Entretien avec Chef Coco, le chef cuisinier qui est presque né dans… une cuisine

Entretien avec Chef Coco, le chef cuisinier qui est presque né dans… une cuisine

Chef Coco REINRAHZ ©DR

Né d’un grand-père gérant d’hôtel et d’une mère cheffe de cuisine, Chef Coco tente l’enseignement technique avant de trouver sa voie. De nombreux voyages vers les pays africains réveillent sa passion qu’est la gastronomie et la cuisine devient son sanctuaire. Propriétaire d’un chic restaurant appelé «Epicure», Chef Coco cumule de nombreuses années d’expérience dans les métiers de la gastronomie. Depuis l’Afrique du Sud, nous nous sommes entretenus avec Chef Coco REINRAHZ.

 

Akeza.net : Quel est votre parcours ?

Chef Coco : Je suis né au Burundi, à Rumonge. J’ai grandi à Bujumbura et à 14 ans je suis parti rejoindre notre mère à Kinshasa. A 17 ans, je suis parti continuer mes études à Bruxelles où j’ai essayé l’enseignement technique et j’ai vite été rattrapé par mes gênes d’hôtelier. Après mes études en gestion hôtelière à Namur (Belgique), j’ai dû repartir à Kinshasa après le décès de ma mère, pour reprendre le restaurant familial.

En 1998, j’ai quitté Kinshasa pour Abidjan en tant que chef exécutif dans un hôtel pendant 2 ans. Je suis revenu à Bruxelles en 2000 pendant deux ans. Je suis arrivé à Johannesburg en 2002 en tant que consultant culinaire et je suis littéralement tombé amoureux du pays et depuis je me suis installé avec mon épouse et mes 3 filles. J’y ai ouvert plusieurs restaurants et je suis parvenu à me faire un nom dans cette ville cosmopolite.

Lire aussi : Vénérand KABURA : 42 ans dedans et l’art de cuisiner le fascine toujours !

 

Akeza.net : D’où vous vient la passion de la cuisine ?

Chef Coco : Je pense que dans mon cas, on ne peut pas parler de passion mais plutôt de quelque chose de génétique. Je m’explique.

Quand vous avez un grand-père qui est chef/gérant d’un hôtel (Hôtel Central à Bujumbura) et d’une mère cheffe de cuisine ( Cambrinus à Bujumbura et Le Pili-Pili à Kinshasa ) et que vous avez presque été accouché dans la cuisine où elle travaillait à l’époque ( restaurant de l’Entente Sportive de Buja ), vous avouerez que si vous devenez cuisinier, ce n’est pas une passion mais les gênes qui vous rappellent à l’ordre. Ceci dit, je suis un GRAND passionné de la cuisine africaine et du monde.

Une assiette de filet de Dorade et ses croquettes de banane plantain ©DR

Akeza.net : On entend souvent « Chef cuisinier », qu’est-ce que cela implique vraiment dans la vie ?

Chef Coco : Le CHEF CUISINIER est le cuisinier responsable de sa brigade (toutes les personnes travaillant dans une cuisine), responsable de la création des menus, calculs des coûts, de la discipline, etc. C’est souvent la personne qui donne le ton et l’âme du restaurant.

 

Akeza.net : Vous venez d’ouvrir “Épicure” en Afrique du Sud, votre propre restaurant. Comment décririez-vous l’ambiance d’Épicure ?

Chef Coco : Epicure est un restaurant qui se base sur la cuisine africaine contemporaine. En plus de cela, il y aura un rhum bar qui servira des rhums du monde entier. La carte de vins a aussi une grande place dans tout le projet « Epicure ».

Lire aussi : « Main gauche », l’homme à qui il manquait un bras mais qui ne se plaignait point !

Akeza.net : Le Burundi, la RDC, la Belgique, la Côte d’Ivoire et l’Afrique du Sud. Qu’avez-vous tiré de votre passage dans tous ces pays?

Chef Coco : Les plus grands enseignements que l’on peut tirer d’une quelconque expérience, c’est vraiment les expériences humaines. Ce n’est pas nécessairement les expériences professionnelles. Le Burundi c’est la famille, la RDC c’est les amis qui sont devenus une famille. Le plus important est de vraiment essayer de vivre chaque moment de manière pleine et prendre chaque pays comme une expérience qui vous fait avancer en tant que personne.

