Emballages biodégradables : vers la production d’un papier-emballage made in Burundi

Emballages biodégradables : vers la production d’un papier-emballage made in Burundi

Charles BAZERUKA ©Akeza.net

Charles BAZERUKA est un ingénieur technologue dans l’industrie textile de 61ans, spécialisé en tissage. Il a suivi une formation dans le domaine du textile en Russie de 1977 à 1983 et une année après son retour au pays, il travaille à la COTEBU où il reste pendant 23ans. A la fermeture de l’usine en 2007, il reste sans emploi. Des recherches qu’il a commencé au sein de la COTEBU avant sa fermeture le conduiront pourtant à un projet d’entrepreneuriat innovateur et ambitieux qui est sur le point de changer le cours de sa vie et de bousculer les habitudes d’emballage de toute une nation.

Un projet innovateur

Avant de quitter la COTEBU, Monsieur Charles BAZERUKA songe à valoriser les résidus de coton par la transformation de la cellulose en papier. Cette idée lumineuse lui est venue en tête en constatant l’utilité des grosses quantités des restes du coton, matière première utilisée dans son ancien lieu de travail. En effet, « les populations rurales achetaient les déchets du coton destinés à être jeté avec lesquels ils fabriquaient des matelas. Mais à cause de la mixture de toutes sortes de résidus contenus dans ces restes de coton, les infections cutanées et autres maladies surgissaient chez les propriétaires de ces matelas. »
Monsieur BAZERUKA s’informe alors sur Internet des différentes possibilités de traitement de ces résidus. C’est par la suite qu’il pousse loin ses recherches et découvre que même les déchets végétaux comme les troncs de bananiers peuvent être valorisés et recyclés en papier. De ces recherches résulte un projet de fabrication des emballages biodégradables qui va contribuer considérablement à la protection de l’environnement.

A côté des emballages bios, il développe parallèlement un projet de production d’une énergie naturelle formée à partir des déchets humains et animaliers appelée Biogaz.

Evolution du projet

La transformation de la cellulose en papier étant un procédé technique qui nécessite de gros moyens techniques comme des machines, Monsieur Charles BAZERUKA n’est pas encore à mesure d’assurer la production du papier. Néanmoins, son projet est actuellement parmi les cinq que le Burundi présente dans la Cop 22, la conférence internationale sur le climat. Il est toujours en attente d’un financement de la Banque Mondiale qui a approuvé son innovation.
En attendant de pouvoir démarrer la production de son propre papier à partir des résidus végétaux, il se contente d’utiliser le papier existant sur le marché pour fabriquer des emballages. Il ne s’arrête pas là, il « récupère le papier usagé des bureaux ainsi que de vieux calendriers et leur redonne une nouvelle vie en tant qu’emballages » nous dit Charles BAZERUKA.

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Les sac-emballages en papier sont très utilisés par les boulangeries et autres boutiques alimentaires. L’initiateur du projet des emballages bios a obtenu un marché chez Café Gourmand au début de la crise de 2015. « Je produisais entre 1000 et 1500 emballages par jour pour le compte de Café Gourmand mais comme leur besoin en emballages ne cessait d’augmenter, ils sont retournés vers leur fournisseurs habituel, qui se trouve au Kenya, dès qu’ils ont pu. »explique Monsieur Charles B. C’est un travail manuel fatiguant mais à lui seul, sans main d’œuvre, il est capable de produire jusqu’à 500 sacs emballages en papier par jour.

Une grande avancée pour limiter la pollution…

Les sac-emballages en papier biodégradables sont une véritable avancée pour limiter la pollution car les sachets en plastiques, très utilisés actuellement au Burundi, détruisent l’environnement petit à petit et présentent un réel danger pour les animaux qui broutent dans la nature. Par son concept d’emballages bios, Monsieur Charles BAZERUKA souhaite contribuer de façon significative à la lutte contre la dégradation des sols en faisant la promotion de l’utilisation de ses sacs faits en matériaux biodégradables.

Dès la mise en œuvre de son projet de production du papier made in Burundi, « la nation bénéficiera puisqu’elle n’aura plus à importer le papier de l’étranger » affirme Charles B. La population y trouvera son compte également par la création d’emplois qui s’en suivra et le changement des mentalités occasionné par l’adoption d’un mode de vie qui respecte l’environnement.

 

Inès IRAKOZE

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