Energies renouvelables au Burundi : Une alternative pour le développement malgré les défis du secteur

Energies renouvelables au Burundi : Une alternative pour le développement malgré les défis du secteur

Photo d’illustration de plaques solaires ©DR

Le Burundi fait face à un problème d’accès à l’énergie. Avec un accroissement de la population  et une urbanisation galopantes, les énergies renouvelables  sont une alternative pour gérer cette crise énergétique.  , le Rapport de 2012 sur les opportunités dans le secteur des énergies renouvelables au Burundi montre que  le Burundi est doté de nombreux atouts : potentiel hydroélectrique important, ensoleillement abondant, ressource géothermique à valoriser, ressource en tourbe  ainsi que d’autres possibilités de ressources en biomasse (déchets et bagasse).

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Pays équatorial et montagneux, le Burundi bénéficie d’un régime hydrologique important, avec  des possibilités de captage et de chutes favorables. En 1983, le gisement hydroélectrique du Burundi a été évalué à 1 700 MW dont environ 300 MW économiquement exploitables. Ce gisement pourrait être encore plus important selon de récentes études. On recense 156 sites potentiels et 29 sites existants  ou en passe d’être équipés. Actuellement, moins de 30 sites sont exploités.

Le potentiel  du  gisement solaire du Burundi est très intéressant. L’ensoleillement moyen reçu annuellement est proche de 2 000 kWh/m².an  soit l’équivalent des meilleures régions européennes (sud méditerranée). Des initiatives dans ce sens sont déjà palpables. Pour exemple, en 2017 a eu lieu le lancement officiel du projet de construction de la centrale solaire photovoltaïque (7,5 Mw) à Mubuga au centre du pays  dans la province de Gitega avec l’appui du Royaume des Pays Bas. L’hôpital Roi Khaled de Bujumbura dispose aussi  d’une centrale solaire  d’une puissance de 400 Kilowatt, financé par le Japon. La même formule est en train d’être étendue au niveau des centres de santé et des bureaux administratifs les plus reculés du pays.   

L’énergie éolienne n’est pas utilisée au Burundi. Son potentiel semble limité du fait que le gisement éolien au Burundi est inférieur à 4,8 m/s. Il ne semblerait donc globalement pas exploitable par des éoliennes industrielles selon les spécialistes.

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Aussi,  la production géothermique électrique  risque d’être plus compliquée. Elle consiste à  convertir directement la chaleur des nappes aquifères hautes températures (de 150 à 350 °C) à l’aide d’un turboalternateur. Pour des températures plus basses (100 à 150 °C), il existe des technologies à cycle binaire (usage d’un échangeur) beaucoup plus coûteuses et d’une technologie complexe. Le Burundi se trouve sur la vallée du Rift. Cette zone géologique dispose de potentialités géothermiques à l’échelle continentale. Malgré la  quinzaine de sources chaudes que compte le Burundi, les températures mesurées sont au maximum de 70 °C environ et il ne semble pas y avoir des  sources avec fumeroles connues qui indiqueraient la présence de températures plus élevées.

“Avec 70 000 abonnés en 2011, la demande  va plus en augmentant. D’ici 2020, plus de  150 000 abonnés sont envisagés.”

Un centrale électrique alimentée par de la biomasse existe à la SOSUMO (Société Sucrière du Moso). Il s’agit d’une unité de cogénération de 2 x 2 MW alimentée à partir de la bagasse (déchet de la canne à sucre) et fonctionnant durant toute la campagne sucrière de 6 mois. Malheureusement, cette turbine n’est raccordée qu’à l’usine de la SOSUMO (et aux bâtiments administratifs). Aussi, ses excédents éventuels ne sont pas valorisés par une injection sur le réseau de la REGIDESO.

Le Burundi dispose de gisements de tourbe estimés à 600 millions de tonnes. Le gisement exploitable serait de l’ordre de 47 à 58 millions de tonnes. La gestion de la tourbe est de la responsabilité de l’ONATOUR (Office National de la Tourbe). Toutefois, des études sur l’impact environnemental et la concurrence avec le bois de charbons sont nécessaires pour évaluer sa rentabilité.

Un marché énergétique non comblé

Pour l’heure, la production électrique est assurée majoritairement par la Régie de Production et de distribution d’Eau et d’Electricité (REGIDESO) qui dispose de 35.8 MW de puissance installée, dont 30,8 hydrauliques et 5.5 thermiques soit 97% de la puissance nationale installée. En plus des centrales hydroélectriques gérées par la REGIDESO, d’autres microcentrales hydroélectriques sont gérées par l’ABER2 (ancienne DGHER) et les privées (missions et Office du Thé du Burundi-OTB).

Le taux d’électrification était  proche de 10%  en 2012 et l’objectif  du gouvernement est  d’atteindre au moins 20% en 2020. Le  taux de croissance du nombre d’abonnés  actuels est  dépasse les 11% par an.   La marge de progression de la consommation électrique est importante : la consommation moyenne des ménages est relativement faible (aux alentours de 23 kWh/ménage/an) par rapport à la moyenne africaine de 150 kWh/an.

Avec 70 000 abonnés en 2011, la demande  va plus en augmentant. D’ici 2020, plus de  150 000 abonnés sont envisagés. La production nationale est inférieure à la consommation, une conséquence du sous-investissement dans le secteur de l’énergie depuis presque 30  ans. Le Burundi se retrouve dans l’obligation d’importer de plus en plus d’énergie. Le secteur de l énergie constitue pourtant  le levier pour les autres secteurs de production (industrie, transport, commerce, pêche, agricole, santé, éducation, tourisme, etc.), une raison de plus pour établir des stratégies claires pour le développement du domaine.

 

Elvis NDAYIKEZA

 

 

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