Femmes entrepreneures : Ir Joselyne BIGIRIMANA veut révolutionner le secteur de la pêche par l’énergie photovoltaïque

Femmes entrepreneures : Ir Joselyne BIGIRIMANA veut révolutionner le secteur de la pêche par l’énergie photovoltaïque

Quatre femmes ont été primées durant un concours d’idées entrepreneuriales innovantes. Organisé par FIADI (Femmes Ingénieures Actives pour le Développement Inclusif) en partenariat avec l’ambassade de France au Burundi, le concours a décerné des prix allant de 800 000 BIF à 1 500 000 BIF, aux meilleurs projets des femmes ingénieures. Mais quelles sont les idées véhiculées par ces projets ? Comment est-ce que ces femmes entrepreneurs comptent les réaliser ? Où se projettent-elles dans l’avenir ?

 

Joselyne BIGIRIMANA a occupé la quatrième place. Son objectif est de révolutionner le secteur de la pêche en installant un champ solaire photovoltaïque au port de KABONGA situé dans la Commune NYANZA-LAC, Province MAKAMBA. Motivée et déterminée à une réalisation effective de son projet, Mlle BIGIRIMANA nous en dit plus.

 

Akeza.net : Qui est Joselyne BIGIRIMANA ? Quelle est l’idée derrière votre projet ?

 

Ir Joselyne BIGIRIMANA : Je m’appelle Joselyne BIGIRIMANA, j’ai 30 ans. Je suis détentrice d’un diplôme de niveau Master en Génie civil ; Options Bâtiments et Infrastructures.

Mon projet consiste à Impliquer la femme dans le secteur de la pêche à travers l’installation d’un champ solaire photovoltaïque. Nous comptons commencer avec le port de KABONGA à NYANZA-LAC en Province MAKAMBA. Nous prévoyons de promouvoir l’énergie renouvelable par la production d’énergie générée par les rayons solaires.

 

Notre marché cible est constitué des membres de la Coopérative des producteurs et fournisseurs des poissons au port de KABONGA et les pécheurs vivants aux alentours de cette localité.

 

Akeza.net : En quoi votre projet est-il innovant ?

 

Ir Joselyne BIGIRIMANA : La localité de Kabonga est un milieu non connecté au réseau électrique. Notre projet apporte une valeur ajoutée aux pêcheurs et à la population de KABONGA dans l’accès à l’énergie. La clientèle est aussi présente vu que c’est un lieu de débarquement de plusieurs bateaux en provenance de plusieurs ports, de la région.

Dans nos prévisions chiffrées, 700 batteries appartenant aux pêcheurs seront rechargées par jour ; 12 batteries régénérées et testées ; 500kg de glaçons seront produites chaque jour ; 14 femmes vont trouver de l’emploi en permanence et d’autres femmes seront embauchés comme des travailleurs temporaires. Le bureau de coordination et ses alentours bénéficieront aussi de l’éclairage grâce au projet.

 

Akeza.net : D’où vous est venue cette idée ?

 

 Ir Joselyne BIGIRIMANA : Après avoir lu le rapport sur l’état des lieux de différents ports du Burundi, mon attention s’est beaucoup penché sur la problématique du port de KABONGA.  J’ai voulu contribuer à cette réforme en réduisant la pollution sonore et les dégagements des fumées nauséabondes provenant des groupes électrogènes habituellement utilisés.

 

Akeza.net : Quel serait votre capital de démarrage ?  

 

Ir Joselyne BIGIRIMANA : Avec un budget de 1.410.000 BIF, je compte commencer par les premières activités consistant à faire la mise au point avec l’administration, la fédération des pêcheurs et fournisseurs des poissons au Burundi, et le Burundi Renewable Energy, tous des partenaires qui ont une certaine expertise dans la technique qu’il me faut dans le projet.

 

Mais avec FIADI, et d’autres partenaires qui voudraient se joindre à notre projet, nous comptons mobiliser des financements pour pouvoir réunir la somme de 219.787.000FBU nécessaire pour l’achat des machines.

 

Akeza.net : Le prix que vous avez gagné au concours de FIADI vous aide-t-il ?  

 

Ir Joselyne BIGIRIMANA : Le prix que j’ai gagné au sein du concours de FIADI, m’aide dans la production des modules que nous allons utiliser pour la recharge, la régénération des batteries et la gestion des fonds

 

Akeza.net : Quels sont vos perspectives d’avenir ?  Où vous voyez-vous d’ici 5 ans ?

 

Ir Joselyne BIGIRIMANA : J’aimerais d’abord marquer le démarrage effectif du projet. Et d’ici 5ans, je veux étendre le projet sur les différents ports du Burundi car la demande ne peut qu’augmenter.

 

Akeza.net : Pensez-vous que la femme burundaise peut facilement s’intégrer dans le monde entrepreneurial ?

 

Ir Joselyne BIGIRIMANA : Bien, il y a tant de femmes passionnées d’entrepreneuriat. Elles manquent juste de courage. Il faut alors leur apporter cette potion (séances de renforcement des capacités) en vue de les booster. Ceci leur permettra de s’estimer et de réaliser des projets innovants.

 

Akeza.net : En dehors du boulot, qu’est-ce que vous aimez faire dans la vie ?

 

Ir Joselyne BIGIRIMANA : En dehors du boulot, j’aime prier, je suis parmi les membres du comité ecclésiale de base de KANYOSHA en tant que responsable des jeunes. Je suis également membre de la chorale Sainte Thérèse de l’enfant Jésus de KANYOSHA.

 

Passionnée de danse traditionnelle, je suis danseuse du club UMUDEYO. Comme passe-temps favori, j’aime surfer sur internet en lisant différents rapports publiés par différents organisations et institutions.

 

Propos recueillis par Janvier CISHAHAYO

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