Filière du Café : la production est en hausse mais les caféiculteurs se plaignent

Filière du Café : la production est en hausse mais les caféiculteurs se plaignent

Filière du Café : la production est en hausse mais les caféiculteurs se plaignent ©DR

Voué dès le début à l’exportation, le café constitue la principale ressource de devises du pays ‒ plus de 60% des exportations nationales.  Malgré une production de café vert estimée entre 20 000 et 22 000 tonnes (T) pour la campagne de café en cours 2018/2019, la troisième campagne consécutive de hausse de la production caféicole, les caféiculteurs ne sont toujours pas satisfaits du prix du café cerise par kg, fixé à 500 FBu/kg pour la campagne en cours.

La libéralisation de la filière caféicole intervenue dans les années 1990 et surtout sa privatisation, encouragée par la Banque mondiale, en 2008, avaient un double objectif d’augmenter les ressources financières du pays et de fournir à la masse paysanne (au-delà de 500 000 ménages ruraux) plus de revenus monétaires.

Mais cette ambition a été contrariée par la faiblesse de la production (due au manque d’intrants, au vieillissement du verger, aux aléas climatiques, etc. provoquant des fluctuations d’une année à l’autre) et la volatilité des prix sur le marché international. Mais aussi par une libéralisation du secteur non effective. Pourquoi ?

En effet, malgré les différentes mesures prises par le gouvernement visant à réglementer le secteur (notamment grâce une série de mesures mises en place pour assurer le bon déroulement des campagnes de café depuis les stations de lavage jusqu’à l’exportation) les caféiculteurs ne sont toujours pas satisfaits du prix du café cerise par kg ‒ fixé à 500 FBu/kg pour la campagne en cours.

Sur ce, certains caféiculteurs ont opté pour la substitution de leurs plantations de café par des cultures vivrières comme les bananeraies et le haricot estimant que le café demande beaucoup d’efforts pour son entretien mais que ses revenus sont faibles.

Avec une production de café vert estimée entre 20 000 et 22 000 T pour la campagne de café en cours 2018/2019, le pays a connu une augmentation de sa production d’une année à l’autre au cours de ces 3 dernières années (campagne de café 2015/2016, 14033 T, celle de 2016/2017, 14 674 T et 15 864 T pour la campagne 2017/2018).

Malgré cette hausse, il est important de noter que l’on est toujours loin des 40 000 T de production de café vert enregistrés au début des années 1990. De fait, dans le but d’améliorer substantiellement la production caféicole en qualité et en quantité, les pouvoirs publics se doivent de collaborer avec la population sur un modèle de dialogue franc en vue d’éliminer tous les blocages qui minent encore le développement réel de cette culture.

 

Blaise NKURIYINGOMA

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