Erica Gateka, cette burundaise qui donne une chance aux enfants défavorisés

Erica Gateka, cette burundaise qui donne une chance aux enfants défavorisés

Erica Gateka Matasi ©DR

Erica Gateka Matasi, une jeune burundaise vivant au Rwanda, à l’aide de ses amis, a ouvert un centre d’apprentissage de la langue anglaise. Un total de 70 enfants, âgé de 5 à 14 ans apprennent à lire et à écrire l’anglais gratuitement. De la  véranda  au centre d’apprentissage, elle nous raconte le grand périple de Ellie’s Corner, le choix du nom du centre et sa motivation.

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Sans emploi à son arrivée au Rwanda, la jeune fille de 25 ans est accueillie par une communauté qui la verra changer les choses du jour au lendemain. «Quand je suis arrivée au Rwanda, je faisais partie d’une communauté où il y avait une forte présence d’enfants défavorisés. Alors j’ai cherché à les aider. Sans moyens, je ne pouvais que leur donner ce que j’avais ; une excellente connaissance de la langue anglaise. Partager mes connaissances gratuitement me semblait être la meilleure chose à faire »

Dans un monde où rien n’est gratuit, les plus démunis trouvent un peu d’espoir au centre. Les enfants âgés de 5 à 14 ans, ont droit à 2h d’apprentissage d’anglais le weekend et pendant les vacances. Ainsi ces enfants qui n’ont pas les moyens ont la même chance que les autres et « ont besoin d’une personne qui croient en eux et qui leur montrent qu’en dépit de leur manque de moyens ils peuvent rêver grand et le devenir » dit-elle.

Le centre Elie’s Corner

En Décembre 2015, Erica  Matasi se documente sur comment enseigner les enfants de cet âge, cherche des livres et commence avec 2 enfants qui ne savaient ni lire ni écrire. « Deux fois la semaine, deux enfants venaient apprendre à lire et à écrire là où j’habitais. Ces enfants en ont parlé à leurs amis qui, en ont parlé à leurs amis. Je ne savais pas que ça allait avoir cette ampleur. C’est sur une véranda que je les enseignais. Quelques jours après, c’était impossible d’encadrer ces enfants dû à leur nombre. J’ai alors contacté tout celui qui pouvait m’aider. C’est ainsi que j’ai loué une maison, simple et pas chère»

Et de nous expliquer d’où vient le nom de son centre. «Quand je les enseignais encore sur la véranda, il y avait un petit garçon parmi mes élèves qui s’appelait Elie. Il est mort sur la véranda mais cela n’a pas empêché les autres de continuer. C’est là que j’ai compris à quel point c’était important pour eux».

Diplômée de l’Université Leadership du Burundi en comptabilité, Erica croit fermement  au changement. « Nous pouvons être les solutions aux problèmes qui nous entourent en commençant par  poser de simples actes en utilisant les dons que Dieu nous a donnés. Cela peut commencer par aider un enfant avec des frais académiques ou ramasser un papier dans la rue. Ce que je dis, c’est que le changement est possible. Le Burundi a besoin de notre énergie en tant que jeune ».

 

Propos recueillis par Miranda Akim’

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