Entreprendre jeune au Burundi : Hidoine MWUHIRO et Steve BERGERR NZITONDA ont prouvé que c’est possible

Entreprendre jeune au Burundi : Hidoine MWUHIRO et Steve BERGERR NZITONDA ont prouvé que c’est possible

©A gauche, M. Hidoine MWUHIRO, Directeur de l’entreprise « UBUHINGA VIZION S.P.R.L.» spécialisée dans la programmation. A droite, M. Steve BERGERR NZITONDA, Directeur de « BERGERR ENTREPRISE YIW», spécialisée dans la pâtisserie.

Ils sont jeunes, passionnés, dynamiques et surtout entreprenants. Marquer de leur empreinte la sphère entrepreneuriale burundaise a été et reste leur ultime objectif. M. Hidoine MWUHIRO évolue dans le secteur des TIC (Technologies de l’Information et de la Communication). Il est directeur de l’entreprise « UBUHINGA VIZION S.P.R.L.» spécialisée dans la programmation. M. Steve BERGERR NZITONDA est à la tête de « BERGERR ENTREPRISE YIW », une entreprise alimentaire spécialisée dans la pâtisserie. Chacun de son coté trouve de plus en plus ses marques dans l’entrepreneuriat au Burundi. Dans un pays où l’emploi des jeunes reste un challenge, comment font-ils ?

 

La passion avant tout

 

Pour Hidoine MWUHIRO, la passion pour l’entrepreneuriat remonte à son jeune âge. Il confie : “ Depuis mon bas-âge, je m’étais éveillé à l’entrepreneuriat. Mais, à la fin de mes études supérieures, j’ai fait un passage dans une institution bancaire en tant que programmeur. En 2017, je me suis fait une auto-inspection et je me suis décidé de lancer ma propre entreprise. Je me suis alors associé à Allan Stockman RUGANO, un autre jeune programmeur pour créer « UBUHINGA VIZION S.P.R.L ».

 

Steve BERGERR NZITONDA puise sa passion pour la pâtisserie chez ses parents.
La passion pour la pâtisserie remonte à mon enfance. Un de mes parents s’intéressait beaucoup à la pâtisserie. Souvent, un chef cuisinier était invité à la maison pour préparer des plats. J’étais jeune, mais très attentif à ce qu’il faisait. Après mes études, l’idée de créer mon entreprise m’est venue. Cela fait 10 ans déjà.” précise M. NZITONDA.

 

À côté de l’amour pour la pâtisserie acquise de ses parents, Steve NZITONDA précise que la persévérance a forgé l’entrepreneur qu’il est devenu. Il explique : “ Au tout début de cette aventure, j’empruntais une somme de 30 000 BIF équivalant au coût de production d’un gâteau. Après avoir livré la commande et encaissé la paie, je remboursais la dette et je restais avec le bénéfice. Ce sont les bénéfices engrangées pour chaque commande livrée qui ont constitué mon capital’’.

 

En dépit des défis, croire en ses rêves

 

Bien qu’ils fussent passionnés par leurs projets, les défis n’ont pas manqué. Hidoine MWUHIRO confie: “Au début, le premier défi était de trouver des débouchés. On utilisait notre savoir-faire en créant des produits innovants, mais la clientèle n’était pas prête à consommer vu que nous étions nouveaux sur le marché. Étant habitué à des logiciels provenant de l’étranger (Kenya, États-Unis, France,…), les Burundais étaient réticents vis-à-vis de nos produits. Les gens ne croyaient pas en notre capacité de création’’.

 

Le travail de programmation demande beaucoup de ressources physiques et un personnel qualifié qu’il faut embaucher à chaque fois que besoin il y a. On se retrouve alors à fournir plus de sacrifices, ce qui peut nuire au bon fonctionnement des activités’’, précise M. MWUHIRO.

 

Pour M.NZITONDA, le grand défi a été le manque de matériels adéquats sur le marché local. “ Au Burundi, les machines sont quasi absentes dans les magasins. Et là où elles sont en vente, elles sont très chères. Les moyens ne nous permettent pas de nous les procurer. Nous sommes obligés de faire des commandes à l’étranger bien que le coût des matériels reste élevé ”.

 

Des défis à surmonter

 

Les Burundais pensent que, pour créer une entreprise, on doit trouver un investissement grandeur nature. Du coup pour se lancer, ils utilisent un capital conséquent. Sans expérience, ils voient leurs projets échouer. C’est pour cela qu’il faut commencer petit et surmonter progressivement les défis afin de se frayer son petit chemin’’, confie Hidoine MWUHIRO.

 

Steve BERGERR NZITONDA table sur l’innovation des projets. “ Il faut d’abord trouver une idée innovante afin d’apporter quelque chose de nouveau sur le marché. Et pour les entreprises fonctionnelles sans un capital suffisant, il faut qu’ils s’associent par domaine d’activités afin de se constituer un capital conséquent’’.

 

Mme Antonine CIZA BATUNGWANAYO, chef de la cellule communication à l’API (Agence de Promotion des Investissements) et porte-parole de l’API indique. “ Pour se lancer, il faut d’abord avoir une idée de ce que l’on veut faire et mûrir cette idée en étudiant sa faisabilité. Certains projets requièrent d’écrire un business plan (N.B : quel que soit la taille du projet, il faut une étude de faisabilité pour se rassurer de la réussite du projet) afin d’étudier le projet à fond et éviter autant que possible les pertes’’.

 

Elle ajoute : “ Selon le projet et le promoteur de ce projet, certains projets peuvent nécessiter des partenariats (financiers, matériels, associés, prêts ou dons…) ou des formations. Au cours de cette période, des services de l’API peuvent intervenir pour former, orienter ou appuyer les promoteurs selon leurs doléances’’.

 

Janvier CISHAHAYO

et Lynne-Clérina KANYENYERI

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