Dossier Microfinance : quelques chiffres clés pour comprendre l’évolution du secteur

Dossier Microfinance : quelques chiffres clés pour comprendre l’évolution du secteur

Image d’illustration de Coopératives d‘Épargne et de Crédit (COOPEC) à Gitega ©DR


D’une part, les IMFs enregistrent plus de 80% d’usagers des services bancaires au Burundi, et d’autre part, ces établissements de micro-crédit ne comptent, au niveau de tout le marché bancaire, que 21% des encours des dépôts et 23% des encours de crédits.

Apparus au Burundi dans les années 1980, les établissements de microfinance ont proliféré au cours de la décennie qui a suivi profitant du vide juridique et se sont principalement livrés aux activités d’épargne et de crédit. Ce n’est qu’à partir de 2006 qu’a été mise en place un cadre légal et réglementaire régissant les activités de ce secteur.

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Taux de pénétration des IMFs

Le dernier rapport sur la stabilité financière de la BRB a indiqué qu’en 2016 le secteur de la microfinance comptait 33 IMFs agréées dont 15 coopératives d’épargne et de crédit, 17 entreprises de microfinance et 1 programme de micro-crédit avec 30 IMFs actives. Aujourd’hui, l’autorité monétaire recense 39 IMFs agrées avec plus de 250 agences et points de services répartis sur le territoire national.

La politique de décentralisation de ces derniers a permis, en outre, une relative hausse du taux de pénétration des services financiers formels dans le pays (établi à 22% en 2014, dernière statistique disponible). En effet, estimé à moins de 500 000 en 2010, le nombre de clients des IMFs est passé à plus d’un million en 2014, soit plus de 83% des clients des services financiers formels au Burundi.

Offre de services financiers des IMFs

À la fin de l’année 2010, l’ensemble des dépôts des usagers auprès des IMFs représentait 43 milliards Fbu et l’encours de crédit 46,1 milliards Fbu.  La progression considérable du nombre de clients dans ce secteur a ainsi permis l’augmentation des ressources et emplois du secteur.

En effet, d’une part, les ressources des IMFs se sont considérablement améliorées en s’établissant en 2016 à plus de 232 milliards Fbu, une évolution essentiellement liée à une croissance des dépôts qui se sont établis à 133 milliards Fbu mais aussi à celle des fonds propres qui sont passés à 71 milliards Fbu.

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Répartition des ressources des IMFs en 2015 et 2016

D’autre part, les emplois du secteur ont également connu une augmentation significative en lien surtout avec la hausse des crédits, estimés à 138 milliards Fbu en 2016, soit 59% du total des emplois.

Répartition des emplois des IMFs en 2015 et 2016

Toutefois au regard des encours des dépôts et crédits réalisées par les IMFs en 2015 et 2016, il est clair que les ressources de ce secteur se trouvent toujours limitées et ne permettent pas aux IMFs d’accorder suffisamment de crédits.

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En effet, le secteur bancaire détient encore les plus grandes parts des encours des dépôts et crédits. Selon la BRB, le secteur des IMFs ne présentait en 2014, au niveau de tout le marché bancaire, que 21% des encours des dépôts et 23% des encours de crédits.

Blaise NKURIYINGOMA

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