Finances personnelles : Quel que soit le revenu que vous percevez, il est possible d’épargner !

Finances personnelles : Quel que soit le revenu que vous percevez, il est possible d’épargner !

Dans la perspective de célébrer la journée mondiale de l’épargne, le président du conseil d’administration du RIM (Réseau des Institutions de Microfinance) s’est entretenu avec la rédaction d’Akeza.net sur l’épargne au Burundi. Il nous fait un contour sur l’effectivité de ce vocable qui peine à faire l’unanimité dans son application.

Selon la récente enquête nationale sur l’inclusion financière au Burundi effectué en 2016, entre les périodes 2012 et 2016, le taux d’inclusion financière est passé de 12,5% à 25% des adultes qui détiennent un compte dans une institution financière formelle. Par contre, 14 % de la population adulte utilise les services d’épargne et de crédit du secteur financier informel (tontines et usures). En 2018 ils étaient à 21,1% des adultes ayant un compte de dépôt.

Ce faible taux d’inclusion financière handicape l’attrait des burundais à l’épargne et constitue une épine dans le pied du développement économique.

Bernard KINYATA, président du conseil d’administration de RIM confie que dans le temps, l’épargne était considérée comme un excèdent de la consommation. Mais aujourd’hui, c’est une décision que tout individu, tout ménage, effectue avant de consommer. « Si vous décidez d’épargner après la consommation, il y a de fortes chances que vous n’ayez pas de quoi épargner étant donné que les besoins en consommation sont toujours illimités. La meilleure stratégie de faire l’épargne est de décider le pourcentage de votre revenu à débourser pour les besoins ultérieurs et consommer ce qui reste », martèle KINYATA.

 

Maintenant pourquoi épargner ?

Le président du conseil d’administration du RIM précise que c’est parce que dans la vie des ménages et des individus, les gens font face à des besoins imprévus, à des besoins qu’ils ne peuvent pas réaliser en une fois. Nous citerons les besoins d’investissement, de réalisation de projets, et les besoins de prévoyance. « Ce que vous avez aujourd’hui, ce n’est pas évident que c’est ce que vous aurez demain ou après-demain ». L’épargne est un moyen de prévoyance pour les jours où vous n’aurez plus de revenu car le revenu que vous gagnez n’est pas réparti équitablement et linéairement dans le temps. « Si vous avez un revenu aujourd’hui, il est important que vous décidiez aujourd’hui même une petite partie de cette épargne pour l’avenir », ajoute-t-il.

 

Est-il possible d’épargner avec un faible revenu ?

Il répond « C’est vrai qu’il y a un niveau non négligeable de pauvreté de la population mais nous devons garder à l’esprit qu’il y a des personnes qui travaillent et qui reçoivent un revenu périodiquement, mais qui n’épargnent pas. L’important est de savoir que quel que soit le revenu que vous percevez, il est possible d’épargner. Avec le revenu perçu, on n’a pas droit de tous dépenser étant donné qu’on fait face aux évènements imprévus comme la maladie, et la survenance d’autres catastrophes. Le seul moyen de financer les évènements imprévus c’est l’épargne ».

Il est important que les individus, les ménages et les familles sachent que la constitution de l’épargne n’est pas seulement l’apanage de ceux qui ont un revenu énorme mais c’est une nécessite des individus et des familles quel que soit leur revenu. Le plus important est d’établir des priorités au niveau du budget, et de savoir que dans la gestion du revenu, la composante épargne garde une place dans sa répartition équitable.

Alors, soyons clairvoyant et épargnons.

 

Janvier CISHAHAYO

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