Economie : Libérer le commerce transfrontalier pour fructifier les échanges

Economie : Libérer le commerce transfrontalier pour fructifier les échanges

C’est la recommandation d’une analyse sur les contraintes liées aux barrières réglementaires au commerce transfrontalier et aux coûts de mise en conformité d’importation et d’exportation. Pour le Professeur Leonidas NDAYIZEYE qui a présenté cette étude commandité par le Centre For Developpement and Enterprises Great Lakes ‘’CDE’’ en sigle, si les barrières non-tarifaires sont éliminées, la pauvreté sera un lointain souvenir.

 

‘’ Pour l’année 2018, les exportations informelles ont été portées à plus de 27 millions contre 8,6 des exportations formelles et les importations informelles s’élevaient a plus de 65 millions contre 4,6 des importations formelles’’, indique Aimable Manirakiza, directeur exécutif du CDE, dans son exposé.

Selon lui, plusieurs barrières non tarifaires et des barrières anticoncurrentielles se dressent devant les commerçants et le Burundi se trouve à la 166eme place pour la facilité des échanges transfrontaliers. ‘’ Ces barrières sont constituées entre autres de plusieurs procédures administratives entrainant des pots de vins’’, ajoute Aimable Manirakiza.

 

Pour lutter contre la pauvreté, le directeur exécutif du CDE recommande aux Burundais de commercer avec le monde et de cesser le protectionnisme. Aimable Manirakiza ajoute que la réduction des obstacles au commerce et la compétitivité des entreprises sont plus que nécessaires. « Pour y arriver, il faut une éducation au libre-échange », a-t-il précisé. C’est dans cette optique que le CDE a initié la campagne ‘’Fungua Njia’’

De son exposé sur vidéo-conférence, Dr Emmanuel Martin, membre du Conseil d’Administration du CDE, conseille aux commerçants locaux aux frontières d’être des leaders et à l’Etat de leur faciliter la tâche pour que ces marchants échangent même avec les vendeurs ambulants. ‘’ Cela va créer de l’emploi, de la croissance’’, poursuit-il. Selon lui, on met les bâtons dans les roues aux commerçants transfrontaliers qui ont de la bonne volonté par des procédures administratives or ‘’ il faut faciliter les choses pour que le commerce se développe’’, a conclu Dr Emmanuel Martin.

‘’ Les frontières remplissent trois fonctions principales à savoir la fonction légale, lafonction fiscale et la fonction de contrôle’’, indique le Professeur Leonidas Ndayizeye, enseignant à l’université du Burundi et membre du Conseil consultatif du CDE Great Lakes.

Pour lui, même si le commerce transfrontalier est majoritairement informel, cela ne signifie pas que ce genre de commerce est inutile et illégal.

Au Burundi, les estimations de l’’Institut de Statistiques et d’Etudes Economiques du Burundi ‘’ISTEEBU’’ et de la Banque de la République du Burundi ‘’BRB’’ informent qu’en 2018, les échangent transfrontaliers informels s’évaluent à 92 815,9 millions de Fbu. Ainsi pour le Professeur Leonidas Ndayizeye, ce commerce transfrontalier constitue un des aspects importants de l’environnement social et économique. ‘’ Ce commerce agit au moins sur deux aspects cruciaux de la sécurité  alimentaire à savoir l’accessibilité de la nourriture et sa disponibilité’’, précise le Professeur Leonidas Ndayizeye.

Et parmi les défis du commerce transfrontalier se trouvent la pauvreté en infrastructures, l’existence des conflits et les barrières non-tarifaires. Pour venir à bout de ces contraintes, le Professeur Leonidas Ndayizeye recommande la suppression des taxes trop élevées et la création des Zones d’Activités Transfrontaliers ‘’ZAT’’ afin d’éviter les agents de l’Etat qui exigent des pots-de-vin et les procédures administratives longues.

Olivier BIZIMANA

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