Enquête : Ce qu’on n’a jamais su sur le dossier « Abdelmalek-Saido» (2ème partie)

Enquête : Ce qu’on n’a jamais su sur le dossier « Abdelmalek-Saido» (2ème partie)

Saido Ntibazonkiza et Ahcene Ait Abdelmalek

Dans notre série d’articles sur le dossier «Abdelmalek-Saido», on  va vous présenter  la 2ème partie de notre enquête. Dans cette tranche, c’est toute la scène  du conflit qui est mise en exergue. Ainsi on apprendra que le coach Abdelmalek ne pardonne jamais selon ses dires.

 

Dans le précédent article, consacré  entièrement au voyage, le coach Abdelmalek s’était montré amical avec les joueurs locaux. Mais selon toujours nos sources, il jurait qu’il allait montrer  aux joueurs professionnels qui est le boss sans même les connaitre.

 

Elvis Mutoni, ancien responsable de la communication au sein de la FFB était à la   tête  de  la délégation du Burundi en Ile Maurice où tout a commencé. Il nous raconte l’histoire…

 

«Au moment de l’incident, je n’étais pas au stade, j’étais parti au siège de  la fédération mauricienne pour la réunion technique. A mon retour à l’hôtel, les joueurs étaient déjà dans leurs chambres pour la douche. C’est au moment du dîner que j’ai appris qu’il y avait eu un accrochage entre le coach et Saido».

 

«Je me suis dirigé vers le coach en premier lieu, il était très remonté et il n’a pas voulu me dire ce qui s’était passé. Tout ce qu’il m’a dit c’est qu’il allait montrer aux joueurs qui est le boss et qu’il n’y aurait plus d’indiscipline dans l’équipe».

 

« Je me suis alors dirigé vers Saido pour lui demander ce qui s’était passé et il m’a dit que le coach avait fait le tour des joueurs pour qu’ils lui disent dans quel pays ils jouent. Quand son tour est arrivé il a dit qu’il joue au Burundi et ses coéquipiers ont rigolé. C’est là alors que les choses ont dégénéré, le coach s’est énervé et ils se sont échangé des mots rudes et Saido lui a dit « c’est quel genre de coach qui va entraîner une équipe nationale sans connaître qui est le capitaine (ça c’est la version de saido) ». Il lui aurait même dit que c’est comme aller dans un pays sans en connaître le président (cela m’a été raconté par les autres membres de la délégation) et les esprits s’étaient échauffé».

 

«Ce que j’ai fait en premier je me suis dirigé vers Jimmy Ndayizeye  et Cédric  Kaze (coach adjoints àl’époque NDLR) pour leur demander pourquoi ils n’ont pas présenté les joueurs au coach et ils m’ont dit qu’ils ont introduit chaque joueur au coach notamment SaidoNtibazonkiza en lui disant qu’il joue en Turquie et que c’est le capitaine. Si les assistants avaient déjà présenté tous les joueurs je ne sais pas pourquoi le coach a exigé une nouvelle présentation».

 

«Après le dîner, il était presque 23h, le coach a exigé une réunion de recadrage des joueurs. Tous les officiels ont essayé de l’en dissuader comme le voyage avait été long et le match était pour le lendemain en lui disant qu’il fallait laisser les joueurs aller se reposer mais en vain».

 

«Il a tenu alors la réunion dans une des salles de l’hôtel où il a parlé tout seul pendant au moins 1h30 ne laissant personne intervenir ou poser une question. Les mots qui revenaient c’est que dans sa vie il ne pardonne jamais et Dieu le sait. Il se vantait aussi en disant qu’il a choisit le Burundi par amour du pays que sinon il avait eu une proposition plus intéressante dans la  Premier League anglaise pour diriger un centre de formation à Sunderland».

 

« Il a aussi dit au Docteur de l’équipe que plus jamais il ne sera docteur de cette équipe tant qu’il sera là. Il a nommé Fuadi qu’il ne connaissait même pas comme capitaine sans le consulter. Il l’a appelé Fadi, lui-même ne s’est pas reconnu quand il  l’appela  ainsi. Après ça, il donné la parole à celui qui voulait la prendre, et Saido lui a dit que dans sa vie de footballeur aucun coach ne l’avait jamais sous estimé et humilié de la sorte et que lui non plus ne lui pardonnera jamais».

 

«Il était presque 1h du matin. Les joueurs ont alors pris la parole tour à tour, ils ont dit au coach que ce qu’il venait de faire n’était pas du tout professionnel car avant de remplacer un capitaine et d’en nommer un autre,cela se fait discrètement et après en avoir bien discuté avec les concernés».

 

« Vers 2h du matin, le coach et les officiels sont sortis de la salle et on est resté avec les joueurs. Saido a dit qu’il ne jouera pas le match sous les ordres d’un coach pareil. Ses coéquipiers ont essayé de le raisonner en lui disant qu’il avait fait une erreur en disant qu’il joue au Burundi. Il fallait aussi  qu’il  reconnaisse qu’il était carrément le seul attaquant qu’on avait à la suite des absences de SelemaniNdikumana, Didier Kavumbagu  et Cédric  Amissi . Ils lui ont dit qu’il fallait qu’il joue pour le pays et non pour le coach, chose qu’il a fini par accepter ».

 

« Quand On est allé se coucher il était déjà plus de 3h30 du matin tellement les discussions entre joueurs étaient longues. Avant de dormir, j’ai envoyé un mail au président de la FFB pour lui donner un rapport détaillé de ce qui était entrain de se passer».

 

Dans la partie suivante, on vous parlera de ce qui a suivi. En dépit d’un mail du patron de la FFB pour éclaircir  les choses, le coach Ahcene Ait   Abdelmalek  a maintenu sa position. Malheureusement, il a assisté au match depuis les tribunes.

 

A suivre …

 

Armand NISABWE

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