Des œuvres d’art au rendez-vous de l’art : des liens se tissent et le savoir s’acquiert !

Des œuvres d’art au rendez-vous de l’art : des liens se tissent et le savoir s’acquiert !

Du 10 au 14 février 2020, le Ministère de la Culture et des Sports a organisé au Palais des Arts et de la Culture de Bujumbura, une exposition-vente des œuvres d’arts de quarante-quatre artistes et artisans en provenance de douze provinces du nord (Kayanza, Ngozi, Kirundo, Muyinga), du sud (Bururi, Makamba, Rumonge, Rutana) et de l’ouest (Bubanza, Cibitoke, Bujumbura, Bujumbura-Mairie) du Burundi. L’exposition-vente de l’année passée (en juin 2019) n’avait rassemblé que six provinces du centre et de l’est du pays dont Gitega, Muramvya, Mwaro, Karuzi, Ruyigi et Cankuzo.

Comme le fait savoir Madame Alphonsine Ntahombaye, Directrice des Arts et des Spectacles, le besoin de créer une exposition-vente découle du fait que le Ministère de la Culture et des Sports veut recenser les artistes et artisans burundais. « Nous voulons repérer les artistes et artisans du Burundi pour les mettre ensemble afin qu’ils travaillent en coopératives et/ou en associations car, selon l’adage burundais, « ubugirigiri bugira babiri » (l’union fait la force). Nous leur recommandons aussi d’apprendre leurs arts à leur progéniture», confie Madame Alphonsine.

 

L’art fleurit au Burundi !

Une exposition où les œuvres d’art n’étaient qu’à vendre a mis le doigt sur une corde sensible. Au troisième jour, le mercredi 12 février 2020, la salle du Palais des Arts et de la Culture de Bujumbura était pleine de différentes œuvres artistiques. On pouvait voir des corbeilles, paniers, sacoches, boucles d’oreilles, bracelets, colliers, différentes sortes d’objets, statues et ustensiles culinaires sculptés en bois, des draps brodés et nappes de tables tissées, des tableaux de différents dessins et bien d’autres. En faisant le tour de la salle dans le sens des aiguilles d’une montre ou à rebours, on croisait des clients appréciant le talent des artistes et artisans. «Comme ils ont réalisé de bonnes choses ! Ils ont vraiment du talent. Que l’Etat les soutienne et les accompagne!», s’exclament-ils.

 

Au fond de la salle, deux superbes statues sculptées en bois décrivant une femme et son  mari sont visibles et attirent irrésistiblement l’œil du client. Sylvestre Ngendakumana, sculpteur depuis 1987 en est : «ça m’a pris du temps pour fignoler ces deux statues en bois que vous voyez. Chacune m’a coûté trois mois pour sa finition». Ngendakumana avait appris la sculpture à l’ancien Centre Artistique de Giheta pendant cinq ans. Ce sont des sculpteurs italiens qui l’avaient formé».

 

De l’autre côté de la salle, un décor d’oranger et de belles fleurs attire encore l’attention du client. Gaspard Miburo, artiste-fleuriste originaire de Kayanza nous explique : «Pour produire cet oranger, je me suis servi d’un petit tronc d’arbre pour fabriquer une souche de support. Pour avoir la tige et les branches, que j’ai faites à l’aide des chalumeaux en plastique, j’ai utilisé des fils et une corde. Je me suis servi d’un ciseau en découpant une étoffe de soie bien lavée dans la peinture suivant la couleur dont j’avais besoin pour faire les feuilles. Pour ces fleurs, j’ai procédé de la même façon ».

 

En pleine exposition-vente, des femmes brodent des draps et tissent des nappes de tables et des habits. Jacqueline Ndihokubwayo, tisserande en provenance de Kirundo indique: « J’ai appris l’art de tisser quand j’étais élève à l’école primaire en 1990. Ce sont des rwandaises qui nous enseignaient et nous apprenaient aussi à tisser». Fatuma Kabihogo, originaire de Muyinga et brodeuse depuis qu’elle a 13 ans, nous raconte que c’est une maman de son voisinage qui lui a appris  à broder des draps.

 

Une occasion de nouer des relations !

Madame Alphonsine Ntahombaye, Directrice des Arts et des Spectacles, indique que cette exposition-vente est une belle occasion pour les artistes et artisans de se connaître entre eux mais aussi de partager des connaissances et de l’expérience.

 

Les artistes et artisans abondent dans le même sens que la Directrice des Arts et des Spectacles et saluent l’initiative du Ministère de la Culture et des Sports de mettre ensemble les artistes et artisans burundais. Louis Harerimana, un artiste touche-à-tout, exposant trois ouvrages littéraires (« Le pouvoir de la pensée », « Mon miel » et « Kararengera»), des tableaux et objets sculptés se réjouit : « Nous remercions vivement le Ministère de la Culture et des Sports. A côté de nous valoriser en tant qu’artistes et artisans burundais,  cette exposition-vente nous apprend beaucoup. Nous acquerrons des connaissances à partir des autres»

 

«À part que c’est une occasion de nouer des relations, cette exposition-vente aide l’artiste burundais à être connu du public et à montrer ce qu’il est capable de faire avec ses propres mains », raconte Crespin Ndayisenga, artisan originaire de Bujumbura qui fait des bracelets et des boucles d’oreille en argent.

Sylvestre Ngendabanka, sculpteur d’un certain âge, pense qu’en plus de l’Ecole Technique Secondaire d’Art (ETSA) de Gitega, le Ministère de la Culture et des Sports, en collaboration avec le Ministère de l’Education, de la Formation Technique et Professionnelle, devrait créer beaucoup d’écoles d’art au Burundi pour vivifier, raviver et pérenniser l’art sous toutes ses formes.

L’exposition-vente s’est clôturée, vendredi le 14 février 2020 au Palais des Arts et de la Culture de Bujumbura, par la remise des prix aux meilleurs artistes et artisans.

 

Melchisédeck BOSHIRWA

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