Diani Beach : Du soleil, des hôtels de luxe et des plages à perte de vue

Diani Beach : Du soleil, des hôtels de luxe et des plages à perte de vue

Swahili Beach Resort , un hotel sur Diani Beach

Si l’on devait faire un spot publicitaire avec des images aériennes, Diani Beach serait la destination de rêve numéro 1 : le confort, la classe, la beauté, la propreté, l’immensité et la majesté des lieux. Cette succession d’hôtels et de plages de luxe a été conçue pour accueillir des hôtes de marque ou des gens qui se considèrent comme tels.

 

Des patrons jeunes et africains

 

Les managers des hôtels sur les plages Diani géraient de très grands hôtels un peu partout dans le monde avant. Tel gérait Serena Hôtel à Nairobi, cet autre gérait un grand hôtel en Afrique du Sud,  tel autre est même revenu d’aussi loin que l’Australie, etc.

 

Comme quoi pour avoir la qualité, il faut y mettre le prix. Ces jeunes managers dynamiques et bien connectés ont redonné souffle de vie à ces hôtels qui frisaient le taux de fréquentions près ou égal à zéro (Une situation qui n’est pas sans rappeler celle des hôtels du Burundi où le taux de fréquentation a fortement baissé suite à la crise en cours).

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Pour la petite histoire …  Il y a quelques années, les attaques terroristes ont touchés la cote kenyane, pas très loin de Diani. Depuis, ces hôtels naguère avec un taux de remplissage proches des 100 % tout au long de l’année ont connu la période des vaches maigres. Les occidentaux, principaux touristes de ces plages de luxe construites sur le modèle Miami ou Caraïbes les ont désertées. Il a fallu attendre des années et recentrer la cible des clients avant de retrouver quelques clients.

 

L’East Africa les a sauvés

 

Jeff, manager de Sahili Beach confie : « des clients venus de l’Afrique de l’Est ont commencé à venir. Des gens venus du Kenya bien sûr, de l’Ouganda, du Rwanda et même du Burundi. Ces gens-là nous ont sauvés. Ils nous ont permis de relancer le business. Aujourd’hui, des clients venus du monde entier remettent timidement le cap sur Diani mais les jours précédents ont été durs », se souvient-il.

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L’union fait la force 

 

Chacun des établissements hôteliers de Diani a ses qualités. D’ailleurs, à vrai dire, ils ont beau avoir des hôtels différents, ils ne se font pas de concurrence. Les patrons se sont constitués en un groupe de managers qui se rencontrent chaque semaine pour partager sur les possibilités de vendre leur destination touristique au monde.
Peut être une bonne chose que les hôteliers du Burundi devraient apprendre…

 

Eléments du succès

 

Le succès de tels établissements repose sur un grand effort du secteur privé mais aussi et surtout un investissement immense et continu de l’Etat. Si ces hôtels sont si appréciés, c’est avant tout parce que l’élément humain fait des merveilles : le personnel est dynamique et dévoué parce que bien éduqué et bien formé.

Pools

Rien ne remplace la formation. Ce n’est pas pour rien que l’on désigne l’industrie touristique avec le mot « hospitalité ». Cette industrie est appelée à accueillir et à satisfaire des gens de tous horizons. Au Kenya, des écoles spécialisées dans ce secteur ont beaucoup contribué à la qualité des services offerts et au professionnalisme que l’on observe sur terrain.

 

Et ne vous y trompez pas : quoi que tu aies à offrir à tes touristes, s’ils ne se sentent pas à l’aise, ils n’auront aucune envie de rester ou de revenir chez toi.

 

Ici, on peut s’interroger : que fait-on au Burundi pour professionnaliser le secteur ? Avons-nous des guides touristiques dument formés ? L’Etat favorise-t-il l’investissement ? Qu’en est-il de la conservation de la nature ? Peut-on dire que c’est un secteur mis en avant vu que c’est tout de même l’un des secteurs qui rapportent le plus pour le pays (2e en 2014 avec 12 % du PIB) ? Quelles sont les politiques mises en place pour rejoindre nos voisins qui investissent lourdement dans l’industrie hospitalière ? Quelles facilités offrons-nous aux touristes au moment où le Kenya, le Rwanda et l’Ouganda proposent déjà un visa touristique unique ? Pourquoi n’avons-nous pas une grande foire touristique pour faire découvrir notre beau pays aux professionnels du secteur touristique et aux touristes eux-mêmes comme cela se fait déjà en Ouganda avec Pearl of Africa , au Rwanda avec Kwita Izina , au Kenya avec Magical kenya , etc.

Upper Pool

Aujourd’hui, les pays se considèrent comme des entreprises. Ils se mettent sur le marché, ils font de la publicité, ils font tout pour battre la concurrence  en vue de « vendre plus » pour « rapporter plus ».

 

Au Burundi, sommes-nous seulement dans cette logique ? Sinon, qu’attendons-nous ? Il parait qu’un homme intelligent renforce encore plus ses points forts. Puisque le tourisme représente un grand potentiel, pourquoi ne pas se focaliser là-dessus ? Encore une question aux pouvoir publics…

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Landry MUGISHA

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