Découvrez Majaliwa Vyankandondera, l’homme qui a ouvert la profession de Sage-Femme aux hommes en Suisse

Découvrez Majaliwa Vyankandondera, l’homme qui a ouvert la profession de Sage-Femme aux hommes en Suisse

Majaliwa Vyankandondera, l’homme qui a ouvert la profession de Sage-Femme aux hommes en Suisse ©DR

Arrivé en Suisse en 1997, Majaliwa Vyankandondera dit « Madja » est un homme à part. En effet, Madja est le premier Homme Sage-Femme de Suisse. Ce Burundais que le destin a mené loin de sa terre natale est un vrai exemple de persévérance et de courage. Un homme qui, au fil des années, a réussi à s’affirmer dans un métier qui depuis la nuit des temps n’était réservé qu’aux femmes.

L’histoire de Majaliwa Vyankandondera commence au Burundi. Né dans une famille de 11 enfants, Madja a toujours eu les soucis du prochain. C’est d’ailleurs de ce besoin de venir en aide aux autres qu’il décide de se former pour devenir infirmier. Déjà au Burundi, où il travaille dans un centre de soin d’une zone reculée, le jeune infirmier fait déjà aussi de Sage-Femme et aide de nombreuses femmes à accoucher et ce dans des conditions par toujours évidentes. « Le centre était ouvert jour et nuit, les gens venaient de loin, à pied. Nous devions nous attendre à n’importe quelle situation et nous débrouiller avec très peu de moyens », explique-t-il dans un article du site de l’association des médecins du canton de Genève. Quoi que n’étant pas sage-femme, le jeune acquiert de l’expérience.

Suite à la crise que le Burundi connait en 1993, Madja se réfugie au Rwanda. Dans le camp de réfugiés où il se retrouve, il assiste les médecins de MSF (Médecin Sans Frontière) lors des accouchements. Sans savoir, il est vite remarqué et les soignants l’encouragent à en faire son métier. Et grâce à leur aide, il débarque à Genève en 1997 avec une seule idée en tête : « Devenir Sage-femme »

Mais la barrière entre la volonté et la réalité des choses est grande. Pour atteindre son but, le jeune infirmier doit faire face à plusieurs obstacles.

Son diplôme burundais n’étant pas reconnu en Suisse, Madja ne peut ni travailler comme infirmier ni suivre une formation pour devenir sage-femme. Pour vivre, il se trouve un travail comme plongeur dans un hôtel. Un épisode très instructif pour le jeune infirmier. « Ce travail, je pense que c’était un passage obligé. Il m’a permis de comprendre comment cela fonctionnait ici. Travailler beaucoup, se montrer rapide et se reposer peu » ; confie-t-il. En parallèle, il suit, pendant une année, des cours du soir de chimie et de biologie. Madja a dû se battre pour être accepté à la Haute école de santé de Genève, mais persévérant, il finit par être accepté et commence alors sa formation.

Au cours de sa formation, le jeune infirmier burundais suscite des éloges de ses camarades et de ses formateurs, notamment de Mme Marie-José Fort, responsable de la filière sage-femme à la HES. « Il a une telle qualité d’être qu’il atténue toute hostilité envers lui. Tout se passe dans le non-dit, le non-verbal, en douceur », dit-elle. Mais au-delà des éloges, Madja est également combattu. De nombreuses sages-femmes ne voyant pas d’un bon œil sa présence à l’école. Une pétition sera même lancée pour mettre fin à sa formation. Grâce au soutien de son école, Madja décroche son diplôme en 2004 et devient par conséquent le premier Homme Sage-Femme de Suisse.

Aujourd’hui homme sage-femme à l’Hôpital Universitaire de Genève, Madja a ouvert la voie à une nouvelle profession. Depuis, ils sont à 5 à travailler à l’HUG. Son parcours est atypique et prouve que la détermination, la persévérance mais également la patience peuvent vous permettre d’atteindre votre but. Un exemple à suivre.

 

Moïse MAZYAMBO

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