Dossier « Microfinance » : 30 ans plus tard, la microfinance est-elle une réussite au Burundi ?

Dossier « Microfinance » : 30 ans plus tard, la microfinance est-elle une réussite au Burundi ?

Créée au Burundi par le Bureau Central des COOPEC en 1984, le secteur de la microfinance a renouvelé l’activité financière par des pratiques innovatrices à l’image des crédits solidaires. Aujourd’hui, ce secteur compte près de 40 microfinances constituées par de coopératives d’épargne et de crédit, d’entreprises de microfinance et d’un programme de micro-crédit.

30 ans après l’apparition des premières institutions de microfinances au Burundi, la rédaction d’Akezan.net entame un dossier d’articles sur ce secteur

Créée dans les années 1970 pour servir les populations jadis exclues des banques classiques, l’expansion de la microfinance s’est réalisée grâce à des figures aussi emblématiques que Muhammad Yunus, économiste et entrepreneur bangladais, connu pour avoir fondé la première institution de microcrédit, la Grameen Bank, qui lui valut en 2006 le prix Nobel de la paix ainsi que le surnom de « banquier des pauvres ».

 

En 2016, le nombre d’agences et de points de services de IMFs était estimé à 256. Ils étaient au service de plus de 80% de la clientèle des institutions financières formelles

Au Burundi, la première microfinance a vu le jour grâce au mouvement COOPEC lancé par le Bureau Central des COOPEC. Depuis, le secteur de la micro-finance a connu la prolifération des IMFs (Institutions de Micro-Finance) à cause de la non réglementation du secteur qui n’est intervenue que plus de 20 ans plus trad (22 juillet 2006).

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Actuellement, la BRB recense 39 IMFs dont 16 coopératives d’épargne et de crédit, 22 entreprises de microfinance et un programme de micro-crédit. Les derniers rapports de cette même institution sur la stabilité et l’inclusion financières ont estimé à 256 le nombre d’agences et de points de services de IMFs en 2016 au service de plus de 80% de la clientèle des institutions financières formelles.

Malgré leur immense majorité, les IMFs restent de petits acteurs du marché financier burundais totalisant en 2016 moins de 235 milliards de Fbu d’actifs, soit 11% des parts du marché

Dans les pays en voie de développement comme le Burundi où l’accès aux services bancaires est limité à une part relativement faible de la population, la microfinance a été considérée comme un outil indispensable dans la lutte contre la pauvreté et l’exclusion bancaire en rendant plus facile le crédit (micro-crédits), l’épargne, le transfert de fonds, l’assurance (micro-assurances), etc.

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Malgré leur immense majorité, les IMFs restent de petits acteurs du marché financier burundais totalisant en 2016 moins de 235 milliards de Fbu d’actifs, soit 11% des parts du marché. Aussi, il est important de noter la forte concentration enregistrée dans ce secteur avec 79% des actifs qui sont détenus par 4 IMFs.

Par un octroi de microcrédit et une collecte d’épargne parmi les oubliés des banques classiques, les IMFs ont innové l’activité financière au Burundi par des pratiques aussi innovatrices que les crédits solidaires.

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Dans ce dossier d’articles, nous allons revisiter le secteur en profondeur , revenant sur des éléments clés telles que  les Ressources et les emplois du secteur , la Qualité du portefeuille crédit , Les Fonds propres et liquidités du secteur ou encore la Rentabilité du secteur.

 

Blaise NKURIYINGOMA

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