Entretien exclusif avec Kidum : de sa tournée en Australie à ses projets en 2017, il dit tout !

Entretien exclusif avec  Kidum : de sa tournée en Australie à ses projets en 2017, il dit tout !

Kidum sur scène.©Akeza.net

L’année 2016 approche à sa fin, une occasion de poser un regard sur  toute l’année. Nous nous sommes entretenus avec Nimbona Jean Pierre alias Kidum, le doyen des artistes de la nouvelle génération. Avec lui, on revient sur sa récente tournée faite en Australie, et  sur ses perspectives d’avenir. Toujours fidèle  à lui-même, c’est  sans langue de bois que l’icône de la musique burundaise nous répond.

 

Akeza.net: Tu as récemment clôturé une tournée  en Australie. Le début de cette dernière était difficile mais par après les choses se sont plutôt améliorées. Quel est ton regard sur cette tournée ?

 

Kidum : Ma tournée en Australie m’a montré à quel point la crise politique a affecté les Burundais. On a des soucis certainement, mais l’important est que nous sommes tous  Burundais. Avoir des contentieux ne devrait pas faire à ce qu’on soit un peuple divisé.

Au départ les gens  se trompaient sur ma personne, me taxant d’être politiquement penché. Heureusement qu’ils ont fini par comprendre que je ne suis qu’un artiste, répondant ainsi massivement  dans mes concerts.

Pendant ma tournée en Australie, j’ai reçu une récompense de la part des autorités de l’Australie. Je tiens à remercier la diaspora de la région des Grands Lacs pour leur  hospitalité  légendaire  qu’ils m’ont témoigné pendant mon séjour à  Sydney, Adelaïde, Brisbane et Perth. On apprécie les points positifs de cette  tournée, tout en espérant améliorer les aspects négatifs la prochaine fois.

Akeza.net : Après la tournée en Australie, quelle est la suite ?

 Kidum : J’ai plusieurs programmes sur mon agenda dont les collaborations avec différents artistes. Je devrais être à Bujumbura en ce mois de Décembre, mais ça reste à confirmer. Je compte déployer plusieurs efforts dans la visibilité de mes œuvres.

Akeza.net : Pour dire qu’on peut s’attendre à un nouvel album en 2017 ?

 Kidum : Oui c’est fort probable. Je ne  lâche pas moi.

Akeza.net : L’aspect management de l’artiste compte énormément pour la réussite de sa carrière. L’opinion dit qu’en dépit de ton talent, tu fais face au défi de management. Ton commentaire ?

 Kidum : Ce n’est pas vrai. Si c’était le cas, je  serais déjà à la retraite. J’ai  les services de management et vous le savez tous. Seulement,  je suis un artiste avec plusieurs talents. Les autres artistes sont justes des chanteurs, et le reste, c’est le management qui s’en occupe. Je me souviens qu’à mes débuts je faisais tout.

Je reste  le seul artiste en Afrique de l’Est à garder le même orchestre depuis plusieurs années. J’ai tapissé l’idée qu’on doit se produire en musique live et  respecter les  standards. Toujours en Afrique de l’Est, je reste dans le cercle d’artistes  qui font plusieurs tournées l’année.  Quelqu’un peut m’expliquer comment on peut atteindre de telles réalisations sans management ?

Mais le management joue un rôle important dans la carrière d’un artiste. J’avoue que plusieurs  de mes collègues ont pu atteindre un succès immense qu’ils n’auraient jamais  connu sans management. Je dois dire que le management m’a poussé également, car à un moment gérer  une carrière seul devient trop pour une seule personne.

 

Akeza.net : L’opinion dit que tu te mêles trop de la politique de ton pays  en t’exprimant clairement sur des sujets sensibles, alors qu’un artiste devrait être impartial…

 

Kidum : Dire qu’on devrait être impartial, j’appelle ça de l’hypocrisie. Certaines personnes prônent les idées de la démocratie, mais ne tolèrent pas  un débat contradictoire. Je ne vise aucun poste politique. Dernièrement quand j’étais à Bujumbura  j’ai dit clairement mon point de vue sur la situation qui prévaut au Burundi, ce que n’était  qu’un point de vue d’un  simple citoyen.  Il y’en a qui ne vont pas apprécier ce que je dis en ce moment, et qui vont s’acharner sur moi, ce qui prouve malheureusement à quel point  la tolérance n’est pas dans notre culture.

Je suis  Burundais, j’utilise toujours  le passeport burundais, j’estime que j’ai entièrement le droit de m’exprimer sur mon pays. Ma mission est de réconcilier à travers la musique. Il ne faut pas oublier qu’on est d’abord Burundais avant d’être autre chose.

 

Akeza.net : Un dernier mot ?

 

Kidum : Certains Burundais aspirent  tellement à vivre dans un pays développé au point d’envier les autres. Or, on oublie que  c’est possible, que notre chère Burundi peut prospérer  car tous ces pays qu’on admire en matière de développement ne se sont pas faits en un seul jour. Mettons-nous à l’œuvre, c’est possible.

 

Propos recueillis par Armand NISABWE

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