Et si la jeunesse était cette clé manquante pour déverrouiller la porte de la croissance économique ?

Et si la jeunesse était cette clé manquante pour déverrouiller la porte de la croissance économique ?

Image d’illustration ©France24

Le Burundi est un pays jeune par sa population. D’après les projections de l’TSTEEBU, de 2008 à 2017, la population burundaise âgée de 15 à 34 ans a augmenté de 31,8%. L’âge moyen au Burundi est de 21,6 ans et plus de la moitié des burundais ont moins de 20 ans.

 

Cependant une étude menée en 2016 par le Réseau des organisations des jeunes en action (REJA), montre que le chômage chez les jeunes burundais est trois fois plus élevé que chez les personnes âgées de +35 ans et plus. Et il est passé de 60% en 2016 à 65% fin 2017. Partant de ces chiffres, serait-ce se tromper si on affirmait que cette main d’œuvre n’est pas assez exploitée ?

 

Le secteur primaire en pâtit

L’économie burundaise est encore largement tributaire de l’agriculture (80 % de la population). La pauvreté touche principalement les petits agriculteurs (rapport de la banque mondiale). Avec une population jeune, il est à constater que la pauvreté au Burundi touche beaucoup plus la jeunesse rurale.

L’agriculture qui est le principal secteur pourvoyeur d’emploi ne rapporte pas suffisamment de revenus et contribue à seulement 40 % du PIB.

Dès lors, inverser la tendance pour faire de la jeunesse la pierre angulaire de la productivité dans le milieu rural pourrait changer la donne.

 

Lire aussi :«Enabling the Business of Agriculture 2019» : Le Burundi parmi les dix pays meilleurs promoteurs

 

Un spécialiste qui requiert l’anonymat nous donne son avis : « Il faut une sensibilisation accrue à l’intérieur du pays en montrant aux jeunes gens les opportunités qui s’offrent et les limites de la ville de Bujumbura par rapport à la situation de l’emploi », dit-il.  Il ajoute « Vouloir limiter le mouvement des jeunes qui viennent à Bujumbura nécessite beaucoup d’attention. Il ne faut pas que ça porte atteinte à la libre circulation des gens car chaque citoyen burundais a le droit de s’installer là où il veut et où il peut avoir un emploi. Les intervenants dans le secteur doivent sensibiliser et créer les conditions qui encouragent les jeunes à rester actif dans leurs milieux d’origine »

En somme, il faudra penser à l’encadrement de la jeunesse pour une bonne orientation dans leur quête vers l’employabilité surtout qu’une forte proportion des jeunes (60,3%) en milieu urbain et 60,4% en milieu rural aspirent à l’auto-emploi, tandis que 30,3% des jeunes du milieu rural et 26,8% du milieu urbain aspirent à un emploi salarié.

Les jeunes sont prêts à travailler, il ne reste qu’à intensifier les actions pour les accompagner.

https://www.banquemondiale.org/fr/country/burundi/overview

 

Janvier CISHAHAYO

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