Evode NTAHONANKWA, ce militaire qui chante

Evode NTAHONANKWA, ce militaire qui chante
Evode NTAHONANKWA, ce militaire qui chante  (www.akeza.net)

Evode NTAHONANKWA, ce militaire qui chante (www.akeza.net)

Au cours des années 1990, la musique du Burundi a connu un artiste hors du commun. Evode NTAHONANKWA ce militaire qui chante. Nombre de gens connaissent sur les titres comme « Mireille » et autres. Vu qu’il reste une idole des uns, d’autres n’ont plus de ses nouvelles, Akeza.net vous a brossé son parcours actualisé

 

Qui est-il ?

 

Evode NTAHONANKWA est né le 09 Novembre 1970 à MAKAMBA, la province du sud du Burundi, dans une famille où la musique n’avait pas sa place. Personne ne jouait à la musique. Il commence à former sa voix et à aimer la musique par le chant dans la chorale de sa paroisse. Il améliore ses connaissances en musique quand il est orienté au lycée Pédagogique de Nyakabiga chez les Frères de la miséricorde. Il y sera chouchouté par les frères berges, canadiens, et sœurs polonaises. Ils vont lui apprendre très tôt la lecture des notes de musique, la poésie, jouer au piano, l’accordéon, la flute, le Xylophone et la guitare.
Comme il était toujours un élève modèle, il ne tardera pas de devenir le chef du club de musique et responsable du divertissement : DJ &Filmes et poèmes.

 

Evode a toujours eu le rêve d’approfondir ses connaissances en musique, mais malheureusement l’école de musique n’existait pas au Burundi excepté au Grand séminaire et à la fanfare des Forces Armées où l’on pouvait acquérir quelques notions. L’optimisme et le courage sont toujours les mots d’ordre de Evode, il fait partie de ces gens-là qui croit que l’on peut forcer le destin par le courage, la persévérance et le travail.

 

Sa carrière militaire

 

A la fin de ses études secondaires il va passer l’examen pour fréquenter l’école des Sous-Officiers (E.S.O), qu’il va réussir difficilement, puisque cela exigeait  certaines conditions physiques qu’Evode ne remplissait pas.

Evode espérait qu’après cette sa formation, il sera muté à la compagnie de musique au Camp Ngagara, pour performer sa musique et y apprendre à jouer un instrument de musique à souffle ou que peut-être il serait envoyé à l’étranger pour apprendre l’harmonisation et l’orchestration afin de remplacer les grandes figures de musique qui approchaient leur retraite. Au contraire, il sera muté au 6eme Bataillon commando (6BnCdo) au Camp Mabanda à MAKAMBA.

 

La pire des choses c’est de n’avoir jamais essayé dit-on. Alors qu’il est Sergent, dans son premier congé, il va enregistrer son premier album « Mireille » dans un petit studio à 4 pistes (B.M.S) Burundi musical system qui appartenait à RUGERINYANGE Marie Antoine dit Africa Nova. Les tubes comme « Mireille », « Nyegera ntite wunve », « Ni muntahirize abiwacu » et bien d’autres sont diffusés à la Télé et à la radio, et vont connaitre du succès. Ils permettront à Evode d’être populaire et de devenir la vedette la plus en vue du pays, ce qui va pousser les chefs du personnel des forces Armées à muter Evode cette fois-ci à la fanfare des Forces Armées. A l’orchestre militaire, il va travailler en tant que Clarinettiste.

 

Ses années d’or

 

Voilà que la moitié de ses rêves est réalisé deux semaines avant le déclenchement de la barbarie burundaise en 1993.
Evode va continuer aussi sa carrière musicale privée et sera très sollicité en dehors du service. Il va tenir son premier concert chez lui à Makamba avec de grosses pointures de la musique comme Afrika Nova, Abel UFITAMAHORO, Bruno SIMBAVIMBERE Alias Memba, Sadi et Rasta Jagen.

