Emploi : Hommes dans un métier de femme, femmes dans un métier d’homme, comment ça se passe ?

Emploi : Hommes dans un métier de femme, femmes dans un métier d’homme, comment ça se passe ?

Mutima Jean Michel, fashion designer et Inès Mbesherubusa, ingénieur en électronique orienté en télécommunication ©Akeza.net 
Ce vendredi 14 décembre a eu lieu une conférence organisée par la société 3hi Africa dans les enceintes de l’Institut Français du Burundi. Une conférence qui avait pour objectif de diriger le débat sur  le genre vers  une autre voix.  L’employabilité sur terrain ou comment se faire respecter sur le lieu du travail qui soit disant ne t’était pas destiné.

‘’Monter sur le toit ? Donner un ordre à un ouvrier ? Hausser la voix contre lui s’il le faut ? Diriger un groupe d’hommes ? Pourrais-je vraiment y arriver ?’’ Au-delà de tous les défis que peut rencontrer une femme face à  une société dans laquelle elle se sent encore mise à l’écart de certaines professions, le doute intérieur est le plus dangereux des défis. Pour cette conférence, 4 orateurs étaient invités. Un exemple de ceux qui se sont engagés dans des métiers non « programmés » pour eux.

Consolée Njeneza  est  ingénieur en aménagement et urbanisme. Au départ, elle croyait qu’elle allait devenir docteur ou avocate. Cependant, elle s’est vue orientée à l’ETS (Ecole Technique Supérieur) . « La première chose que je me suis demandée était : est-ce que je serai à la hauteur ? J’avoue avoir eu un peu peur puisque c’est un ‘’métier d’hommes’’ se souvient-elle. Toutefois, avec l’expérience elle a découvert qu’au travail ce qui compte vraiment c’est la capacité intellectuelle.

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Odile, elle, exerce dans l’électricité industrielle. Quand sa famille  a su son choix professionnel, des tentatives pour la  dissuader de cette orientation se sont succédé. Toujours, les mêmes préjugés, mais elle s’y est accrochée. « Lorsqu’on fait ce qu’on aime, on est déterminé  » dit-elle

Les hommes ne sont pas à l’abri des préjugés liés au genre. Mutima Jean Michel est un fashion designer. Son entourage ne peut pas facilement comprendre comment il a pu prendre une telle voie, « un travail de femme » alors qu’il avait fait de bonnes études universitaires en communication. « Il ne faut pas écouter ces gens »  dit-il. Pour lui, il ne faut plus chercher à expliquer ses choix.  «J’ai décidé de  m’expliquer à travers le résultat de ce que je fais» affirme-t-il.

Et sur terrain, comment ça se passe ?

Consolée  affirme que des fois, les ouvriers peuvent facilement lui manquer de respect. « C’est comme si on était rabaissée juste parce qu’on est une femme », dit-elle.

Inès Mbesherubusa est une  femme mariée  et ingénieur en électronique orienté en télécommunication. Elle affirme que se faire respecter au travail est un grand défis auquel font face  plusieurs femmes  dans les métiers dits   « lourds » pour elles.  Lorsque des hommes sont sous l’autorité d’une femme, celle-ci a tendance à adopter certains comportements pour mieux s’affirmer. « S’il est nécessaire d’être autoritaire, il faudra l’être, s’il faut hausser le ton, devenir plus exigeant, il faudra oser le faire » dit-elle. Toutefois, elle conçoit qu’il ne faut pas perdre son identité et qi’il ne faut pas  être prisonnière de  ces nouvelles attitudes employés au travail. Pour elle, se faire respecter, ce n’est pas devenir ce que l’on voit chez l’autre pour se faire une place.

« L’employabilité, c’est développer ce que tu as de meilleur, le laisser s’exprimer et être meilleur », conclut Inès.

 

Huguette IZOBIMPA

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