons les différents acteurs dans les castings. Le producteur qui a besoin de nos services ne va plus choisir un acteur par amitié ou par rapprochement. Nous nous assurons qu’un acteur gagne un rôle parce qu’il le mérite et parce qu’il l’incarne bien, après bien entendu une course pour le rôle avec d’autres candidats.

 

En matière de formation, nous avons introduit un master Class cette année avec le FESTICAB. Il s’agit d’une rencontre avec un professionnel du jeu d’acteur, reconnu internationalement et des acteurs et actrices ayant un niveau international mais qui n’ont pas eu assez d’ouvertures.

 

Au point de vue promotion, nous avons essayé de mettre en ligne quelques acteurs sur le site web de l’agence. Nous avons sélectionné des acteurs qui ont un niveau que tu peux justifier d’un point de vue d’exposition professionnel. Nous mettons en ligne leurs profils, photos et vidéos qui deviennent accessibles à d’éventuels producteurs à la recherche de tel ou tel autre profil.

 

Akeza.net : Quelles sont les productions pour lesquelles votre agence a été sollicitée ?

 

Floriane : Elles se situent autour de 15. La plupart sont des spots publicitaires, mais aussi des films d’auteurs. Les plus célèbres sont sont Welcome Home et I Mashoka, tous deux très appréciés et plusieurs fois primés

 

Akeza.net : Quelles sont les limitations de l’acteur burundais par rapport aux acteurs de la sous-région ?

 

Floriane : Très peu d’acteurs burundais maitrisent l’anglais et le swahili. La plupart d’entre eux sont satisfait de pouvoir s’exprimer en français et en kirundi. Pourtant, le swahili et l’anglais sont promus langues officielles de l’EAC, tout autant que le français. Si j’avais un conseil à donner aux acteurs burundais, ce serait de prendre des cours accélérés d’anglais et de swahili. Ils sont plutôt bien cotés au niveau du jeu et du professionnalisme.

 

Akeza.net : Des avantages pour l’acteur burundais par rapport au marché de la sous-région ?

 

Floriane : La majorité des acteurs burundais sont sociables. Dans d’autres pays, les acteurs se prennent trop la tête, ils jouent à la star. La sociabilité est un trait de caractère important pour un acteur. Produire un film est un travail de groupe. Si un producteur se rend compte que l’acteur de son choix risque de perturber l’environnement de travail, c’est sûr qu’il va le remplacer. Lors des formations à l’étranger, on remarque que les acteurs burundais savent très bien s’intégrer.

 

Akeza.net : Quel est le grand problème de l’industrie cinématographique au Burundi ?

Floriane : Beaucoup de gens pensent que nous avons un problème de qualité mais en fait non. Bien qu’il y ait toujours lieu à des améliorations, à ce niveau-là, nous sommes plutôt bien placés dans la sous-région. Notre grand souci se situe au niveau de la production. Nous avons très peu de productions, faute d’investisseurs dans le secteur du cinéma. Il n’existe pas d’industrie sans financements. Il nous faudrait des fonds pour mettre en place une production de masse.

 

Akeza.net : Crois-tu que l’East African Film Network-EAFN apporte un plus au cinéma burundais ?

 

Floriane : Je crois que l’Est African Film Network va apporter un plus à l’industrie cinématographique de la communauté est-africaine mais encore plus au cinéma burundais, doublement gâté : d’un côté , nous hébergeons les bureaux de l’EAFN et d’un autre côté , l’homme à la tête de cette institution est un compatriote , une personne qui prend très à cœur la question de l’évolution du cinéma , Monsieur Léonce NGABO.

 

L’EAFN représente un atout parce que des producteurs voudront désormais produire leurs films au Burundi, probablement avec des acteurs et techniciens burundais, ce qui suppose un nombre accru de débouchés. L’EAFN prévoit également cinq formations chaque année, à raison d’une formation par pays membre. Ces formations couvrent les différents métiers du cinéma. Chaque pays compte trois représentants par formation. Vous voyez que le cinéma de chaque pays y gagne en termes de renforcement des capacités mais aussi de rencontre des professionnels des différents pays.

 

Floriane Kaneza était membre du Jury au FESTICAB 201. Elle a été sollicité par le Arusha African Film Festival 2014 pour les mêmes fonctions.

 

Propos receuillis par Landry MUGISHA

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