Echanges et communication : le quotidien réclame le swahili aux burundais

Echanges et communication : le quotidien réclame le swahili aux burundais

Photo d’illustration ©DR

Face au Kirundi, langue maternelle des burundais, le swahili qui autrefois été considéré comme une langue de « rue » et de personnes malpolies par certaines personnes, se fait petit à petit une place au quotidien.  Bien formulées ou pas, aujourd’hui il est fréquent d’entendre des conversations en swahili. Alors que des enfants étaient punis pour avoir prononcés quelques mots de swahili, aujourd’hui, ils sont félicités par leurs parents lorsqu’ils s’expriment bien dans cette langue. Mais que s’est-il passé au juste ?

Au commencement, il y avait l’EAC…

De manière plus générale, l’intégration du Burundi à la Communauté Est-Africaine a accéléré l’importance et l’usage du swahili. En plus d’être une des langues officielles de la CEA, le swahili est parlé par la grande majorité des habitant de l’EAC en l’occurrence les Tanzaniens et les Kenyans. Ceci sous-entend que pour aujourd’hui et demain, bien s’exprimer en swahili est un atout non négligeable dans cette communauté.

D’un autre côté, pour traiter en affaires avec efficacité, il faut souvent parler la langue de son interlocuteur. Là encore, face aux communautés kenyanes et tanzaniennes, il vaut mieux comprendre et parler la langue. Nous sommes bien loin de cette époque où il fallait parler swahili pour causer à son garagiste dans le meilleur des usages.

 Dans la vie de tous les jours

Certains endroits obligent que l’on soit capable d’utiliser le swahili pour mieux s’entendre. Pour A. Kelly, tu ne peux pas bien négocier le prix d’un bon pantalon au marché de Kamenge sans l’aide du swahili.  Le Burundi a déjà intégré cette langue officielle de l’East African Community dans le cursus éducationnel. Maintenant vient le tour des échanges commerciales. « Pour montrer au vendeur qu’il ne pourra pas te mentir, tu utilises le swahili » révèle Antoinette K. Il s’agit aussi de créer un climat familier avec le vendeur lorsque tu te rends compte qu’il préfère le swahili au Kirundi.

Au quotidien, il existe des activités surtout culturelles et sportives qui expliqueraient cette tendance à apprécier petit à petit le swahili. Le sport par exemple regorge de joueurs s’exprimant en swahili.  Guy B., un fan de l’équipe nationale, dit aimer discuter en swahili car cela lui accorde le sentiment d’appartenir au monde de ses joueurs préférés.

De temps en temps, vous remarquerez également que les chansons en swahili (burundaises ou pas) ne passent plus inaperçues chez les jeunes qui les reprennent même dans des karaokés.  « Le swahili nous tient vraiment » dit Rivaldo, artiste comédien dans la troupe Umushwarara. Et Lewis N. de le compléter : « le business se marie bien au swahili, c’est une langue qu’il est impossible de contourner aujourd’hui ».

Comme quoi une langue peut changer de statut et de classe en l’espace d’une génération.

 

Huguette IZOBIMPA

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