Economie : Les femmes seraient financièrement plus crédibles que les hommes

Economie : Les femmes seraient financièrement plus crédibles que les hommes

Dr Rédempteur NTAWIRATSA, Conférencier ©Akeza.net

Dans le domaine des services financiers, les femmes subissent une certaine discrimination. La preuve en est que le taux d’inclusion financière des femmes en Afrique – comme d’ailleurs dans le reste du monde – reste relativement faible. Cependant des récentes études au Burundi, tente à prouver que les femmes seraient financièrement plus crédible que les hommes. C’est ce que nous explique le Dr Rédempteur NTAWIRATSA dans son exposé au cours d’une conférence sur l’égalité des genres donnée le 08 Mars 2017 à l’Université du Lac Tanganyika.

 

C’est dans un article publié au CURDES (Centre Universitaire de Recherche pour le Développement Economique et Social) que le Dr Ntawiratsa expose les conclusions de ses recherches faites conjointement avec le Dr Cyriaque NZIRORERA en se basant sur les données de la FENACOBU (Fédération Nationale des Coopératives d’Epargnes du Burundi). Bien que la femme souffre d’une forme de discrimination en ce qui concerne les services financiers, les résultats des différentes recherches faites tendent à prouver que les femmes seraient plus crédibles financièrement par rapport aux hommes.

 

Lire : L’inclusion financière des femmes burundaises reste un défi à relever

 

En étudiant les données de la FENACOBU (2010-2014), on constate d’emblée une disparité entre hommes et femmes, cela dû à cette forme de discrimination financière dont en sont victimes les femmes. Ce qui par ailleurs est loin d’être un problème purement africain. Ainsi  en 2014, par exemple, les femmes ne représentaient que 21% des clients de la FENACOBU, soit 6950 des 32331 clients de la Fédération. Sur la période 2010-2014, les femmes ne représentent que 23% des clients de la FENACOBU, soit moins d’un quart.

 

Cette disparité se constate également dans les montants des crédits octroyés. En 2014 le montant le plus élevé accordé à un client était de 30 millions FBU pour les hommes contre 23 millions FBU pour les femmes. Des chiffres qui tentent  de  prouver que les femmes seraient discriminées.

 

Mais en dépit de cette disparité, le comportement adopté par les femmes lorsqu’il s’agit de contracter et de payer un crédit est assez exemplaire. En effet, la responsabilité de la femme face à la dette semble s’expliquer par le fait que cette dernière serait moins encline à prendre des risques – une hypothèse qui fait toujours l’objet d’un débat–. Signalons que dans le monde de la finance, on a tendance à ne pas proposer des produits financiers à risque à des femmes.

 

Les chiffres de la FENACOBU le prouvent encore mieux. Selon ses chiffres les hommes emprunteraient jusqu’à trois fois plus que les femmes. Ainsi, le pourcentage des hommes en défaut de payement semble être à l’image de leur pourcentage d’emprunt, dans ce sens qu’il représente le double, voir même le triple de celui des femmes. En effet, ce pourcentage était de 13% contre 7% pour les femmes en 2010, de 12% contre 6% en 2011, de 11% contre 7% en 2012, 9% contre 3% en 2013 et de 10% contre 5% en 2014. Les femmes seraient donc plus responsables face aux dettes. Ce qui la rend financièrement plus crédibles.

 

Pour le Dr Ntawiratsa, la discrimination des femmes dans le domaine du crédit est à long terme préjudiciable pour les IMF en ce sens qu’ils se privent de clients solvables, ce qui par ailleurs constitue un manque à gagner considérable au niveau de la marge d’intermédiation pour ces institutions. Il recommande donc aux institutions des Micro Finances de réserver un traitement préférentiel aux femmes en appliquant les conditions d’accès aux crédits et en abaissant les taux d’intérêts débiteurs des IMF.

 

Des efforts considérables devront donc être conjugués pour qu’enfin les femmes puissent avoir accès au crédit à la même échelle que les hommes, ce qui serait une contribution de taille à la vision d’un monde d’égalité entre homme et femmes 50/50 d’ici  2030

 

Moïse MAZYAMBO

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