Entrepreneuriat: Jean Richard ISHIMWE, le peintre-informaticien

Entrepreneuriat: Jean Richard ISHIMWE, le peintre-informaticien

Depuis son enfance, Jean Richard ISHIMWE a toujours été passionné par le dessin. Il dessinait avec un stylo soit à l’école ou à la maison. Toutefois, à l’âge adulte, ce n’est pas le chemin qu’il emprunte. Il se découvre une autre passion: l’informatique. Il poursuit ses études universitaires dans le même domaine, mais le dessin ne lui quitte pas l’esprit. À l’âge de 27 ans, il décide de se tourner vers la peinture. Découvrez son histoire…

Découverte d’un Informaticien reconverti en peintre

Âgé de 28 ans, Jean Richard ISHIMWE termine son baccalauréat en Informatique de gestion à l’Université Lumière de Bujumbura en 2017. Il poursuit présentement un Master en ligne dans une université chinoise. Étant un passionné du dessin, il décide alors de s’initier au design intérieur grâce à un ami qu‘il rencontre et qui va changer sa vision. « Quand j’étais encore à l’Université, j’ai rencontré un ami qui était déjà dans le design et le recyclage. Nous sommes restés ensemble pendant un an avant qu’il ne quitte le pays. Après son départ, je me suis dit que je devais suivre ses pas

Avec le décor intérieur, le jeune ISHIMWE a constaté que les tableaux rendent plus belles les maisons. Doù l’idée de les confectionner lui-même et de les mettre sur le marché. Son premier tableau date de juillet 2020 et il n’aurait pas pu voir le jour sans l’apport de son ami peintre Johnny NIBIZI. « C’est lui qui m’a tout montré. Le matériel à utiliser, notamment les pinceaux et les peintures. Il m’a aussi montré comment faire les toiles et les cadres. Une fois que je m’étais lancé, je lui envoyais des photos et il m’encourageait », reconnaît-il.

Jean Richard ISHIMWE, le peintre-informaticien ©Akeza.net

La peinture, un travail complexe

Le métier de peintre n’est pas facile. Selon ISHIMWE, peindre un tableau selon les préférences du client est un processus qui s’avère long, complexe et rude. «D’abord, je commence par le cadre. J’achète le bois et l’eucalyptus. Je les amène à l’atelier pour qu’ils soient découpés en tranches appelées lattes. Ces lattes sont découpées en fonction du cadre souhaité. Ensuite, je le couvre d’un tissu et je mets un fond soit noir, soit blanc ou rouge. Le fond dépend de ce que je veux faire du tableau. Enfin, je dessine en incluant des couleurs », explique-t-il.

Ces tableaux requièrent des outils différents qui ne sont pas toujours faciles à trouver. En outre, les peintures de qualité sont souvent difficiles à se procurer. Toutefois, il se réjouit qu’il existe des alternatives. «Les peintures que j’utilise proviennent soit de Robbialac ou de Rudi Paints et ce sont des peintures à huile ou à eau. Ces peintures sont toujours disponibles. J’opte donc pour celles-là».

Quelques tableau fait par DART ©Akeza.net

L’art de peindre exige de travailler en équipe

Avant de se lancer dans ce domaine, M. ISHIMWE consulte ses amis. « C’est avec Sabrina NDAYIZEYE que tout a commencé. Nous avons pensé ensemble au projet et nous nous sommes lancés par la suite. Elle m’aide beaucoup et je dirais que nous faisons presque la même chose. Nous discutons sur ce qui touche le design. Nous pensons ensemble à quoi ressemblerait le tableau, lequel serait beau à un endroit donné, la taille qu’il prendrait, etc.»

De gauche à droite: Sabrina NDAYIZEYE, Jean-Richard ISHIMWE et ©Akeza.net

En effet, pour que leur projet démarre, les deux amis avaient besoin d’un capital financier. Ils ont eu la chance de rencontrer Robin NGINGO, un jeune comme eux qui les aide financièrement. Il s’occupe également du marketing, c’est-à-dire la vente des tableaux. De plus, M. ISHIMWE a déjà signé un contrat avec Michel, un vendeur d’objets d’art, pour qu’il fasse la vente de ses tableaux. « Je les expose au Buja Café. Cela fait deux mois que nous collaborons et j’ai déjà vendu une vingtaine de tableaux » faitil savoir.

La peinture, un métier à promouvoir

Jean Richard ISHIMWE déplore que le métier de peintre ne soit pas encore valorisé au Burundi. « La plupart du temps, ceux qui achètent ne donnent pas la valeur de l’artiste ou du tableau. Souvent, la valeur donnée est la même par exemple qu’un cadre de photo. Le travail de l’artiste n’est pas valorisé et cela représente un énorme inconvénient.» Avant d’ajouter que la plupart des clients sont des étrangers, car ils semblent les seuls à comprendre le travail derrière.

Il se dit néanmoins engagé à développer son métier. Il envisage d’ailleurs d’ouvrir un bureau au centre-ville de Bujumbura pour faciliter l’accès à tout le monde. Avoir une entreprise qui vient en aide aux passionnés de la peinture en difficultés et se consacrer totalement au design intérieur, telle est son aspiration. « Voir tous les gens joyeux, rentrer chez eux en se sentant fiers est mon souhait. » Et il ajoute: « Que toutes les personnes ayant des idées ne restent pas assises. Si ce sont des moyens financiers dont elles ont besoin, que je sois en mesure d’en avoir afin de les soutenir dans leurs projets. S’il y a celles qui veulent juste travailler, je souhaiterais que mon entreprise puisse leur offrir un emploi »

Présentement, Jean-Richard ISHIMWE se dit fier de ce qu’il a accompli jusqu’à présent.« J’ai créé DART, le nom de mon entreprise et son logo. Un rêve qui devient réalité. »Il a même un compte Facebook (Dart) et un compte Instagram (Dartbdi) où il partage ses œuvres. 

Ce peintre-informaticien invite les autres jeunes ambitieux et passionnés par le dessin ou autre chose à ne pas baisser les bras et les appelle à l’innovation. « Travailler dans son domaine d’études n’est pas une condition. La clé dans toute réussite est dans la volonté de faire la différence, mais aussi dans la persévérance ».

Lynne-Clérina KANYENYERI S.

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