EAC : Augmenter l’exportation de produits manufacturés d’au moins 40% d’ici 2032

EAC : Augmenter l’exportation de produits manufacturés d’au moins 40% d’ici 2032

Une usine de fabrication d’emballage en carton au Kenya ©DR

La communauté est-africaine souhaite augmenter la part du secteur manufacturier dans le PIB régional. Une part qui s’élève actuellement à 10%. Cela devrait passer par une nouvelle politique d’industrialisation massive pour promouvoir le secteur.

 

Une croissance en dents de scie

Le secteur manufacturier dans la région est-africaine a subi plusieurs remous ces 10 dernières années. Alors qu’en 2006 la croissance du secteur atteignait les 8%, celle-ci s’est vu baisser sous la barre des 2% (1,4%) en 2012 avant de se redresser en 2015 (5,7 %) et de perdre 4,7% en 2016. Une évolution en dents de scie qui n’arrange pas toujours les affaires des pays de la sous-région.

La sous-région a donc besoin de cette nouvelle politique qui devrait redynamiser le secteur manufacturier et le rendre compétitif. Car si la croissance du secteur manufacturier de l’EAC est plus élevée que dans le reste de l’Afrique Sub-Saharienne, elle reste bien en-dessous des industries d’Afrique de l’ouest ou encore de l’Ethiopie.

Selon Ruth Pollak, conseillère en recherche et politique industrielle de l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel, «la croissance du secteur manufacturier EAC n’est pas suffisante pour créer une transformation structurelle ou atteindre des objectifs d’industrialisation ambitieux». Il est donc impérieux de mettre en place des mécanismes pour rehausser le niveau de croissance des du secteur manufacturier.

 

Un marché de près de 160 millions d’habitant

Le défis est celui de reprendre l’ascendant sur les pays d’Asie (Chine, Inde, Japon) qui ont peu à peu prit le contrôle du marché est-africain. Un marché de près de 160 millions d’habitant. En effet, avec respectivement 9.3 milliards, 8.7 milliards et 1.4 milliards, ces trois pays (Chine, Inde, Japon, ndlr)  sont devenus les principaux fournisseurs de produits manufacturés dans l’EAC.

Une industrialisation effective de la sous-région  ne sera possible que si les industries disposent d’un environnement propice à la croissance, à la prospérité et à la compétitivité à l’intérieur et à l’extérieur de la région. Des conditions qui jusque-là restent difficiles à garantir puisque les industries de la sous-région souffrent encore du coût élevé des affaires, de l’instabilité macroéconomique et de l’afflux d’importations.

La diversification des industries, la régulation du coût des affaires et l’instauration d’un cadre macroéconomique propice permettraient de relever le niveau de production des industries de la sous-région et ainsi rehausser la part d’exportation. L’objectif étant qu’elle atteigne la barre des 40%  d’ici 2032 contre les 10% actuel.

 

5 objectifs à atteindre

L’EAC dans son plan de redynamisation de l’industrie s’est fixé 5 objectifs bien précis qui selon l’institution permettraient l’essor d’un secteur manufacturier prospère.

En premier diversifier la base de fabrication et augmenter le contenu local à valeur ajoutée des exportations fondées sur les ressources à au moins 40% d’ici à 2032. Renforcer les cadres institutionnels et les capacités pour la conception et la mise en œuvre des politiques industrielles, et la prestation efficace des services de soutien.

Il est important de renforcer la recherche et le développement, la technologie et les capacités d’innovation pour favoriser la transformation structurelle du secteur manufacturier et la modernisation industrielle.

L’EAC vise l’expansion du commerce de la fabrication en augmentant les exportations manufacturières intra-régionales par rapport aux importations totales de produits manufacturés dans la région à au moins 25% d’ici 2032, augmenter la part des exportations manufacturées par rapport aux exportations totales de marchandises à au moins 60% et transformer les petites et moyennes entreprises en entités commerciales viables et durables capables de contribuer à au moins 50% du PIB manufacturier par rapport au taux de base de 20%.

Des objectif qui, une fois atteint, permettrons la transformation de l’économie de l’EAC en une économie moderne et industrialisé qui peut générer durablement des résultats suffisants pour satisfaire les marchés domestiques et les marchés d’exportation et augmenter rapidement les revenus par habitant pour améliorer le niveau de vie de leur population.

 

Moïse MAZYAMBO

Comments

comments