Du palais à la télé, la princesse Esther Kamatari du Burundi se raconte…

Du palais à la télé, la princesse Esther Kamatari du Burundi se raconte…

Du palais à la télé, la princesse Esther Kamatari du Burundi se raconte… ©DR

A l’affiche de la série télévisée River Hotel, la princesse Esther KAMATARI du Burundi incarne l’épouse du propriétaire de l’hôtel. Invitée sur le plateau de TV5MONDE AFRIQUE, Esther a retracé un parcours atypique, du palais au Burundi à la télé en passant par le mannequinat.

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Elle naquit le 30 novembre 1951 du prince Ignace KAMATARI. Esther s’exilera ensuite en France suite à l’assassinat de son père survenu en 1964. Elle entreprend une carrière de mannequinat qui la propulse et elle devient la première noire à fouler les podiums français dans les années 70.

Maintenant âgée de 66 ans, Esther tente un nouveau territoire, la télévision. Dans la nouvelle série « River Hotel », elle est la femme du riche propriétaire congolais et ne peut pas avoir d’enfants alors elle laisse son mari avoir de petites aventures mais surveille en douce la semence. La série est tournée au Congo et reste pour Esther une des plus belles expériences. « Je trouve cela extraordinaire de commencer une carrière cinématographique au Congo. Au bord du fleuve Congo. C’est une très belle expérience.  Et je pense que tout le monde, toutes les femmes dans tous les cas, devraient avoir l’esprit ouvert pour se remettre en question tout le temps et recommencer de nouvelles choses » dit-elle majestueusement.

Petite, la princesse rêve de devenir pilote de chasse, d’aller sur la lune ou même de faire de la plongée. Aujourd’hui elle rêve de transmettre l’art du beau. « Au palais, il n’y avait pas de magazines. Je crois que les magazines c’est Paris Match que j’ai dû voir et en couverture, il y avait toujours une blonde aux yeux bleus. Malgré mon imagination débordante, je ne pouvais pas m’imaginer blonde aux yeux bleus. Donc je rêvais de devenir pilote de chasse, je rêvais d’aller sur la lune, je rêvais de faire de la plongée. Mon rêve est de transmettre l’art du beau, l’art de l’élégance aux nouvelles générations. C’est d’ailleurs ce que je fais depuis des années »

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Sur le plateau de TV5MONDE AFRIQUE, princesse Esther ressasse aussi ses plus beaux souvenirs d’enfance au palais au Burundi. « Mes plus beaux souvenirs d’enfance sont quand le roi Mwambutsa (le frère de mon père) m’emmenait au cinéma dans une voiture décapotable, style américaine. Evidement je ne sortais pas par la portière, c’était trop facile, il fallait que je saute. Et qu’il me donnait de l’argent pour que j’aille au cinéma et que j’invitais tous les copains du quartier » se rappelle-t-elle.

Avant d’ajouter « on achetait les billets. La première partie de nous allait voir le début du film. Quand ils sortaient on mettait le tampon sur la main. Quand ils revenaient à l’entracte boire le Fanta, c’était une deuxième équipe qui y allait. Puis à la fin du film, on se racontait toute l’histoire ensemble. Ça, c’était une belle histoire »

A 17 ans, Esther est orpheline, à Paris, inconnue de tous et dépourvue de toute richesse du palais. Elle fait cependant une rencontre qui allait changer sa vie pour toujours « Je sors de l’avion et je suis les autres (c’était la première fois que je prenais l’avion, il suffit de regarder et comme ça on apprend). Et puis d’abord je suis fascinée de voir le tapis roulant. […] et donc je me suis assise par terre et je me suis dite, je suis la princesse Esther KAMATARI du Burundi et il m’arrivera forcement quelque chose. Donc je reste et je prends du temps. Et il y a un Monsieur qui vient vers moi. D’où venez-vous ? Qui êtes-vous ? Etc. Je lui raconte ma vie, il m’invite à Paris, il me loue une chambre pour dix jours et me donne deux billets de 500 francs à l’époque. Il va me serrer la main et va me dire bonne chance.  Cette personne-là que je n’ai jamais revue, je ne sais pas s’il est toujours en vie m’a ouvert les portes de la France » se souvient-elle.

Sa carrière dans le mannequinat est rendue possible grâce aussi à une rencontre hasardeuse. Ainsi des rencontres successives font d’elle un grand mannequin à l’échelle internationale.

Miranda AKIM’

 

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