Face à cette crise que connaissait le Burundi, il va jouer dans plusieurs concerts de paix avec Amissi Conjo, Cédric Bangi et Albert Mbaraga. Il va gagner plusieurs prix surtout dans la lutte contre le SIDA. Aidé par le professeur BARUMWETE, il va réaliser l’Hymne de l’Université du Burundi ”Rumuri uri umuvyeyi uvyarira Uburundi”.

 

Evode sera aimé même par les hautes autorités du pays surtout parce que c’était un grand compositeur et un poète avec une musique d’expression dont le message est riche et claire.
C’est ainsi qu’en 1998 il va avoir obtenir avec l’intendance présidentiel le contrat de jouer pour les invités à toutes les fêtes de fin d’année au palais Présidentiel jusqu’en 2003.

Entre temps, le temps passait et l’espoir d’un stage à l’étranger avec, bien que les chefs de musique fussent déjà à la retraite mais sans remplaçants. Evode jugeait cela injuste. DEPART VERS L’OCCIDENT,

 

L’Occident : la carrière continue

 

En Août 2003 Evode décide de se retirer du service de la fanfare des F.A.B alors qu’il est au grade de ”Premier Sergent Major”, estimant n’y être plus d’aucune utilité.
Aidé par un ami, Evode s’envolera pour les Pays Bas, le Pays du lait et du fromage comme on dit. Il poursuit son rêve, celui de réaliser la musique, et tout va bien, il maitrise les paramètres. ”Je suivrai mon désir et mon rêve jusqu’au bout d’une page, et jusqu’à la dernière goutte de mon ancre”, nous  il, toujours aussi poète.

Pour le moment, Evode NTAHONANKWA habite à l’Est de de la Hollande « ENSCHEDE » ville frontalière avec l’Allemagne. Il y mène une vie tranquille sa vie avec sa femme et ses deux enfants.

La musique est son gagne-pain. Il donne des leçons de musique avec comme instruments principaux Guitare, Clarinette, saxophone et Piano électronique.

En date du 31dec 2006 et 01 jan 2007, Evode a joué 2 concerts télévisés accompagné par un grand orchestre national dans une grande salle « Concert Gebouw Van Amsterdam » à Amsterdam. Le thème de cette année-là était « Paradijs , qui veut dire Paradis ». Il avait écrit une très jolie chanson sur les enfants de la rue ”Paradijs”. C’est une chanson de fond et celle-ci figure sur son album « ITEKA »de 10 titres. Contrairement aux autres, pour composer ses chansons, Evode commence par la mélodie qu’il écrit en solfège, et termine par le texte.

 

Au mois de janvier en 2008, Evode est en final dans un concours de chansons organisé par l’Alliance Française des Pays Bas .Il va remporter le 3eme prix. Il obtient ainsi le droit de jouer dans un grand festival aux Francofolies de la rochelle. Le 18 novembre 2011, il a animé un concert à Bokoluo, à Enschede, et le 21 décembre de la même année, accompagné par une chorale de 50 personnes « inervocale », il a animé un concert multiculturel dans une grande salle « prinsmare ». Il a déjà joué en acoustique à l’école primaire ‘’Alfonsschool’’ où il était invité et ça l’a vraiment  marqué.

 

Evode sort très bientôt  ‘’ITEKA’’ son premier album en Europe.  On retrouvera sur cet album des reprises de chansons cultes de l’artiste suite à la demande de son public. Il garde toujours un rêve de promouvoir la musique burundaise sur la scène internationale, dans un numéro folklorique en accompagnement avec une musique moderne dont les danseurs seraient les tambourinaires et autres danseurs burundais. Il aimerait aussi créer une école de musique au Burundi ce qui lui pousse à approfondir « l’orchestration et harmonisation ». Evode veut faire connaitre le Burundi et le Kirundi par la chanson.

Evode NTAHONANKWA, ce militaire qui chante  (www.akeza.net)

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Armand NISABWE

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