Au niveau strictement professionnel, c’est la découverte de nouveaux goûts, de nouvelles saveurs, de nouvelles façons de cuisiner qui sont très importantes pour moi. C’est la raison pour laquelle je voyage beaucoup. De mi 2016 à la fin de l’année 2017, j’ai visité plus de 17 pays africains. J’apprends beaucoup à chaque fois que je voyage.

 

Akeza.net : Pouvez-vous nous parler du festival « We eat Africa » ? Quel est votre rôle dans ce festival ?

Chef Coco : We Eat Africa (WEA) est le premier festival des cuisines africaines à Paris. Les festivaliers s’immergent, le temps d’une journée riche en saveurs, dans l’univers culinaire des pays d’Afrique à travers un ensemble d’activités : conférences, animations, dégustations, ateliers et démonstrations. Plusieurs pays africains sont à l’honneur cette année dont le Burundi que je vais représenter.

 

Akeza.net : Vous avez fait le nouveau menu de South African Airways ? Racontez-nous l’expérience.

Chef Coco : Cela fait un an que je fais le menu de South African Airways dans la classe affaire. Je trouvais qu’il manquait des plats africains dans les compagnies africaines. On a fait un contrat avec la compagnie, donc c’est moi qui fais les plats africains de toutes les lignes South African Airways en partance de Johannesburg.

Une assiette d’ailes de poulets Yassa et sa purée d’Igname ©DR

Akeza.net :Qu’est-ce qui vous manque le plus au Burundi ?

Chef Coco : Sans hésiter c’est ma famille. Mes deux frères qui habitent à Bujumbura. A chaque fois que je viens à Bujumbura, c’est toujours un régal. Ils s’occupent trop bien de moi parce que je repars avec des kilos de plus.

 

Akeza.net : C’est quand la dernière fois que vous étiez au Burundi et c’est quand la prochaine que vous venez au Burundi ?

Chef Coco : L’année dernière au mois de mai, malheureusement c’était pour une raison familiale douloureuse. Je ne sais vraiment pas la prochaine fois que je reviens.

 

Akeza.net : En termes de cuisine, quand vous voulez présenter le Burundi, qu’est-ce qui est au menu ? Ou alors quel est le plat typique du Burundi ?

Chef Coco : Comme je viens d’une région au bord du lac, à Rumonge précisément, j’essaye vraiment de mettre en valeur les beaux poissons qu’on a. Ce n’est pas facile à trouver. Par exemple sur ma carte j’ai des petit ndagala qu’on offre en entrée qui font un petit tabac depuis quelques jours. Il y a aussi les bananes vertes, les haricots qu’on peut présenter de manières différentes.

Une table réservée au restaurant Epicure ©DR

Akeza.net : Quel est votre plus beau souvenir de l’enfance à Rumonge ?

Chef coco : Mon plus beau souvenir reste nos vacances qu’on passait dans la maison de notre grand-mère et dans ses plantations de café. Elle avait un super four dans lequel elle nous faisait du pain frais le matin. J’adorais ça !

 

Akeza.net : Si votre cuisine était un genre de musique, que serait-il ?

Chef Coco : Waw, en étant métis moi-même, je dirais un genre de musique métissée. La musique comme la cuisine est un art. Cela dépendra alors de l’humeur du jour. Mais elle serait définitivement africaine.

 

Akeza.net : Quelle est la réalisation dont vous êtes le plus fier ?

Chef Coco : Je ne sais si on peut appeler ça une réalisation mais ma plus grande fierté c’est l’éducation de mes trois filles. Je pense qu’en tant que parent, on ne peut qu’être fier de ses enfants. Tout ce que l’on bâtit n’est qu’éphémère.

 

Akeza.net : Qu’est-ce qui ne manque jamais dans votre frigo ?

Chef Coco : Du champagne. (Rires)

 

Akeza.net : Quel est l’ingrédient que vous utilisez le plus dans vos plats ?

Chef Coco : Je pense que c’est le sel et poivre, la base de toutes les cuisines du monde mais aussi beaucoup de passion.

Une assiette de gigot d’Agneau grillé saupoudré d’épices Suya et ses chips de manioc ©DR

Akeza.net : En parlant de plats, quel est votre plat préféré ?

Chef Coco : Le riz et sombe que ma femme fait le dimanche.

 

 

Propos recueillis par Miranda Akim’

Comments

comments