Empire Avenue et Trust No Body, les dessous d’un conflit

Empire Avenue et Trust No Body, les dessous d’un conflit

Cela fait plusieurs jours que la tension règne entre le label Empire Avenue, cher au chanteur Sat-B, et le Trust No Body dirigé par le dénommé Wanda Boy. Plus qu’une simple tension, c’est une guerre ouverte que se livrent les 2 labels sur les réseaux sociaux. S’occupant du management de Sat-B depuis plusieurs mois, Trust No Body semble en vouloir à l’artiste et à son label de ne pas respecter les clauses du contrat qui les unissaient. Un mécontentement duquel ont découlé des fuites de sons inédits et une sortie quelque peu prématurée du morceau « Karabarya » de Sat-B. Mais dans le fond, quels sont les vrais contours de cette histoire ? Décryptons cela ensemble.

 

Depuis plusieurs jours maintenant, le conflit entre Sat-B et Wanda Boy fait polémique sur les réseaux sociaux. La guerre des mots par statuts Whatsapp et post Facebook interposés a vite fait d’enflammer la toile. Et entre supposition et accusation, il était temps d’essayer d’en finir et de faire la lumière sur cette situation qui noircit un peu plus l’image de l’industrie musicale burundaise.

 

Le nœud du problème

A en croire Wanda Boy, président de Trust No Body, le contrat qui liait jusque-là sa structure au label Empire Avenue de Sat-B n’aurait pas été respecté. En effet, les 2 labels auraient signé un contrat de partenariat et l’une des clauses de celui-ci stipulait que les 2 parties devaient partager tous les gains sur le travail qu’ils feront ensemble. Une clause qui selon Wanda Boy n’aurait pas été respecté. Selon lui Sat-B et Empire Avenue n’ont jamais été réglo en matière de finance depuis le début de leur partenariat.

« C’est une longue histoire, mais pour faire court Sat-B n’a pas jamais respecté ce qui est écrit  sur notre contrat. Nous sommes sensé partager les gains de toutes les productions dans lesquelles il est engagé à par égal. D’autant plus que c’est moi qui finance les activités depuis les débuts. Que ce soit pour les clips vidéo et les tournées à travers le pays. Pour faire simple, je n’ai eu connaissance des 3 derniers engagements de Sat-B qu’à travers la presse comme tout le monde. Pourtant selon notre contrat, je dois prendre part à toutes les négociations, apposer ma signature sur tous les contrats et toucher ma part en tant que partenaire. Ce qui est triste c’est que depuis le show de Gitega je n’ai pas vu un seul billet. Ensuite il y a eu le show de Cercle Hippique pour lequel je n’ai également rien touché. Pour le show de Meddy, il a voulu m’assurer qu’il n’avait encore rien touché et qu’il n’y avait même pas encore de contrat entre lui et DJ Paulin. Pourtant de par mon expérience, je sais qu’aucun promoteur sérieux ne peux afficher un artiste sans qu’ils aient un contrat signé ou qu’il n’ait versé ne fusse qu’une avance sur le cachet. Au bout du compte, j’estime avoir le droit de réclamer ce qui m’est dû quitte à entrer en conflit avec lui. Puisque je considère cela comme un manque de respect à mon égard», nous explique Wanda Boy.

En représailles à ce qu’il considère comme un affront, le président Trust No Body aura pris la décision de diffuser contre l’avis de Empire Avenue, 2 morceaux de Sat-B dont le morceau « So Good ». Ceci après la sortie prématurée en version audio du morceau « Karabarya », qui devait initialement sortir en version clip vidéo.

« Je l’ai fait pour lui montrer que j’étais capable d’être nuisible. Il s’est permis de sortir un morceau que nous avions fait ensemble sans mon accord. J’y ai pourtant investi de l’argent. Du reste je l’ai prévenu à l’avance que j’allais le faire », confie Wanda Boy.

Face à cette situation, Sat-B a décidé de réagir en conférence de presse pour lever toute équivoque et donner plus de lumière sur la situation.

Selon Sat-B, il ne s’agirait que d’un malentendu. Tout aurait origine dans l’affiche publiée par Cristal Events. Cette affiche parle du concert qui verrait le chanteur rwandais Meddy en collaboration avec Sat-B sur deux jours ici à Bujumbura les 29 et 30 décembre. « Wanda Boy a vu l’affiche et s’est dit que j’avais déjà  reçu de l’argent derrière son dos» a dit Sat B. Et d’ajouter « Pourtant, je n’ai même pas encore signé aucun contrat avec Cristal Events ».  La 4è close de leur contrat stipulait que les gains de toute activité faite par les deux labels devraient partages équitablement. A propos de cette close, Sat-B affirme qu’il était prêt à respecter son engagement mais que Trust No Body ne lui a pas laissé le temps avant de lui causer du tort.

« Ces derniers temps, Trust No Body ne créait rien qui puisse nous rapporter de l’argent. Ce projet avec Meddy était l’œuvre de Cristal Events qui y a tout investit. Ce projet aurait pu renforcer notre travail » dit Sat-B.

Me Hervé Barutwanayo, l’avocat de Sat-B,  admet que l’erreur a été commise en laissant l’affiche sortir sans que Trust No Body soit au courant. Toutefois, rien n’explique la réaction faite par ce dernier en s’attribuant le droit de publier deux chansons de Sat-B. Pour Me Barutwanayo, un droit d’auteur a été violé à l’endroit de Sat B. « Je peux imaginer la douleur que ressent Sat-B en ce moment » a-t-il dit. D’autant plus que le fait que  Sat-B ne pourra plus commercialiser ces deux propres chansons lui fait perdre énormément d’argent investi en les produisant.

Quel avenir pour les deux labels ?

Il semblerait que la collaboration de Sat-B et Trust No Body arrive à sa fin. « Avant de saisir la justice, la loi indique une étape de règlement à l’amiable et nous sommes donc encore  à cette phase » dit Me Barutwanayo.

Cependant, selon Sat¬B, cette négociation vise plutôt une rupture à l’amiable. « Comment pourrais-tu continuer à travailler avec quelqu’un qui t’as trahi ? » dit-il. « Ceci a été une expérience pour nous, maintenant nous saurons comment améliorer le contenu de nos contrats pour se protéger contre de telles situations » a fini Kent P, manager du label Empire Avenue.

Notons par ailleurs que le clip du morceau « Karabarya » est sorti ce jeudi 27 décembre à 18h. Un beau clip qui plaira au public qui l’attendait depuis un bon moment.

 

Huguette IZOBIMPA & Moise MAZYAMBO

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